RÉGALIENS DROITS

Du mot latin rex (rix en langue celte), les droits régaliens sont les droits du roi découlant de sa souveraineté et, par extension, ceux de l'État souverain. Quelle que soit la nature du souverain et quelle que soit la source reconnue de son pouvoir, ces droits lui sont clairement reconnus à partir du moment où existe dans un corps social la notion d'un droit public. L'Occident hérita cette notion de l'Empire romain, mais elle déclina rapidement sous l'influence des Barbares, et les premières dynasties d'origine germanique ne virent dans les droits régaliens qu'un moyen de soumettre les hommes et de s'approprier les richesses. Charlemagne, pourtant, retrouve et redéfinit la notion d'État et les regalia qui en sont l'attribut : tout d'abord le pouvoir de commandement, suivi par la fonction de justicier suprême, puis le droit de lever des impôts, de battre monnaie et de participer à la désignation des évêques ; ces pouvoirs sont le monopole du souverain. Après l'anarchie qui succède au partage de l'Empire carolingien et après les nouvelles invasions des ixe et xe siècles, la puissance publique disparaît pour faire place à l'organisation féodale et aux pouvoirs locaux, ceux des puissants qui font usage des regalia à leur profit ; ces regalia sont appelés alors bannum, ou ban du seigneur, et leur nombre, leur étendue varient d'une seigneurie à l'autre. Dès le xe siècle cependant, l'empereur germanique exerce de nouveau des droits régaliens ; Guillaume le Conquérant réserve les siens dans la réorganisation de l'Angleterre après 1066, tandis que les premiers Capétiens essaient de rassembler leurs pouvoirs en s'appuyant sur la fonction de justicier qu'ils exercent en tant que suzerains suprêmes. À partir du xiie siècle, le droit romain, retrouvé et remis à l'honneur, est diffusé par les nouvelles universités. Les juristes formés à son école dressent pour les cours d'Europe des listes de regalia et émettent l'idée qu'ils sont attachés non à la personne du souverain, mais à l'off [...]


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APANAGE

  • Écrit par 
  • Jacques LE GOFF
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Dans le chapitre « L'âge d'or des apanages (XIIIe-XVIe siècle) »  : […] l'exclusivité pour le roi d'exercer les droits régaliens dans les apanages (régale, garde des églises, frappe et justice des monnaies, crimes de lèse-majesté, droits de grâce, d'anoblissement, de légitimation, d'amortissement, ouverture des foires et marchés, propriétés des richesses du sous-sol et des futaies, etc […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/apanage/#i_14122

CAPÉTIENS (987-1498)

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  • Jacques LE GOFF
  •  • 8 058 mots

Dans le chapitre « L'action de la monarchie »  : […] Il est vrai que les souverains et une partie de leur entourage n'étaient pas disposés à accepter une sorte de monarchie constitutionnelle et que, s'ils s'éloignèrent de formes monarchiques proprement féodales, ce fut pour affirmer leur supériorité à partir de la théorie des droits régaliens d'une part, du caractère sacré de la Couronne de l'autre […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/capetiens/#i_14122

Pour citer l’article

Solange MARIN, « RÉGALIENS DROITS », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 23 septembre 2017. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/droits-regaliens/