GRIEG EDVARD (1843-1907)

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En 1897, il accepte à nouveau une tournée en Angleterre et en Hollande. À Amsterdam, il découvre l'orchestre du Concertgebouw de Willem Mengelberg, qu'il invite au festival de Bergen qu'il vient de créer. Une nouvelle tournée en France est annulée, à cause de l'affaire Dreyfus ; Grieg ne retournera à Paris qu'en 1903 : il aura alors à y affronter les antidreyfusards ainsi que la plume empoisonnée de Debussy. En 1901, il engage un jeune compositeur, Johann Halvorsen, pour noter les pièces populaires exécutées sur un violon très particulier, à double cordage, dont on joue dans la région de Hardanger (le Hardangerfele) : c'est une manière de préserver une partie du patrimoine musical norvégien. Grieg en tirera ses Slåtter, op. 72 (Danses paysannes), une de ses œuvres harmoniquement les plus audacieuses. Son œuvre ultime, les Quatre Psaumes pour chœur, d'une rare puissance et originalité, portera le numéro d'opus 74. La nouvelle tournée en Angleterre, prévue pour 1907, n'aura pas lieu : Grieg mourra le 4 septembre de cette année. Il sera enterré le 9 du même mois, à Bergen. Cinquante mille personnes suivront son cercueil au rythme de sa Marche funèbre pour la mort de Nordraak, écrite en 1866.

Illustre représentant de l'identité nationale norvégienne au moment où celle-ci s'affirme, génie mélodique extraordinaire avec des faiblesses évidentes sur le plan formel qu'il était le premier à reconnaître, tel nous apparaît aujourd'hui Edvard Grieg, maître de la petite forme romantique. Son influence sur la musique de son pays, mais aussi sur toute une génération de musiciens britanniques (Frederick Delius, Percy Grainger, Arnold Bax) est inépuisable. Le critique musical français Camille Bellaigue disait de lui : « Son talent semble fait d'imagination plus que de réflexion », pour affirmer ensuite que la seule chose dont Grieg n'a jamais manqué est une idée. Vincent d'Indy, de son côté, a pu le décrire comme un musicien « tout en trouvailles, et incapable de logique, mais plus sensible au charme d'un accord qu'aux déductions du développement ».

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LYRISME MUSICAL

  • Écrit par 
  • Étienne SOURIAU
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Dans le chapitre « Réalité du fait lyrique »  : […] Tout ce qui précède, c'est-à-dire les arguments des objectivistes antilyriques, doit être pris en très sérieuse considération. Cela prouve d'abord qu'il n'est pas vrai que toute musique soit lyrique ; ensuite, c'est un avertissement pour éviter de tomber dans les excès du sentimentalisme béotien, et pour porter attention aux qualités propres de l' être musical en lui-même. Mais cela concédé, il […] Lire la suite

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Piotr KAMINSKI, « GRIEG EDVARD - (1843-1907) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 02 juillet 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/edvard-grieg/