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CIRCONCELLIONS

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Terme désignant les bandes qui parcouraient les campagnes africaines au ive siècle et dont le sens probable est « ceux qui rôdent autour des greniers ». Adhérents de la secte schismatique des donatistes, les circoncellions résistaient par la force aux autorités favorables à l'Église catholique. L'inscription du « moissonneur de Mactar » nous apprend que des paysans libres se constituaient en équipes qui allaient se louer pour la moisson, souvent très loin de chez eux ; originaires pour la plupart du centre et du sud de la Tunisie et du Constantinois, ils allaient chercher du travail dans les plaines à blé du Nord. Au iiie siècle, cette activité pouvait être rentable, comme le montre l'histoire du Mactarois, devenu sur ses vieux jours un propriétaire respecté. Les conditions durent s'aggraver pour ces travailleurs au ive siècle. Ils eurent alors tendance à se révolter comme le faisaient à la même époque les bagaudes de Gaule. Les textes catholiques les montrent maltraitant les grands propriétaires et appelant à la révolte les esclaves et les colons des domaines.

Persécutés par le pouvoir dès le règne de Constantin, les évêques donatistes, qui refusaient l'intégration du christianisme dans l'ordre impérial, furent tout naturellement portés à s'appuyer sur ces « contestataires ». En 347, l'empereur Constant Ier ayant remis en vigueur les mesures édictées par son père contre les schismatiques, l'évêque Donat de Bagaï, qui avait pris la tête du mouvement hérétique, fit appel à des circoncellions « agonistiques » (c'est-à-dire, sans doute, militants) pour résister aux autorités. L'accord entre les circoncellions et le clergé schismatique ne fut d'ailleurs pas parfait. Se qualifiant de « chefs des saints », les dirigeants circoncellions menèrent leur politique propre. On peut penser qu'ils n'épargnèrent pas les riches donatistes. Aussi certains évêques de la secte n'hésitèrent-ils pas à faire appel aux autorités contre ces alliés indociles.

Les circoncellions se recrutaient parmi les moins romanisés des Africains. Il serait sans doute anachronique de les considérer comme de véritables nationalistes, mais ils n'éprouvaient pas d'attachement pour l'Empire. Aussi embrassèrent-ils avec enthousiasme le parti de deux seigneurs berbères, Firmus et Gildon, qui, dans le derniers tiers du ive siècle, essayèrent de se rendre indépendants en Afrique. La répression de ces révoltes porta un coup très dur au mouvement. En outre, dans les premières années du ve siècle, l'Église catholique, animée par saint Augustin, entreprit un très énergique et efficace effort de propagande antidonatiste. Après la conférence de Carthage de 411, qui scella le destin du donatisme, on n'entendit plus parler des circoncellions.

— Gilbert-Charles PICARD

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Pour citer cet article

Gilbert-Charles PICARD. CIRCONCELLIONS [en ligne]. In Encyclopædia Universalis. Disponible sur : (consulté le )

Article mis en ligne le et modifié le 14/03/2009

Autres références

  • DONATISME

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    • 2 042 mots
    À partir de cette date (347), le donatisme élargit encore son audience populaire par une alliance explicite avec les circoncellions. Ce mouvement d'ouvriers agricoles indigènes lutte, fait remarquable pour l'Antiquité, d'une façon violente et organisée, contre les abus des propriétaires fonciers ; on...