DRAME SATYRIQUE

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Nous savons peu de choses du drame satyrique, genre théâtral dont la plupart des œuvres ont été perdues. Sa structure chorale en est l'élément essentiel. Pour les Grecs anciens, un dieu unique, Dionysos, est à l'origine de la vigne et du théâtre. Une même ivresse du vin et du verbe, accompagnée de musique, mettait en relation la divinité et le fidèle. Acte religieux avant d'être acte théâtral : lointaine imitation des bêtes, bouffonneries rustiques dans les campagnes, jours de fêtes consacrés à Dionysos mettant en scène la résurrection du dieu, dans un cadre élémentaire, espace sacré puis espace consacré, ayant le pouvoir de recréer un acte redevenu présent, ou de montrer la possession du fidèle par le dieu qui manifeste sa présence et sa protection. Le drame satyrique est distinct du dithyrambe, drame lyrique qui se jouait sans acteur, sans masque et sans costume. Le chœur est composé de satyres conduits par leur chef Silène, père nourricier de Dionysos, dont les danses grotesques donnent au drame satyrique un aspect drôle et une fin heureuse. Pour jouer son rôle dans l'évolution de son propre groupe, le fidèle doit momentanément acquérir une autre nature. Il lui suffit de s'entourer le corps de branchages, de porter le bâton symbolique du dieu pour être momentanément ce dieu. Le visage porte un maquillage représentant le masque de la divinité : ni tout à fait homme, ni tout à fait démon. Les Grecs primitifs en barbouillaient les images et les statues du dieu. Ainsi les fidèles se barbouillaient-ils eux-mêmes au cours de ces fêtes champêtres où l'on célébrait par des cortèges bruyants la force vive et toujours renouvelée du dieu. Ces grimages avaient pour but de délivrer les officiants des contraintes quotidiennes ; ils avaient le pouvoir magique d'aider le fidèle à se sentir créature plus qu'humaine ou moins qu'humaine ; les satyres exprimaient leur possession en des rictus horribles et délirants. Maquillages, masques, déguisements n'étaient que les signes apparents d'un dédoublement conscient et recherché. Les satyres du chœur se livraient à une joute oratoire, puis répliquaient à ceux qui les regardaient. Poursuivant l'évolution générale qui poussait la tragédie à se libérer de son monde religieux, le drame satyrique a cessé de se confondre avec le culte. À la période classique, il est incorporé au concours tragique pour former la tétralogie. Ces représentations théâtrales ont lieu trois fois par an, lors des grandes dionysies champêtres. Ce théâtre, devenu institution, demeure lié à la cérémonie et à la fête.

—  Armel MARIN

Écrit par :

  • : metteur en scène, conseiller en éducation populaire et techniques d'expression

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Pour citer l’article

Armel MARIN, « DRAME SATYRIQUE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 23 juillet 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/drame-satyrique/