CHIPPERFIELD DAVID (1953- )

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L’œuvre prolifique de l'architecte britannique David Chipperfield, dans la lignée d'une forme contemporaine de minimalisme, concerne presque tous les types de programmes.

Né en 1953 à Londres, David Chipperfield, après avoir obtenu son diplôme d'architecte de l'Architectural Association de Londres, a complété sa formation chez Richard Rogers et Norman Foster, entre autres. C'est en 1984 qu'il fonde sa propre agence d'architecture.

David Chipperfield s'est particulièrement illustré dans l'architecture muséale. Au Figge Art Museum à Davenport (États-Unis, 2005), il dessine un volume primaire orthogonal enveloppé de surfaces lisses opaques, translucides ou transparentes. Pour l'extension du musée d'Anchorage en Alaska (2009), il a juxtaposé cinq volumes en verre de dimensions différentes.

La rigueur et le dépouillement caractéristiques du style architectural moderniste sont présents dans l'extension du musée Folkwang à Essen (Allemagne, 2010). Des cours intérieures assurent le lien avec le bâtiment ancien tandis que les espaces d'exposition sont largement ouverts sur l'extérieur.

À Marbach am Neckar (Allemagne), David Chipperfield réalise le musée de la Littérature moderne (2006). La partie supérieure de l'édifice s'impose par le néo-classicisme austère du péristyle, composé de piliers carrés mis en relief par l'agencement de terrasses. À l'intérieur, le visiteur est invité à descendre jusqu'aux espaces aveugles ornés de panneaux en bois où sont exposés dans un éclairage adouci de précieux manuscrits d'écrivains (Franz Kafka, Alfred Döblin et Hermann Hesse entre autres). Une sensualité austère se dégage du lieu. Le minimalisme sculptural est également présent dans le musée de Culture de Liangzhu en Chine (2007).

Quant à la rénovation du Neues Museum (2009) qui abrite des collections de la préhistoire et de l'Antiquité (dont le célèbre buste de Néfertiti), elle s'inscrit dans le grand projet d'aménagement de l'île des musées à Berlin, naguère située à Berlin-Est et, depuis la réunification, repensée dans la perspective d'une reconfiguration d'ensemble du patrimoine muséal berlinois. Le bâtiment d'origine du Neues Museum, œuvre de l'architecte Friedrich Stüler, achevé en 1855, avait été très endommagé par les bombardements pendant la Seconde Guerre mondiale. Le parti architectural de David Chipperfield est clairement affirmé. Il ne s'agit pas de revenir à l'état d'origine du musée, mais au contraire de laisser visibles et lisibles les traces du temps et les dégâts infligés au bâtiment par la guerre. En particulier, ont été préservés les décors peints de l'ancien musée, à savoir les fresques « à l'antique » (égyptiennes, grecques, pompéiennes) qui ornent plusieurs salles et qui sont souvent associés à des parois de briques laissées apparentes. L'intervention a consisté à souligner les qualités volumétriques de l'édifice originel. Plutôt que de reconstruire à l'identique l'escalier monumental d'origine entièrement détruit, l'architecte a conçu un nouvel escalier d'aspect sculptural pour le grand vestibule. L'écriture de la façade propose un classicisme épuré en référence au bâtiment d'origine.

David Chipperfield s'est également vu confier le projet de la galerie James Simon, une entrée commune aux cinq établissements culturels de l'île des musées.

Malgré l'éclectisme des commandes, l'œuvre de David Chipperfield se traduit toujours par l'utilisation de formes modernistes. L'ensemble Toyota Auto à Kyōto (1990) produit un effet de labyrinthe en combinant passages et plans verticaux.

Pour le River and Rowing Museum (1997) à Henley-on-Thames (Grande-Bretagne), consacré à l'histoire de l'aviron et de la Tamise, l'architecte associe des éléments modernistes (poteaux et parois de béton) à des motifs vernaculaires (surfaces en bois). L'édifice suggère par sa silhouette aux toits pentus les hangars à bateaux typiques de la région de l'Oxfordshire.

David Chipperfield réalise également des aménagements intérieurs, comme pour la rénovation en 2001 du gratte-ciel new-yorkais néo-gothique American Radiator Company de Raymond Hood (1925), devenu le Bryant Park Hotel, et la déc [...]

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Écrit par :

  • : professeur d'histoire de l'art à l'université de Paris-I-Panthéon-Sorbonne, directeur de l'École doctorale d'histoire de l'art

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  • Lionel RICHARD
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Pour citer l’article

Claude MASSU, « CHIPPERFIELD DAVID (1953- ) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 20 janvier 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/david-chipperfield/