OPPOSITION CONCEPT D'

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La période contemporaine

Dans l'histoire des idées, l'ouvrage de l'Anglais Lancelot Whyte, L'Inconscient avant Freud, apparaît comme l'un des témoins significatifs de l'intérêt porté, en divers domaines du savoir au cours de la période 1950-1970, au thème de la structure binaire des processus mentaux. D'après cet auteur, toute prise de conscience, quel qu'en soit le niveau, consiste dans un processus de discrimination qui se présente comme un phénomène d'attention lié à la perception d'une tension procédant d'un contraste, d'une différence entre deux termes. La fonction consciente représente elle-même le niveau supérieur d'une tendance ordonnatrice du système nerveux, qui se manifesterait, dans les diverses formes de processus mentaux, comme un mécanisme d'« inscription des différences ». La formation de contrastes stables et permanents entre représentations permet la systématisation de l'expérience. Cependant, elle aboutit à des systèmes de concepts statiques, envisagés comme des absolus, et, à ce titre, elle représente un danger pour la fécondité de la pensée. Ce mécanisme de la prise de conscience par la perception de contrastes serait à l'origine de toutes les formes de dualisme, dans les différents types d'idéologies et en particulier dans l'histoire des systèmes philosophiques. Dans la culture européenne, la philosophie de Descartes marquerait le point achevé d'une démarche de pensée dualiste apparue en fait dès les origines de la pensée philosophique. Le « clivage cartésien » entre le sujet et l'objet, la res cogitans et la res extensa, a abouti en particulier, pour l'étude des faits mentaux, à mettre un accent excessif sur les processus de conscience. Les conséquences s'en seraient fait sentir à partir du xviie siècle, surtout dans le monde protestant de langue anglaise, jusqu'à 1880 environ. Cependant, une contre-tradition anticartésienne aurait contribué, dès la fin du xviie siècle, à formuler progressivement la notion de processus mentaux inconscients. Celle-ci aurait eu pour fonction de rétablir la continuité entre le sujet et l'objet, et d'introduire le principe d'une interaction entre les différents niveaux de la réalité psychobiologique. À la fin du xixe siècle, l'invention de la psychanalyse par Freud représenterait l'aboutissement d'une longue période de préparation, jalonnée par nombre d'anticipations du concept de processus inconscient, dont le livre de Whyte fournit un long recensement et parmi lesquelles on peut mentionner les noms de Montaigne, de Leibniz, de Rousseau, de Kant, de Fichte, de Schelling, de Maine de Biran... Malgré le grand intérêt de sa documentation, la thèse de Lancelot Whyte n'exclut pas une certaine forme de paradoxe. S'il est vrai que la découverte freudienne a institué une perspective dynamique, contribuant à relier des niveaux de processus jusqu'alors conçus comme séparés, il n'en demeure pas moins que son appareil théorique, aussi bien que son contenu clinique, repose fondamentalement sur une approche dualiste des phénomènes mentaux.

La logique : Robert Blanché

Dans son ouvrage sur Les Structures intellectuelles (1966), R. Blanché entreprend la description des structures naturelles de la « pensée commune » en l'opposant à la pensée scientifique. D'après lui, la forme fondamentale sous laquelle se présente la pensée commune est la structure oppositionnelle. Sa matrice est constituée par le schème de couples de contraires contrastés, de paires de termes bipolaires. Cependant, ce schème originel tend à s'organiser en constellations dont il existe des variétés plus ou moins générales et dont l'analyse permet d'étudier les degrés variables d'affinité. R. Blanché reprend la doctrine aristotélicienne classique des types d'opposition (contrariété, contradiction) et se propose tout d'abord de la clarifier en la transposant du cadre ordinaire de l'analyse des propositions à celui de l'analyse des termes, c'est-à-dire des concepts. Il envisage aussi de la compléter et de la généraliser à partir de la présentation traditionnelle qui lui a été donnée sous la forme du carré d'Apulée, avec ses quatre postes A, E, I, O ; il considère celle-ci comme une structure non saturée, à laquelle il y a lieu d'adjoindre deux postes supplémentaires U et Y. La structure tétradique du carré d'Apulée est ainsi transformée en une structure hexadique ou étoilée, dont la première [...]

Triangle des subcontraires

Dessin : Triangle des subcontraires

 

Crédits : Encyclopædia Universalis France

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  • : ancien élève de l'École normale supérieure, professeur de psychologie et d'épistémologie à l'université de Paris-Nord

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Pour citer l’article

Émile JALLEY, « OPPOSITION CONCEPT D' », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 29 septembre 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/concept-d-opposition/