ÉGYPTE ANTIQUE (Histoire)L'Égypte pharaonique

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Le Nouvel Empire (1590-1085)

Les Thoutmosides

Extension et organisation de l'Empire

L'histoire de la XVIIIe dynastie, durant deux siècles, n'est que celle d'une série de triomphes, aboutissant à l'apogée de la puissance et de la civilisation égyptiennes. Thoutmosis Ier, après plusieurs campagnes en Asie, franchit l'Euphrate, sans doute non loin de Karkémich (l'actuelle Djerablous) et dresse une stèle. La mort de Thoutmosis II et le règne d'une femme, Hatshepsout, sans interrompre tout à fait les exploits militaires, les laissent en sommeil. Mais la reine, reprenant une antique tradition, organise au pays d'Oponé une expédition fructueuse qui rapporte à Thèbes or, ivoire, bois précieux, plumes d'autruches, peaux et arbres à encens. À la mort de la reine, un infant royal, choisi depuis son enfance par le dieu Amon pour être roi, mais maintenu dans l'ombre par la despotique souveraine, sa tante, Thoutmosis III, efface le nom abhorré de celle-ci sur les monuments qu'elle avait construits, ou même les détruit et les remplace par les siens. Doué d'une volonté et d'une ténacité rares, il reprend les opérations militaires au Soudan et atteint la quatrième cataracte, en annexant pratiquement le pays. En Asie, au cours de dix-sept campagnes, il remporte une victoire à Meggido, et, le terrain libéré, remonte peu à peu vers le nord, occupe sur la côte Byblos et Simyra, pour se ravitailler par mer, et finalement franchit l'Euphrate et retrouve la stèle érigée par son aïeul, Thoutmosis Ier.

Égypte, Nouvel Empire

Dessin : Égypte, Nouvel Empire

L'expansion et l'apogée de la civilisation égyptienne sous le Nouvel Empire (1590-1095 avant J.C.). 

Crédits : Encyclopædia Universalis France

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Vases à onguents portés par un Nubien et un Asiatique

Diaporama : Vases à onguents portés par un Nubien et un Asiatique

ART ÉGYPTIEN, Nouvel Empire, XVIIIe dynastie, Vases à onguents portés par un Nubien (à gauche) et un Asiatique (à droite), calcaire et albâtre. Musée du Louvre, Paris. 

Crédits : Erich Lessing/ AKG

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Le pharaon Thoutmosis III en sphinx

Diaporama : Le pharaon Thoutmosis III en sphinx

ART ÉGYPTIEN, Nouvel Empire, XVIIIe dynastie, Le pharaon Thoutmosis III en sphinx, bronze. Musée du Louvre, Paris. 

Crédits : Erich Lessing/ AKG

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Il organise ces pays en protectorats, en laissant le pouvoir à ceux des habitants qui lui sont fidèles, et amène en Égypte les jeunes princes, qui gouverneront un jour, à la fois comme otages et pour les former aux mœurs et à l'administration égyptiennes. Ses successeurs Aménophis II et Thoutmosis IV se contentent de faire des parades militaires destinées à intimider les peuples qui auraient des velléités de rébellion, mais ils n'agrandissent pas davantage cet immense empire.

L'Égypte en contact, au nord-est, avec le royaume du Mitanni, entre Khabour et Euphrate, avec les Hittites, dont le centre est en Asie Mineure, avec la Grèce achéenne et les îles de la Méditerranée, voit affluer à Thèbes les tributs de ses vassaux et les cadeaux des pays amis. Avec la foule bigarrée et chatoyante des étrangers apportant leurs produits exotiques arrivent aussi les idées et les œuvres littéraires des peuples voisins. Les rois font des mariages politiques avec des princesses mitanniennes ou hittites qui apportent dans leur harem des conceptions nouvelles. La langue diplomatique du Proche-Orient est l'akkadien, écrit en signes cunéiformes sur des tablettes d'argile. Pour l'apprendre, les scribes égyptiens ont lu des épopées babyloniennes, retrouvées à Tell el-Amarna. Bref, Thèbes est devenue une capitale cosmopolite, d'une richesse fabuleuse et où se brassent les affaires et les idées.

À ce moment monte sur le trône un jeune monarque raffiné et voluptueux : Aménophis III. Très épris de la reine Tiyi, dont la forte personnalité se devine derrière bien des événements, il renonce au bout de quelques années aux démonstrations militaires que ses prédécesseurs faisaient en Asie ou au Soudan, et bientôt même aux exercices violents de la chasse au lion ou au taureau sauvage. Préoccupé de questions théologiques ou esthétiques, il imprime à l'art de son époque la marque d'une maturité et d'une finesse psychologique qui ne seront plus jamais atteintes et demeurent un des sommets de l'expression artistique humaine. Dans son palais de Malgatta, à Thèbes, sur la rive ouest, près de la nécropole, il mène une vie raffinée que partage le fils qu'il a eu de Tiyi, Aménophis IV.

Aménophis IV Akhenaton

Ce dernier eut une épouse probablement aussi extraordinaire que sa mère, la reine Tiyi. De son nom, « La Belle est venue », Nefertiti, on a voulu conclure que c'était une princesse mitannienne. C'est possible, mais on ne peut l'affirmer. Elle partageait avec son mari la conviction que le divin, d'un caractère unique, ne se peut pas représenter sur terre. Il est symbolisé seulement par le disque solaire d'Aton, auquel le roi construit un temple grandiose à l'est de celui d'Amon, à Karnak. Aménophis IV, du reste, a connu par une expérience religieuse ce dieu dont il est le fils, l'image et le lieutenan [...]

Le pharaon Aménophis IV-Akhenaton

Diaporama : Le pharaon Aménophis IV-Akhenaton

ART ÉGYPTIEN, Nouvel Empire, XVIIIe dynastie, Le pharaon Aménophis IV-Akhenaton - Détail d'une statue colossale provenant du sanctuaire d'Aton à Karnak, grès. Musée égyptien, Le Caire. 

Crédits : Erich Lessing/ AKG

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Néfertiti

Photographie : Néfertiti

Buste de Néfertiti découvert à Tell el-Amarna par Ludwig Borchardt en 1912 (Musée égyptien de Berlin). 

Crédits : VCG Wilson/ Corbis/ Getty Images

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Plaque de Wilbour

Photographie : Plaque de Wilbour

Plaque de Wilbour. Nouvel Empire. XVIIIe dynastie, fin du règne d'Akhenaton (1352-1336 av. J.-C.). Calcaire, 15,7 cm × 22,1 cm × 4,1 cm. Musée d'Art de Brooklyn, New York. 

Crédits : Bridgeman Images

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Manche de couteau orné de scènes de combats et de navigation

Manche de couteau orné de scènes de combats et de navigation
Crédits : Erich Lessing/ AKG

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Complexe funéraire de Djéser, Saqqarah

Complexe funéraire de Djéser, Saqqarah
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Palette du roi Narmer

Palette du roi Narmer
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-4000 à -2000. Naissance de l'écriture

-4000 à -2000. Naissance de l'écriture
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Écrit par :

  • : directeur de l'Institut français d'archéologie orientale, Le Caire

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Pour citer l’article

François DAUMAS, « ÉGYPTE ANTIQUE (Histoire) - L'Égypte pharaonique », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 19 mai 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/egypte-antique-histoire-l-egypte-pharaonique/