COLOGNE ÉLECTORAT DE

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L'archevêque de Cologne, qui est depuis le xiiie siècle électeur du Saint Empire romain germanique, cumule depuis le Moyen Âge les pouvoirs temporel (territoire) et spirituel (diocèse). Le territoire, sur lequel il exerce la souveraineté territoriale (Landeshoheit), est l'électorat. Il se développe surtout sous le règne de Konrad de Hochstaden (1238-1261), mais son étendue varie au cours de son histoire.

Cet électorat est composé de trois parties : d'une part le Erzstift, qui s'étend surtout sur la rive gauche du Rhin en une bande étroite coupée par d'autres possessions, de Rheinberg au nord jusqu'à Andernach au sud ; d'autre part, le « Vest » Recklinghausen, une enclave sur la rive droite ; enfin, le duché de Westphalie avec Arnsberg. Le chapitre, qui élit l'électeur, est commun aux trois régions. Mais chacune d'elles conserve des états distincts. C'est en la personne du prince régnant que se réalise l'unité de l'électorat. La ville de Cologne, siège du chapitre cathédral, a conservé comme ville impériale son indépendance et échappe à l'autorité du prince. La capitale du territoire est Bonn.

Tenant, du point de vue stratégique, une position clé pour la domination du cours inférieur du Rhin, l'électorat est cependant faible sur le plan militaire, mais il joue un certain rôle culturel. C'est moins la puissance matérielle de son territoire que le prestige politique dont jouit l'électeur dans l'Empire (au collège électoral, à la diète de l'Empire) qui confère à l'électorat son importance. Les princes-archevêques rencontrent dans leur gouvernement l'opposition du chapitre (vingt-quatre chanoines capitulaires) et des états. L'influence du premier est considérable en raison de l'existence des capitulations signées avec l'archevêque avant l'élection de celui-ci et des concordats arrêtés entre les électeurs, le chapitre et les états. Les différents états des trois parties de l'électorat règlent tous les ans, depuis le Erblandesvereinigung de 1463, l'imposition, les charges du pays et le don gratuit qu'ils accordent au souverain. La diète du Erzstift est composée de quatre états : quatre députés du chapitre, les comtes d'Empire qui ont des fiefs dans le pays de Cologne, les barons du pays (die landsässigen Ritter) et les députés des dix-huit villes du Erzstift. À cette diète, siégeant chaque année à Bonn, l'électeur est représenté par un commissaire qui transmet aux états les « propositions du prince ». Alors que le « Vest » Recklinghausen ne possède qu'un état (les barons du pays), la diète du duché de Westphalie, qui s'assemble le plus souvent à Arnsberg, est composée de deux états : les barons du pays (Ritter) et les députés des villes.

Jusqu'à l'assassinat de l'archevêque Engelbert Ier en 1255, l'archevêché est la puissance prépondérante du Rhin inférieur, mais les conflits ultérieurs avec le comté de Juliers et le Brabant aboutissent en 1288 à la défaite de Worringen. Dietrich de Moers (1414-1463) reprend au xve siècle le combat pour la prépondérance sur le Rhin inférieur, mais, après des conflits avec Clèves, l'électorat est ruiné et perd Soest et Xanten. Les tentatives que font les archevêques Hermann de Wied (1515-1547) et Gebhard Truchsess de Waldburg (1577-1583) pour introduire la Réforme dans leur territoire se soldent par un échec. Par la guerre de Cologne (1582-1584) l'archevêque luthérien est expulsé par des troupes bavaroises et espagnoles. Le chapitre élit Ernest de Bavière (1583-1612), fils du duc Guillaume V de Bavière. De 1583 à 1761, le trône épiscopal est occupé par des membres de la maison de Wittelsbach, qui évincent complètement le protestantisme de l'électorat de Cologne. Celui-ci reste dans une certaine dépendance de la Bavière et devient plusieurs fois allié de la France (ligue du Rhin 1658, guerre de Succession d'Autriche). Le dernier archevêque de la maison de Bavière, Clément Auguste (1723-1761), est surtout connu comme mécène. Il consacre des sommes énormes à ses châteaux de style rococo (Brühl). Sous Maximilien Frédéric (1761-1784) et Maximilien François (1784-1801), frère de l'empereur Joseph II et de la reine Marie-Antoinette, l'électorat devient un centre de l'Aufklärung catholique (fondation de l'Université de Bonn en 1786). C'est dans ce climat que Beethoven, né à Bonn en 1770, s [...]

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Pour citer l’article

Peter Claus HARTMANN, « COLOGNE ÉLECTORAT DE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 20 septembre 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/electorat-de-cologne/