BUCAREST

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Capitale de la Roumanie, Bucarest est une agglomération de près de deux millions et demi d'habitants à la fin des années 2000, située à 200 kilomètres à l'ouest de la mer Noire et à mi-distance entre le Danube au sud et le piémont sud-est des Carpates au nord. Elle est arrosée par la Dâmboviţa, sous-affluent du Danube, et le climat y est continental.

Roumanie : carte administrative

Carte : Roumanie : carte administrative

Carte administrative de la Roumanie. 

Crédits : Encyclopædia Universalis France

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Son nom en roumain, Bucureşti, évoque la communauté issue d'un fondateur éponyme, Bucur, que la légende dit berger. On a longtemps rattaché ce nom à une racine d'origine albanaise évoquant, en passant en roumain, la joie ; mais on retient désormais l'étymologie latine buculus, bugle (jeune bœuf sauvage), ou buculcus, bouvier, plus satisfaisante, tout en restant dans le champ sémantique d'une ruralité idéalisée.

Fondée à la fin du xive siècle par Mircea le Vieux après une victoire sur les Turcs, puis résidence fortifiée (xve s.) de Vlad III l'Empaleur (Vlad Ţepeş) ou Vlad le Diable (Vlad Dracul), la ville fut prise et incendiée par les Turcs en 1595. Reconstruite, elle fut choisie (xviie s.) par Constantin Brancovan comme capitale de la Valachie, puis devint progressivement un lieu d'échanges commerciaux entre Constantinople, Vienne et Leipzig, dont les négociants ont donné leur nom à un quartier (Lipscani).

Au xixe siècle, l'Autriche et la Russie sont en guerre avec l'Empire ottoman auquel la Valachie paye tribut. Bucarest est occupée par les Russes en 1828 et en 1853-1854, puis par les Autrichiens de 1854 à 1857. Elle subit également un gros incendie (1847) qui détruit le tiers de ses habitations.

À la suite de l'union de la Valachie et de la Moldavie (1861), Bucarest prend un essor déterminant, et l'emporte sur Jassy, capitale de la Moldavie et métropole culturelle importante, pour devenir la capitale (1881) du nouveau royaume de Roumanie.

Pendant la Première Guerre mondiale, la ville est occupée par les Allemands de 1916 à 1918. Le traité de Trianon (1920) reconnaît Bucarest comme capitale de la Grande Roumanie. Le dynamisme de sa vie mondaine et intellectuelle et sa francophonie lui valent le surnom de « Petit Paris ».

Lors de la Seconde Guerre mondiale, les troupes allemandes revinrent à Bucarest, en accord avec le maréchal Antonescu, Premier ministre et dictateur du pays, qui a choisi l'alliance militaire avec l'Allemagne. Le 23 août 1944, le jeune roi Michel renversa cette alliance ; mais les Alliés laissèrent les Soviétiques chasser les Allemands, entrer à Bucarest et faire du pays une République socialiste qui fit prendre à la capitale un virage industriel volontariste.

En 1976, la ville subit un violent tremblement de terre (7,4 sur l'échelle de Richter) qui a fait 1 500 morts et de considérables dégâts.

Partis de Timişoara, les événements de décembre 1989 (chute du communisme) ont vite gagné Bucarest où le nouveau pouvoir s'est installé, dans l'exaltation et la confusion, avec l'aide déterminante de l'armée et des cadres de la Securitate (la police politique) ralliés à l'insurrection. La ville s'est lancée depuis lors dans une modernisation rapide, notamment dans le secteur du commerce et des services.

Bucarest présente un visage urbain disparate où se mêlent, selon les secteurs, les vieilles rues aux maisons d'un charme désuet qui ont échappé à la destruction systématique, les églises anciennes, les belles artères et les immeubles à la façon de l'urbanisme parisien fin de siècle dans le centre, les tristes barres H.L.M. de l'ère socialiste (appelées « blocs ») qui enlaidissent à perte de vue les quartiers d'habitation, les bâtiments de style stalinien comme Casa Scîntei (la Maison de l'étincelle) devenue la Maison de la presse libre, ou le Palais du peuple dont le gigantisme, symbole du volontarisme communiste et de la mégalomanie de Nicolae Ceauşescu, n'a trouvé que difficilement sa reconversion en Palais du Parlement. Très « postmoderne » sur le plan architectural et urbain, Bucarest fait montre aujourd'hui, comme pour oublier ses années grises, d'une débordante vitalité.

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  • : rédacteur en chef de Lettre(s), titulaire d'un D.E.A. de roumain, Institut national des langues et civilisations orientales, doctorant à l'université de Paris-III

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Pour citer l’article

Philippe LOUBIÈRE, « BUCAREST », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 11 août 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/bucarest/