LEWARDE CENTRE HISTORIQUE MINIER DE

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Le Centre historique de Lewarde se situe au cœur du bassin minier, à quelques kilomètres de Douai, dans le Nord. Installé sur le carreau de l'ancienne fosse Delloye, fermée en 1971, il en réutilise les 7 000 mètres carrés de bâtiments et de superstructures, sur un site de huit hectares. Dans ce siège d'extraction d'importance moyenne, un millier de mineurs, dont huit cents au fond, ont produit, de 1931 à 1971, un millier de tonnes de charbon par jour. Conservatoire de cette mémoire au sein de la région, le Centre historique minier est créé en 1982 à l'initiative des Houillères du bassin du Nord - Pas-de-Calais, avec l'aide de l'État et des collectivités locales. Il constitue le plus grand musée français de la mine.

Sous la conduite de guides, tous anciens mineurs, un circuit est proposé au visiteur. Après être passé par les locaux réaménagés de l'ancienne administration (bureau du directeur, bureau comptable, salle des géomètres), il visionne un film sur la formation du charbon avant de découvrir les bains-douches, la « salle des pendus » où chaque mineur hissait ses vêtements au plafond grâce à un crochet numéroté. Après la lampisterie, où le mineur recevait sa lampe en échange d'un jeton, le visiteur emprunte un petit train minier qui le mène au pied du puits. Après une descente « immobile » de 480 mètres simulée par un défilement des parois à travers les grilles de la cage, il est guidé dans 450 mètres de galeries aveugles reconstruites en surface à l'abri des infrastructures, et parcourt dix chantiers d'extraction reconstitués avec leurs matériaux et des machines en état de marche. Une équipe de guides-mineurs y explique l'évolution du travail au fond, des origines à la fin de l'exploitation du bassin. Le circuit s'achève avec la visite de la machine d'extraction, du bâtiment de triage-criblage, du ventilateur et de l'écurie de la fosse.

Une collection de plus de dix mille pièces complète cette découverte. Elle comprend des machines, des outils, des objets de la vie quotidienne, qui sont présentés en situation (dans les galeries) ou dans huit expositions thématiques. « La quinzaine » évoque l'atmosphère d'un jour de paie en 1935, dans le cadre d'un bureau comptable de fosse. « Mine et mineurs » présente des aspects de cette culture : l'histoire du bassin, le travail à la mine, les maladies et accidents, la formation et la promotion, le syndicalisme, la vie quotidienne, l'héritage des houillères. « 1884, le temps des révoltes » rappelle, à travers la reconstitution d'un estaminet, la montée des révoltes et la naissance du syndicalisme. « La machine » montre l'évolution des systèmes d'extraction durant un demi-siècle. « Galibots et cafus » restitue le triage-criblage des années 1950 où, dans le bruit et la poussière, femmes et enfants séparaient les pierres du charbon. « Le cheval et la mine » permet, grâce à la restauration de l'écurie, de comprendre la part prise par le cheval dans le travail du mineur, et la complicité qui existait entre eux. « Petite histoire du chauffage au charbon » propose une collection unique de poêles et de calorifères.

Enfin, « Le charbon, aventure de 345 millions d'années » plonge au cœur de la préhistoire et montre des fossiles miniers dont l'examen a permis d'étudier, par exemple, l'évolution des espèces ou la dérive des continents. D'autres expositions temporaires et manifestations se tiennent chaque année à Lewarde. Le Centre historique minier est aussi un centre de culture scientifique et technique de la mine et de l'énergie qui propose aux universitaires et aux étudiants, mais aussi aux écrivains, scénaristes et producteurs, 2 500 mètres linéaires d'archives des anciennes compagnies minières, plus de cinq mille ouvrages, un millier de films et une photothèque forte de 500 000 documents. Le centre a notamment apporté son concours au réalisateur Claude Berri (août 1991-fin 1992) pour la préparation du film Germinal.

Afin de consolider son succès public, le Centre de Lewarde a conçu un programme de restructuration. Son but est de revenir à l'ordonnance première des lieux, celle de la fosse en activité, notamment par la reconstitution de la nappe ferroviaire démantelée. Pour les mêmes raisons de cohérence, parcours muséographique, circuit minier et expositions temporaires seront plus clairement séparés. Quant aux besoins propres du Centre, on y répondra en construisant, à l'écart du site minier, un bâtiment logist [...]

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Écrit par :

  • : professeur agrégé de philosophie, ancien chargé de mission à la Direction des Musées de France

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Pour citer l’article

Jack LIGOT, « LEWARDE CENTRE HISTORIQUE MINIER DE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 15 août 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/centre-historique-minier-de-lewarde/