ORMANDY EUGENE (1899-1985)

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Figure marquante de la vie musicale américaine, Eugene Ormandy a été l'un des derniers survivants d'une génération de chefs d'orchestre originaires d'Europe centrale qui, après avoir émigré, ont construit sur le nouveau continent ces étonnantes phalanges symphoniques qui s'imposent aujourd'hui parmi les meilleures.

Eugene Ormandy

Photographie : Eugene Ormandy

Le chef d'orchestre Eugene Ormandy (1899-1985) dirige le London Symphony Orchestra, en 1966. 

Crédits : Erich Auerbach/ Getty Images

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De Budapest à Philadelphie

De son véritable nom Jenő Blau, le futur Eugene Ormandy voit le jour à Budapest le 18 novembre 1899. Il étudie le violon dès l'âge de cinq ans, d'abord avec son père puis à l'Académie royale de musique. À sept ans, il donne ses premiers concerts. Deux ans plus tard, il devient l'élève de Jenő Hubay (1858-1937), le maître de l'école hongroise, formé lui-même par Joseph Joachim et Henri Vieuxtemps. Il travaille également l'harmonie et le contrepoint avec Leó Weiner, la composition avec Zoltán Kodály. En 1913, il obtient son diplôme de violoniste et commence, en 1916, à enseigner dans la même Académie royale. L'année suivante, il est violon solo du Blüthner Orchester de Berlin. Hubay, nouveau directeur de l'Académie Franz-Liszt, le rappelle à Budapest pour y diriger le département des études violonistiques. Il termine des études de philosophie à l'université de Budapest en 1920 tout en effectuant de nombreuses tournées en Europe centrale (1919-1921), grâce auxquelles il commence à acquérir une certaine notoriété de violoniste. En décembre 1921, il quitte l'Europe pour les États-Unis, et effectue la traversée sur le paquebot Normandie, qui n’est pas à l'origine de son nouveau nom, comme on peut le lire souvent. Dès le printemps de 1921, on trouve des annonces de concerts donnés par Jenő B. Ormándy, notamment à Vienne. Bien qu’il n’ait jamais voulu s’expliquer sur ce changement de nom, on peut le relier à la ville hongroise d'Ormand, dont une branche de sa famille était originaire. Mais le jeune homme inexpérimenté a cru trop facilement à certaines promesses fallacieuses d'imprésarios véreux. Il se retrouve sans situation à New York, et il entre dans l'orchestre du Capitol Theater, où il accompagne des films muets. Quelques mois lui suffisent pour passer du dernier rang au premier pupitre.

Il ne fait ses débuts de chef d'orchestre qu'en 1924, en dirigeant de la musique légère à la radio (C.B.S.). Il y acquiert un solide métier, notamment un sens du minutage et de la souplesse qui seront des qualités précieuses pour sa future carrière discographique. Trois ans plus tard (1927), il reçoit la nationalité américaine. C'est l'époque où il enregistre ses premiers disques comme violoniste. Il dirige certains concerts de l'Orchestre philharmonique de New York au Lewisohn Stadium en 1930 et quelques concerts d'été avec l'Orchestre de Philadelphie ; mais la chance ne lui sourit vraiment qu'en 1931 : Arturo Toscanini tombe malade ; Ormandy le remplace à la tête de l'orchestre de Philadelphie et remporte un triomphe. Il est aussitôt nommé directeur musical de l'Orchestre symphonique de Minneapolis (l'actuel orchestre du Minnesota), à la tête duquel il reste de 1931 à 1936. Il redresse cet orchestre, qui était dans une situation critique, et grave en 1934 et 1935 une première série de disques qui montrent l'originalité de son répertoire (la suite de Háry Janós de Kodály, La Nuit transfigurée de Schönberg, la Deuxième Symphonie « Résurrection » de Mahler et la Septième Symphonie de Bruckner).

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Écrit par :

  • : chef d'orchestre, musicologue, producteur à Radio-France

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PHILADELPHIE ORCHESTRE DE

  • Écrit par 
  • Alain PÂRIS
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Fondé en 1900, l'Orchestre de Philadelphie (The Philadelphia Orchestra) est, avec celui de Cleveland, le benjamin des grands orchestres américains. Ses deux premiers chefs permanents sont allemands : Fritz Scheel (1900-1907) et Carl Pohlig, un ancien assistant de Gustav Mahler (1907-1912). Fritz Kreisler se produit en soliste dès la première saison, Richard Strauss vient diriger ses œuvres en 1904 […] Lire la suite

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Pour citer l’article

Alain PÂRIS, « ORMANDY EUGENE - (1899-1985) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 11 août 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/eugene-ormandy/