DÉCEMVIRS & LIVRES SIBYLLINS

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Les Livres sibyllins ne contenaient pas d'oracles, mais un catalogue de remèdes que l'on consultait au nom de l'État en cas de prodiges (naissances de monstres humains ou animaux, pluies de pierres ou de sang, etc.) et qui fournissait une procuratio (expiation) à ces signes de la colère divine. D'après la tradition légendaire, ils avaient été acquis, après un marchandage laborieux, par le roi Tarquin le Superbe à une vieille femme (la sibylle de Cumes pour certains). Si la légende fournit approximativement la date d'introduction des Livres à Rome, elle est beaucoup plus douteuse pour expliquer leur contenu (les rapports entre ces livres, Cumes et Apollon n'étant qu'un anachronisme ultérieur des historiens). Composés de prescriptions partiellement étrusques, partiellement grecques et comprenant sans doute aussi de vieilles prophéties italiques, les Livres furent gardés jusqu'à la fin de la République dans le temple de Jupiter Capitolin et confiés aux soins d'une commission de deux prêtres, transformée en collège permanent de dix membres en ~ 367 (les decemviri sacris faciundis, recrutés moitié parmi les patriciens et moitié parmi les plébéiens). Ce collège, à la différence de ceux des pontifes et des augures, garants de la religion romaine traditionnelle, joua un très grand rôle dans la pénétration des dieux et des rites étrangers à Rome et, par conséquent, dans l'évolution religieuse des Romains. Les décemvirs, bien que n'ayant pas primitivement de rapport avec l'Apollon adoré au champ de Mars, se placèrent sous l'autorité du dieu qui devint l'inspirateur des prophéties contenues dans les Livres. Aucun témoignage ne nous permet de savoir comment les Livres sibyllins étaient consultés par les décemvirs, mais toutes les innovations que ces derniers ont apportées à la religion officielle ont été accomplies ex libris, c'est-à-dire après consultation des Livres sibyllins. Aux ~ iiie et ~ iie siècles, les décemvirs eurent à leur actif l'introduction d [...]


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Écrit par :

  • : agrégée de lettres classiques, assistante à l'université de Paris-X

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Pour citer l’article

Catherine SALLES, « DÉCEMVIRS & LIVRES SIBYLLINS », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 14 janvier 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/decemvirs-et-livres-sibyllins/