CONSEIL DE LA RÉPUBLIQUE

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Dans les dernières années de la IIIe République française, le Sénat avait renversé un certain nombre de gouvernements, et notamment — en juin 1937 et en avril 1938 — les deux ministères dirigés par Léon Blum. Cela explique que les partis de gauche, qui avaient en 1946 une grande importance numérique au sein de la deuxième Assemblée constituante, aient souhaité réduire le rôle et les attributions de la seconde Chambre. Pour cette raison, ils lui donnèrent d'abord un nouveau nom : le Conseil de la République. Mais, surtout, ils firent en sorte que ses pouvoirs soient limités. Élue au suffrage indirect, suivant un mode d'élection qui rappelait beaucoup celui de l'ancien Sénat, la Chambre haute perdait la plénitude de l'autorité représentative, puisque, aux termes de l'article 3 de la Constitution de 1946, c'est par la seule Assemblée nationale que le peuple exerçait sa souveraineté. De plus, le Conseil de la République, s'il gardait le pouvoir de participer avec l'Assemblée nationale à l'élection du président de la République, se voyait retirer celui de mettre en jeu la responsabilité du gouvernement qui, d'après la Constitution, n'était responsable que devant la Chambre basse. Mais, surtout, en matière législative, la deuxième Assemblée ne disposait pas d'un véritable pouvoir de décision. Elle avait seulement le droit de soumettre des amendements à l'Assemblée nationale qui conservait, en tout état de cause, le dernier mot. L'inégalité des deux Chambres était si manifeste qu'il n'était plus possible (selon M. Prelot) de parler de bicaméralisme. Mais, rapidement, les habitudes parlementaires rendirent inefficaces les précautions des constituants. Dès 1948, en effet, un président du Conseil — André Marie — posa la question de confiance devant la Chambre haute. En outre, après cette date, l'Assemblée nationale tint le plus grand compte des amendements que déposaient les conseillers de la République. Dès lors, la seconde Chambre, ayant implicitement le pouvoir de renverser le gouver [...]

Léon Blum

Léon Blum

Photographie

Léon Blum (1872-1950), au centre, président du Conseil d'un second gouvernement de Front populaire, devant le palais de l'Élysée, en 1938. 

Crédits : Keystone/ Getty Images

Afficher



1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 2 pages




Écrit par :

Classification


Autres références

«  CONSEIL DE LA RÉPUBLIQUE  » est également traité dans :

QUATRIÈME RÉPUBLIQUE

  • Écrit par 
  • Pierre BRÉCHON
  •  • 7 078 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « La difficile élaboration de la Constitution »  : […] La III e  République ayant disparu dans la débâcle de 1940, aucun système politique ne s'imposait naturellement après la « parenthèse » de Vichy. Dès la Libération, des pouvoirs de fait existaient : celui du général de Gaulle et de la Résistance extérieure, qui pouvait se prévaloir de la continuité de la France et d'une reconnaissance de la part des Alliés, celui de la Résistance intérieure qui […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/quatrieme-republique/#i_38580

Pour citer l’article

Daniel AMSON, « CONSEIL DE LA RÉPUBLIQUE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 15 décembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/conseil-de-la-republique/