CLARISSIMAT

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Sous le Haut-Empire, tout sénateur était salué du titre de vir clarissimus. Dès le iie siècle, ce simple qualificatif honorifique devient un véritable titre héréditaire consacrant la nouvelle noblesse, le clarissimat. Les clarissimes étaient généralement de gros propriétaires fonciers, soit d'anciens patriciens, soit des chevaliers anoblis, soit des spéculateurs qui s'étaient enrichis à la faveur des troubles civils et militaires. Les clarissimes occupent, dans la grande majorité des cas, les magistratures de l'État : préture, questure et consulat ; ces fonctions de l'ancien cursus honorum sont d'ailleurs devenues purement honorifiques. Peu à peu, les clarissimes entrent en compétition avec les perfectissimes (viri perfectissimi), qui appartiennent à la classe des chevaliers et, sous le Bas-Empire, les perfectissimes s'intégreront par anoblissement et par ancienneté à la classe des clarissimes. En 372, l'empereur Valentinien Ier crée une nouvelle classe de la noblesse, celle des illustres et des spectabiles, préfets, comtes et proconsuls, qui ont préséance sur les clarissimes et sur les sénateurs. L'évolution du clarissimat, sa place dans la hiérarchie sociale au sein de la noblesse romaine, son recrutement rural, son caractère héréditaire constituent les premières amorces du système féodal médiéval.

—  Joël SCHMIDT

Écrit par :

  • : diplômé d'études supérieures d'histoire, directeur de collections historiques

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Pour citer l’article

Joël SCHMIDT, « CLARISSIMAT », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 23 octobre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/clarissimat/