GRIEG EDVARD (1843-1907)

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La popularité dont jouit Edvard Grieg repose sur quelques-unes seulement de ses œuvres, reléguant ainsi dans l'ombre le reste d'un catalogue pourtant tout à fait remarquable. Le Concerto pour piano et quelques Pièces lyriques ont empêché le public d'apprécier les autres compositions pour piano, à commencer par des cycles inspirés de la musique populaire norvégienne, d'une étonnante modernité. Les deux suites de Peer Gynt ont occulté les trésors d'invention et de fraîcheur que contient l'ensemble de la partition, et la Chanson de Solveig a dérobé à nos yeux les extraordinaires lieder, sans doute le trésor réel de l'œuvre de Grieg, longtemps ignoré des chanteurs et du public. Le vrai Grieg attend toujours sa renaissance.

Grieg

Photographie : Grieg

Le compositeur norvégien Edvard Grieg (1843-1907), vers 1890. 

Crédits : Hulton Getty

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Un Norvégien de troisième génération

Celui qui devint le symbole même de l'art national norvégien n'est qu'un arrière-petit-fils d'immigré. L'Écossais Alexandre Greig s'établit à Bergen dans les années soixante du xviiie siècle. Son petit-fils, Alexandre comme lui, mais déjà Grieg, épousa Mlle Gesine Judith Hagerup, fille d'un notable norvégien. Contrairement à une mystérieuse « tradition », Edvard – né le 15 juin 1843, quatrième de cinq enfants – n'a jamais porté le nom de jeune fille de sa mère. Cette dernière est son premier professeur de piano. Les gammes intéressent moins le jeune Edvard que les exercices d'harmonie : « le monde de mes rêves », dira-t-il plus tard. Sous l'influence d'un personnage illustre de la « renaissance » norvégienne, le violoniste et compositeur Ole Bull, les Grieg décident en 1858 d'envoyer Edvard à Leipzig, au conservatoire le plus célèbre d'Europe. Le jeune homme haïra cet endroit de toute son âme et prétendra n'y avoir rien appris. En vérité, il y reçut une formation solide, quoique conservatrice, découvrit Schumann, dont il restera un fervent admirateur, et s'imprégna de l'air du temps. C'est au Conservatoire qu'il joue en public ses premières œuvres, très schumanniennes : l'op. 1, Quatre Pièces pour piano, et l'op. 2, Quatre Lieder pour voix d'alto. En 1862, son diplôme en main, il rentre à Bergen pour entreprendre ensuite un voyage obligé à Copenhague, où il rencontre les deux figures de proue de la musique scandinave : Johann Peter Emil Hartmann et Niels Gade. Ce dernier l'incite à tenter de composer une œuvre symphonique : ce sera la Symphonie en ut mineur que Grieg reniera par la suite. Durant le même séjour, il rencontre sa cousine Nina Hagerup, qu'il épousera en 1867. Elle restera sa compagne la plus fidèle, inspiratrice et dédicataire d'innombrables lieder. Ce n'est certes pas un hasard si le premier chef-d'œuvre de Grieg, les Mélodies, op. 5, sur des poèmes d'Andersen, naît justement à cette époque. La troisième mélodie, Je t'aime, fera la joie des salons pendant des décennies. Une autre rencontre essentielle est celle de Rikard Nordraak, compositeur de génie au caractère difficile, qui mourra prématurément, à l'âge de vingt-quatre ans, le 20 mars 1866. Cette disparition marquera Grieg à jamais. C'est Nordraak qui attire son attention sur la richesse de la musique populaire norvégienne : il est le premier de ceux, nombreux, dont l'influence fera fructifier le génie du compositeur.

Après un long voyage, qui le mène à Berlin et à Rome, il retourne à l'automne de 1866 à Oslo (alors Christiania), avec, dans ses bagages, la Première Sonate pour violon, op. 8 (fort louée par Liszt), la Sonate pour piano, op. 7, l'ouverture En automne, et d'autres lieder. Il prend pour un court moment la tête d'une société philharmonique d'amateurs, qu'il abandonnera bien vite. C'est une période triste : l'unique enfant du couple, Alexandra, meurt à un an, et Grieg traverse la première de ses crises de découragement. Deux nouvelles rencontres vont réveiller son inspiration : celle du poète Bjørnstjerne Bjørnson et celle des Vieilles et Nouvelles Mélodies norvégiennes recueillies par Ludvig Lindeman, qui ne le quitteront plus. En février 1870, il rend visite à Liszt, à Rome, et il lui présente son op. 16, écrit durant l'été de 1868, le Concerto pour piano en la mineur, construit selon le modèle du Concerto de Schumann [...]

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  • Écrit par 
  • Étienne SOURIAU
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Piotr KAMINSKI, « GRIEG EDVARD - (1843-1907) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 22 mai 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/edvard-grieg/