CHORAL

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Utilisation extérieure du choral

Jusqu'à présent le choral n'a été traité que par rapport à lui-même. Mais il est bien souvent aussi employé soit comme élément de base d'une autre forme, soit comme élément allusif. Très souvent, il s'agit surtout d'une allusion au texte, le choral étant superposé à une forme préexistante, tel quel ou sous une forme ornée ou développée. Bien souvent aussi, le thème du choral est employé comme base de développement, étant ainsi assimilé à tout autre thème. C'est, par exemple, ce que fait Bach lorsqu'il écrit une cantate sur le texte d'un choral, comme Wachet auf. Souvent le choral intervient dans le premier et le dernier chœur, l'un en choral simple harmonisé, l'autre avec développement du thème. Enfin, en ce qui concerne les formes musicales en usage au temple, pendant longtemps la possibilité d'intercaler les chorals dans les différentes formes traitées a été admise, notamment dans les cantates et Passions, à titre de commentaire liturgique du texte poétique. En ce cas, l'intervention du choral est toujours justifiée par le texte : c'est ainsi, par exemple, que dans la Passion selon saint Matthieu, lorsque les Apôtres demandent au Christ : « Est-ce moi qui trahirai ? », intervient le choral : « C'est moi qui suis un pécheur », formant en quelque sorte la réponse à la question posée.

Le choix des mélodies n'est pas indifférent mais est commandé par le sens du texte. Les chorals étant connus de l'assemblée, le compositeur sait en effet qu'à elle seule une mélodie est capable d'entraîner une association d'idées. C'est ainsi par exemple que, dans le premier chœur de la Passion selon saint Matthieu de Bach, les mots du chœur « Comme un agneau » appellent en commentaire le choral de l'Agnus Dei et non pas un autre.

Depuis le xixe siècle, le choral proprement dit n'est plus forcément une mélodie traditionnelle. Pour César Franck et Honegger, par exemple, il représente un emprunt plus ou moins libre au style du choral.

1 2 3 4 5

pour nos abonnés,
l’article se compose de 5 pages




Écrit par :

  • : ancien directeur de l'Institut de musicologie de l'université de Paris

Classification


Autres références

«  CHORAL  » est également traité dans :

CANTATE

  • Écrit par 
  • PIERRE-PETIT
  •  • 1 894 mots

Dans le chapitre « La cantate sacrée »  : […] La cantate, au xviii e siècle, connaît, dans le champ de la musique sacrée, un avatar important : il s'agit de la cantate d'église du culte luthérien, celle-là même qu'illustrera avec tant de bonheur J.-S. Bach. On connaît la part prépondérante que tient, dans la liturgie luthérienne, l'assemblée des fidèles. Ces derniers ont à chanter ensembl […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/cantate/#i_5043

CRÜGER ou KRÜGER JOHANNES (1598-1662)

  • Écrit par 
  • Universalis
  •  • 156 mots

Compositeur, organiste et théoricien de la musique allemand, Johannes (ou Johann) Crüger (ou Krüger) naît le 9 avril 1598, à Gross-Breesen, près de Guben, en Basse-Lusace. Il a publié de précieuses compilations des connaissances musicales de son époque ainsi que plusieurs importants recueils de chorals. Le plus connu de ces volumes, Praxis pietatis melica (pour la première fo […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/cruger-kruger/#i_5043

DU CAURROY EUSTACHE (1549-1609)

  • Écrit par 
  • Pierre-Paul LACAS
  •  • 491 mots

Musicien français né à Beauvais, Du Caurroy est surtout célèbre pour ses œuvres religieuses, qui connurent un durable succès jusque vers 1650 ; il est l'un des principaux précurseurs de la musique sacrée du xvii e siècle, qui a conduit, à travers N. Formé, à Delalande. Il fut d'abord haute-contre à la chapelle royale ; il obtint un prix en 1575 a […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/eustache-du-caurroy/#i_5043

ECCARD JOHANNES (1553-1611)

  • Écrit par 
  • Universalis
  •  • 227 mots

Le compositeur allemand Johannes Eccard est avant tout connu pour ses harmonisations de chorals luthériens. Né en 1553 à Mühlhausen, en Thuringe, Johannes Eccard est enfant de chœur à la chapelle ducale de Weimar de 1571 à 1573 ; il suit probablement à cette époque l'enseignement de Roland de Lassus à Munich, puis il est en 1578 au service du banquier Jacob Fugger à Augsbourg. Il rejoint en 1579 l […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/johannes-eccard/#i_5043

LE JEUNE CLAUDE ou CLAUDIN (1528 env.-1600)

  • Écrit par 
  • Pierre-Paul LACAS
  •  • 801 mots

Le plus brillant musicien français du groupe lié à l'Académie de poésie et de musique que fonda Baïf ; surnommé « le phénix des musiciens », c'est un des grands noms de la musique de la Réforme en France, avec Goudimel, et son œuvre est la plus importante du répertoire français de la Renaissance. Ses premières compositions (quatre chansons) sont publiées à Louvain, chez Phalèse, en 1554 ; a-t-il r […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/le-jeune-claude-ou-claudin/#i_5043

PACHELBEL JOHANN (1653-1706)

  • Écrit par 
  • Marc VIGNAL
  •  • 369 mots
  •  • 1 média

Organiste et compositeur allemand né et mort à Nuremberg. Pachelbel se forme à Ratisbonne auprès de Kaspar Prentz, puis à la cathédrale Saint-Étienne de Vienne avec Johann Kaspar Kerrl ; il occupe des postes à Eisenach (1677), où il se lie d'amitié avec la famille Bach, à la Predigerkirche d'Erfurt (1678), aux cours de Stuttgart et de Gotha (1690-1695) et enfin, jusqu'à sa mort, à la Sebalduskirch […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/johann-pachelbel/#i_5043

POLYPHONIE

  • Écrit par 
  • Jacques CHAILLEY, 
  • Michel PHILIPPOT
  •  • 2 165 mots

Dans le chapitre « La polyphonie classique occidentale »  : […] La polyphonie médiévale est attestée, dans la culture écrite occidentale, depuis le ix e  siècle seulement, et y reste en stagnation pendant près de deux siècles, avant de connaître l'essor extraordinaire qui, à partir de la fin du xi e  siècle, lui donnera des développements sans commune mesure […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/polyphonie/#i_5043

RELIGIEUSE CHRÉTIENNE MUSIQUE

  • Écrit par 
  • Jacques PORTE, 
  • Edith WEBER
  •  • 6 047 mots
  •  • 3 médias

Dans le chapitre « Le choral protestant »  : […] Si Luther considère la musique comme « un don de Dieu tout proche de la théologie » alors que Calvin proclame la primauté du texte, tous deux réclament cependant l'usage du vernaculaire, « langage commun à l'apprenti au travail, au paysan, à la mère près de l'enfant qui pleure dans son berceau ». En Saxe, Luther, mêlant humanisme et protestantisme, instaure le choral populaire à une voix ou poly […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/musique-religieuse-chretienne/#i_5043

SCHEIDT SAMUEL (1587-1654)

  • Écrit par 
  • Edith WEBER
  •  • 1 442 mots

Dans le chapitre « Le « director musices » »  : […] En 1628, alors que la guerre de Trente Ans (1618-1648) bat son plein, Scheidt, directeur de la musique municipale, réforme la Stadtpfeiferei (fifres municipaux), achète du matériel – partitions et instruments –, réorganise la pratique musicale au Gymnasium et introduit le nouveau style concertant dans la musique d'Église à la Marienkirche (église Sainte-Marie), dont il occup […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/samuel-scheidt/#i_5043

WALTHER JOHANN (1496-1570)

  • Écrit par 
  • Pierre-Paul LACAS
  •  • 235 mots

Compositeur allemand, appelé « le premier cantor luthérien », créateur de la passion-répons allemande. Il chanta comme basse dans le chœur de la chapelle du prince électeur de Saxe, puis devint compositeur à la cour, succédant à A. Rener (1485 env.-env. 1520). Il composa le premier recueil de chants polyphoniques de l'Église évangélique ( […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/johann-walther/#i_5043

Pour citer l’article

Jacques CHAILLEY, « CHORAL », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 20 septembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/choral/