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ARRAS

Hauts-de-France : carte administrative

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Arras, 42 941 habitants en 2012, ville centre d'une agglomération de 86 902 habitants, se situe à la frange sud de l'aire urbaine formée autour de Lille-Roubaix-Tourcoing, immense conglomérat transfrontalier. Elle en est l'une des plus anciennes cités, installée sur les bords de la Scarpe, un affluent de l'Escaut, et au carrefour des routes qui conduisaient d'Angleterre au Rhin, via Boulogne, et des Pays-Bas au cœur de la France. Capitale du peuple gaulois des Atrébates dont elle tire son nom, elle connut un premier essor à l'époque gallo-romaine ; saint Vaast y établit un évêché vers 500. Elle devint au Moyen Âge une des grandes villes commerçantes (blé, laine, vin) et drapantes des pays de la mer du Nord – 30 000 habitants au xiiie siècle –, célèbre pour ses tapisseries ; dans plusieurs pays, on désigne une tapisserie par un nom dérivé d'Arras.

Capitale du comté d'Artois, apanage capétien aux xiiie et xive siècles, elle se développa en ville double : à l'ouest une cité administrative et à l'est une cité marchande, disposant de larges franchises. On trouve toujours la marque de cette dualité dans l'urbanisme actuel. Échue à la fin du xive siècle dans l'héritage bourguignon, elle suscita les convoitises françaises. À la mort de Charles le Téméraire (1477), elle fut détruite par Louis XI et perdit son rayonnement international. Malgré une farouche résistance des habitants, Louis XIII prit la ville en 1640 aux Pays-Bas espagnols. Définitivement détachée de ceux-ci par le traité des Pyrénées (1659), elle fut ceinte par Vauban de nouvelles fortifications et flanquée d'une citadelle extérieure.

Arras

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Arras a ensuite combiné des fonctions de commerce et services et des fonctions politico-administratives, comme siège des États et du gouvernement d'Artois ainsi que d'un évêché, puis comme chef-lieu du département du Pas-de-Calais. Auxixe siècle, la ville ne participa que timidement à l'industrialisation régionale qui, à une quinzaine de kilomètres seulement, faisait surgir la nébuleuse urbaine du bassin minier. Malgré la facilité des relations ferroviaires avec Paris, elle figurait alors parmi les nombreuses petites capitales provinciales engourdies, desservant la partie rurale de leur département. Elle doit peut-être à cette léthargie temporaire d'avoir conservé l'essentiel de ses monuments et de son urbanisme ancien, notamment ses deux places flamandes, rénovées aux xvie et xviie siècles – la Grand-Place, dont les arcades protégeaient les marchands forains et dont le sous-sol renfermait des entrepôts, et la Petite Place, ou place des Héros, sur laquelle se dressent le beffroi et l'hôtel de ville –, l'abbaye Saint-Vaast, de style baroque, ou bien encore le quartier de la place Victor-Hugo, bel exemple de l'urbanisme français du xviiie siècle.

Son essor économique date des années 1980 : il provient de l'accueil d'industries diversifiées, à Arras même ou dans les zones d'activités limitrophes, et surtout du développement rapide des services attachés à sa fonction de chef-lieu d'un département très peuplé (1,46 million d'habitants en 2012), à sa position privilégiée sur les axes autoroutiers Reims-tunnel sous la Manche (A26) et Paris-Lille-Gand (A1) et à son rapprochement de la capitale par le T.G.V. (50 minutes de trajet). L'expansion démographique, jusqu’en 2006, a surtout bénéficié aux communes périphériques, envahies par les grands ensembles des années 1960, puis par la marée pavillonnaire.

Arras rayonne aujourd'hui sans rivale sur tout le sud-est du Pas-de-Calais, qu'elle a structuré par ses commerces, ses services et les navettes quotidiennes. Son influence ne s'étendait guère au-delà jusqu'à ce que l'implantation de l'Université multipolaire d'Artois (Arras, Béthune, Lens-Liévin[...]

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Écrit par

  • : professeur des Universités, université des sciences et technologies de Lille (Lille-I)

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

Médias

Hauts-de-France : carte administrative

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Arras

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Autres références

  • TAPISSERIE

    • Écrit par Pascal-François BERTRAND
    • 7 938 mots
    • 8 médias
    ...métiers ou en sous-traita-t-il le tissage à quelques fabricants dont les noms sont tombés dans l'oubli ? La question reste aujourd'hui encore sans réponse. D'Arras, qui devint le centre prépondérant de l'art de la tapisserie durant la première moitié du xve siècle (d'où l'emploi du mot italien...

Voir aussi