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DOUAI

Hauts-de-France : carte administrative

Hauts-de-France : carte administrative

Douai, avec 43 011 habitants en 2012, est la principale ville centre de l'agglomération du Douaisis (la partie centrale de l'ancien bassin minier du nord de la France) : près de 158 000 habitants sur 35 communes (2012). Elle est la seule, de cet ensemble de plusieurs dizaines de villes, qui puisse s'enorgueillir d'un brillant passé et d'une tradition urbaine, perceptibles autant dans sa morphologie et ses monuments que dans ses fonctions et la composition de sa population. Néanmoins, la proximité d'Arras, de Lens, de Valenciennes et surtout de Lille interdit que son rayonnement s'étende au-delà de son arrondissement.

La ville est mentionnée pour la première fois au viie siècle (Duacum) mais l'archéologie a montré que ses origines sont plus anciennes. Sa situation et son site correspondent à l'ancien point de départ de la navigation sur la Scarpe, à une bonne vingtaine de kilomètres de sa confluence avec l'Escaut. Là, au sortir de la table de craie artésienne et au contact des argiles flamandes, la rivière changeait de régime et s'approfondissait. Comme bien d'autres villes nordistes, Douai se développa primitivement en zone humide dont on trouve un rappel plus à l'est, dans les portions maraîchères de la vallée de la Scarpe, ou plus au sud, dans la vallée de la Sensée, dont les étangs sont exploités pour la pêche et les loisirs.

À ses activités drapantes et commerciales, Douai parvint à ajouter des fonctions administratives (Parlement de Flandre et université), lui permettant ainsi d'asseoir un certain rayonnement au sein des Pays-Bas bourguignons puis espagnols. La ville fut conquise par Louis XIV en 1667, mais parvint à conserver ses fonctions intellectuelles et judiciaires. Première préfecture du Nord, elle dut céder en 1804 cette fonction à Lille, sa rivale plus puissante, où furent également transférés le rectorat d'académie et l'université à la fin du xixe siècle. Elle a conservé en revanche la cour d'assises du Nord et la cour d'appel et ses grandes écoles (dont l'École des mines), et vient de récupérer une partie de ses anciennes fonctions universitaires (faculté de droit de l'université d'Artois). Le centre-ville a gardé les marques de ce brillant passé : musée de la Chartreuse et quais de la Scarpe, hôtels particuliers (dont celui des Minimes, siège des Houillères) et maisons anciennes en lits de brique et pierre alternés, hôtel de ville et beffroi, rendu célèbre par Corot...

Le développement industriel, commencé par l'exploitation du charbon peu avant le milieu du xixe siècle, fut à l'origine du développement des communes minières de l'arrondissement, dont la population a été multipliée pour certaines par 6 à 10 entre 1830 et 1960 (comme à Aniche, l'un des plus anciens lieux d'exploitation houillère de France, Sin-le-Noble, Roost-Warendin, Waziers...), puis des quartiers extérieurs et des banlieues de Douai, notamment autour de la gare et le long de la voie ferrée, après le démantèlement des fortifications à la fin duxixe siècle. De 20 000 habitants jusqu'en 1850, la population de la ville passa à 30 000 vers 1900 puis 40 000 en 1931. Ce chiffre n'a jamais été beaucoup dépassé par la suite, car la récession minière puis les difficultés des autres industries, pourtant relativement diversifiées (métaux non ferreux, chimie, agroalimentaire, papeterie, constructions mécaniques, matériel ferroviaire, etc.) ont mis fin à l'expansion de l'agglomération dès les années 1970. Depuis, la population de Douai stagne et celle du Douaisis a légèrement diminué, malgré de grosses opérations de reconversion comme l'implantation des usines Renault en 1970 (qui emploient 3 800 personnes en 2014) ou l'ouverture d'un site de l'Imprimerie nationale en 1974, ainsi que les politiques de diversification des activités économiques[...]

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Écrit par

  • : professeur des Universités, université des sciences et technologies de Lille (Lille-I)

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

Média

Hauts-de-France : carte administrative

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Autres références

  • BOINEBROKE JEAN DE (mort en 1285/86)

    • Écrit par Josiane COEKELBERGHS-CUYPERS
    • 310 mots

    Illustre membre d'un lignage qui domine la draperie douaisienne à la fin du xiiie siècle, Jean de Boinebroke représente l'aristocratie marchande de cette époque, maîtresse de l'économie urbaine, méprisante à l'égard des artisans et tenant les leviers de la vie politique. Boinebroke est un...

  • BRA THÉOPHILE (1797-1863)

    • Écrit par Jacques de CASO
    • 1 357 mots
    • 1 média

    Le sculpteur français Théophile Bra est né à Douai le 23 juin 1797, ville où il est mort, le 2 mai 1863. Grâce à des travaux récents, l'œuvre dessiné de Bra, totalement inconnu, vient d'être révélé par une exposition présentée à Houston en 1998, puis au musée de la Chartreuse à Douai en 1999....

  • LEWARDE CENTRE HISTORIQUE MINIER DE

    • Écrit par Jack LIGOT
    • 874 mots

    Le Centre historique de Lewarde se situe au cœur du bassin minier, à quelques kilomètres de Douai, dans le Nord. Installé sur le carreau de l'ancienne fosse Delloye, fermée en 1971, il en réutilise les 7 000 mètres carrés de bâtiments et de superstructures, sur un site de huit hectares....

Voir aussi