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OLDENBURG CLAES (1929- )

« Drôles, touchantes et absurdes », selon Margit Rowell dans le catalogue de l'exposition Qu'est-ce que la sculpture moderne ? (Centre Georges-Pompidou, Paris, 1986), « les œuvres d'Oldenburg illustrent de façon éclatante la banalité, la vulgarité et l'inconstance des valeurs sacrées de la vie américaine ». Claes Oldenburg est considéré comme l'un des principaux représentants du pop art.

Né le 28 janvier 1929 à Stockholm, Claes Oldenburg a grandi à Chicago et a suivi l'enseignement de la prestigieuse université Yale (1946-1950). Il devient reporter au City News Bureau de Chicago et fréquente l'Art Institute de la ville. En 1956, il s'installe à New York et se lie avec des artistes – Allan Kaprow, Jim Dine et Red Grooms – qui, comme lui, contestent les limites établies entre l'« art » et la « vie ». Il participe alors aux premiers happenings, au cours desquels il construit des environnements faits de détritus (The Street, 1959) ; mieux encore, il loue un magasin dans lequel il recrée le monde des objets de consommation – fast-food ou vêtements – à l'aide de plâtre, de mousseline et de ficelle qu'il éclabousse de taches de couleur (The Store, 1960 : trois œuvres de cet ensemble appartiennent à la collection du Musée national d'art moderne, à Paris). Ces deux ensembles feront l’objet d’une exposition au MoMA, à New York, en 1969.

Par la suite, Oldenburg fabrique des reproductions géantes d'objets usuels, utilisant des matériaux synthétiques comme le vinyle et rendant mous, déformables, modifiables les outils ou éléments d'ameublement qui sont en réalité rigides (Lavabo mou, 1965, musée Boymans van Beuningen, Rotterdam ; GhostDrum Set, 1972, Musée national d'art moderne, Paris). L'exposition Multiples 1964-1990 a présenté, de 1992 à 1993 à Munich, à Vienne, puis à La Roche-sur-Yon et Saint-Étienne, un grand choix de ces objets mi-réels, mi-imaginaires.

À la fin des années 1960, Oldenburg projette, puis fait réaliser des sculptures monumentales en métal, qui sont les reproductions d'articles de grande consommation portées à l'échelle de la ville. Au cours des années 1970, il va se consacrer avec sa femme, la sculptrice Coosje van Bruggen (1942-2009), à ce travail de commande publique (Rouge à lèvres, 1974, Yale University ; Épingle de nourrice, 1976, Ville de Philadelphie ; Batte de base-ball, 1977, Ville de Chicago ; Pont-cuillère et cerise, 1985-1988, Walker Art Center, Minneapolis ; Bicyclette ensevelie, 1990, La Villette, Paris ; Col de chemise retourné et cravate, 1994, Ville de Francfort-sur-le-Main). En 1986, parallèlement à la biennale de Venise, il donne une performance liée à la reproduction gigantesque d'un couteau suisse, Il Corso delcoltello. Le Whitney Museum of American Art, New York, présente une grande exposition consacrée aux dessins de Claes Oldenburg pour la période 1959-1977 (2002) et le Museum of Modern Art une rétrospective de son œuvre (2013).

Claes Oldenburg meurt le 18 juillet 2022 à New York.

— Élisabeth LEBOVICI

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Écrit par

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

Autres références

  • HAPPENING

    • Écrit par François PLUCHART
    • 4 079 mots
    ...de 1962, allait devenir le pop art, ont créé des happenings ou y ont plus ou moins durablement participé. Mais, à côté d'artistes tels que Jim Dine, Claes Oldenburg, George Segal ou Roy Lichtenstein, certains créateurs ont demandé au happening d'être le support quasi exclusif de leur activité artistique....
  • MUSÉES PERSONNELS

    • Écrit par Gilbert LASCAULT
    • 1 623 mots

    Certains artistes ont mis en œuvre une pratique qui tend à modifier nos conceptions de l'art, de la collection, de l'ordre. Cette pratique va, le plus souvent, vers un éloge du foisonnement, de l'accumulation, du bric-à-brac. Ces aventures individuelles valorisent les musées ethnologiques, les musées...

  • NON-ART

    • Écrit par Gilbert LASCAULT
    • 4 039 mots
    ...fabrique une série numérotée de boîtes de conserve contenant de « la merde d'artiste » : dérision du respect qui entoure tout ce que « fait » un créateur. Claes Oldenburg annonce comme « sculpture en négatif » un trou qu'il fait creuser, puis remplir, à New York. Certains s'attaquent à la toile, la perforent,...
  • POP ART

    • Écrit par Bertrand ROUGÉ
    • 3 816 mots
    • 3 médias
    ...c'est pour aller plus loin dans le sens d'une libération, mais aussi d'une plus grande interaction avec le public que nombre d'artistes pop –  Jim Dine, Claes Oldenburg, Robert Rauschenberg, Red Grooms – furent à l'origine du happening. On comprend que le néo-dadaïsme puis le pop aient pu représenter...

Voir aussi