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Brésil : carte physique

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Brésil : l'espace rural

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Pain de Sucre, Rio de Janeiro

Pain de Sucre, Rio de Janeiro
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Brésil : dynamiques territoriales

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CapitaleBrasília
Langue officielleportugais
Unité monétairereal (BRL)
Population207 721 000 (estim. 2017)
Superficie (km2)8 515 767
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Le Brésil se caractérise par une « géographie en mouvement », l'expansion agricole y est continue, la population extrêmement mobile, les réseaux urbains en évolution rapide et les quantités produites gigantesques à l'image de ce pays « en voie de développement » dans lequel les chantiers sociaux et économiques représentent un défi amplifié par la taille continentale du pays et le poids démographique de ses 193 millions d'habitants (estimation de 2009). Un espace étiré entre le 50 de latitude nord et le 330 de latitude sud, donc majoritairement tropical et qui couvre, avec 8 547 000 kilomètres carrés, les deux tiers de l'Amérique du Sud. La taille a été justifiée par les géopoliticiens qui utilisaient, dès le xixe siècle, la figure « d'île Brésil », c'est-à-dire d'un espace inclus dans des frontières naturelles établies par la liaison fluviale entre le Guaporé, fleuve amazonien, la cuvette du Pantanal et le Paraguay. Indépendant depuis 1822, après trois siècles de colonisation portugaise, le pays, déjà inscrit dans une enveloppe territoriale de 8 millions de kilomètres carrés, comptait alors 5 millions d'habitants, dont près de la moitié étaient des esclaves noirs et un cinquième des Amérindiens. Depuis cette époque, les Brésiliens vivent avec la perception que leur espace est infini, qu'il y a toujours plus loin une terre à défricher, une mine à exploiter. L'esprit de conquête des pionniers bandeirantes reste manifeste, incarné par une indéniable créativité fondée sur la mobilité et le métissage.

Brésil : carte physique

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Carte physique du Brésil. 

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Le grand Brésil, cinquième pays du monde par la taille, se déploie sur une façade atlantique de 8 000 kilomètres d'un littoral battu par les alizés, et ses frontières terrestres ont une extension de 15 700 kilomètres avec dix pays voisins, dont la France, par le département de la Guyane sur 790 kilomètres. Ses sols et sous-sols révèlent de grandes richesses et le pays se trouve aux premiers rangs mondiaux pour une large gamme de produits agricoles, miniers et industriels. C'est une puissance émergente, la première de la zone intertropicale, dont le modèle économique et social sert de référence, à la fois parce qu'il réussit et innove en matière d'intégration du territoire et de démocratisation de la vie politique, alors même qu'il reste marqué par de très fortes inégalités sociales : 1 p. 100 des plus riches possède 45 p. 100 de la richesse nationale, tandis que 10 p. 100 des plus pauvres n'en possède que 2 p. 100. Dans ce pays nouvellement urbain où se côtoient haute technologie et misère profonde, le défi de l'éducation se pose avec acuité pour les enfants scolarisés – en moyenne jusqu’à quatorze ans seulement – et pour résorber le chômage chez les jeunes de 15 à 24 ans. D'excellentes universités, des centres de recherche performants ne compensent pas un nombre moyen d'années d'études, bien inférieur à celui des pays du Cône sud, tandis que le marché du travail est largement non réglementé : à peine le tiers des 101,7 millions d'actifs se trouve dans le secteur officiel. De plus, la pauvreté touche environ un quart des foyers, obligeant le recours à des politiques d'assistance, elles-mêmes difficiles à mettre en œuvre à cause de la dispersion spatiale des familles dites à risques.

Le grand obstacle à l'occupation humaine n'est pas tant le relief, peu accidenté, constitué de massifs cristallins aplanis et de plaines sédimentaires, mais plutôt les forêts ombrophiles impénétrables. Le Brésil est d'ailleurs le seul pays à être désigné par un nom d'arbre, ce fameux « bois de braise » de la forêt atlantique qui a fait sa renommée au xvie siècle. Les grandes forêts tropicales de la façade atlantique, ou équatoriales de l'Amazonie, couvraient à l'origine les deux tiers du pays ; il ne subsiste aujourd'hui plus que 7 p. 100 des premières et 80 p. 100 des secondes. La défense de ces écosystèmes riches de milliers d'espèces non encore inventoriées se met en place, de même que pour les savanes du cerrado qui tapissent le plateau central où se situe la capitale, Brasília. Outre sa remarquable biodiversité, le Brésil dispose également d'immenses réserves d'eau (14 p. 100 des eaux de la planète) et, fort de sa biomasse tropicale, le pays entreprend des innovations technologiques (tropicalisation du soja, production d'alcool de canne à sucre, de cellulose d'eucalyptus...). Longtemps, l'accent a été mis sur les obstacles à la mise en valeur des zones tropicales : sols lessivés, maladies endémiques, moustiques..., mais les progrès en agronomie, en épidémiologie, en infrastructures ont permis de dépasser les contraintes du milieu ; le problème de développement à surmonter reste principalement celui des distances.

Une « brésilianité » inscrite dans le territoire

La population brésilienne jeune (40 p. 100 des Brésiliens ont moins de vingt ans), nombreuse (5e rang mondial), mélangée (selon le recensement de 2000 : 55 p. 100 de Blancs, 39 p. 100 de Métis, 6 p. 100 de Noirs), manifeste son dynamisme et sa créativité dans l'affirmation d'une identité métisse originale où se mêlent couleurs de peau et origines. Toutes sortes de parcours migratoires, de cultures urbaines ou rurales constituent la « brésilianité », ce mode d'organisation de l'espace propre aux Brésiliens, cette alchimie particulière d'un peuple modelé par la conquête territoriale et par sa façon de se mouvoir sur son territoire.

Le métissage, dû à l'intense processus de mélange entre les trois « races » fondatrices du peuple brésilien : les Amérindiens, les Blancs et les Noirs, a été délibérément présenté dans les années 1930 de manière positive. Ce mythe de l'harmonie du mélange, régulièrement repris et reconstruit par les élites, semble servir à masquer les inégalités structurelles d'une société marquée par trois siècles d'esclavage. Aux 3 millions d'Amérindiens, décimés à chaque contact avec les Blancs, au 1,5 million de Portugais, arrivés régulièrement depuis cinq siècles, et aux 3,5 millions d'Africains, importés comme esclaves entre 1560 et 1850, se sont ajoutés environ 3 millions de migrants venus essentiellement d'Europe (Italiens, Allemands...) et du Proche-Orient (Syro-Libanais), après l'abolition de l'esclavage (1888), et fixés plutôt dans le sud du pays. L'immigration européenne était encouragée car elle devait permettre de surmonter la prétendue fatalité géographique des handicaps de la tropicalité (insalubrité du climat, fréquence des épidémies, excès ou manque d'eau...).

Ces mouvements migratoires qui avaient d'abord donné naissance à une population de métis d'Indiens, de Noirs et de Blancs formant les masses rurales de caboclos, principalement dans la moitié nord du pays, ont conduit, à la fin du xixe siècle, au « blanchiment » (la proportion de Blancs atteindra 63 p. 100 en 1940), puis, avec la transition démographique accélérée depuis les années 1950, au décuplement de la population durant le xxe siècle. En effet, avec 40 millions d'habitants en 1940, le Brésil et la France avaient la même population ; en 1980, le Brésil en comptait 120 millions et la France 52, alors que dans le même temps, la population métisse passait de 21 à 40 p. 100. Une telle croissance en une génération implique un immense effort économique d'équipement du territoire, particulièrement en infrastructures d'éducation, de santé. Même si le taux de natalité est en forte régression au début du xxie siècle, le Brésil continue à croître de 2,3 millions de personnes par an (la France dix fois moins). La stabilisation n'est donc pas encore atteinte. Pourtant, le Brésil, longtemps pays d'immigration, devient à son tour un pays d'émigration : entre 670 000 et 2 millions de Brésiliens vivent à l’étranger (selon les sources), principalement aux États-Unis, au Japon, au Paraguay et dans les pays de l’Union européenne. Une telle évolution manifeste le dynamisme d'une population jeune allant tenter sa chance vers de nouvelles terres de l'ouest brésilien, mais plus encore vers les villes, où se concentre 86 p. 100 de la population, révélant qu'en une seule génération (entre 1960 et 1980), le Brésil, à moitié rural, est devenu aux deux tiers urbain. Les catégories rural/urbain sont bousculées, tandis qu'une transition urbaine extraordinairement rapide entraîne des problèmes inextricables de logements, de transports, d'emplois. Des quartiers précaires, les bidonvilles (favelas), se multiplient un peu partout, les spéculations sur le prix du sol vont bon train.

Le modèle brésilien de développement

Le décollage industriel et la modernisation de l'économie brésilienne ont pris une impulsion décisive au moment du « miracle économique » qui a permis, de 1969 à 1974, de consacrer d'importants investissements à de nouveaux secteurs (aéronautique, informatique, nucléaire), ainsi qu'au montage de grandes entreprises publiques pour l'énergie (Petrobras, Eletrobras), les communications (Telebras) et les transports, qui acquièrent la taille de conglomérats et aménagent des territoires.

Les militaires, au pouvoir de 1964 à 1985, mettent en pratique une géopolitique appliquée qui vise à intégrer le territoire et à rapprocher les ensembles régionaux afin de faire du Brésil une « grande puissance ». D'une part, la nouvelle capitale Brasília, inaugurée en 1960, devient le symbole de la projection du Brésil vers l'avenir, et le gouvernement des militaires, en s'y installant, en fait une vitrine de la modernité. D'autre part, des programmes de développement régional sont appliqués au Nordeste, au Centre-Ouest, et plus particulièrement en Amazonie qu'il s'agit d'occuper plus intensément. Le mouvement d'urbanisation entraîné par la forte industrialisation des années 1960-1970 s'amplifie pour atteindre 86 p. 100 de la population en 2009, alors que l'économie brésilienne s'assure le 8e rang mondial, au coude à coude avec la Russie.

Brésil : l'espace rural

Brésil : l'espace rural

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Brésil. Espace rural, routes et front pionnier (source : Instituto Brasileiro de Geografia e Estadistica, 2002). 

Crédits : Encyclopædia Universalis France

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Le palmarès économique de ce géant est impressionnant. L'agriculture fait d'incontestables progrès, mais reste encore largement à deux vitesses. D'un côté, 500 000 exploitations agricoles modernes vendant principalement sur le marché international : tourteaux de soja, jus d'orange, café, cacao, sucre, viandes... ; de l'autre, 4 millions d'exploitations familiales produisant essentiellement pour le marché intérieur. La moitié d'entre elles sont à la limite de la survie, alors même que des centaines de milliers de familles attendent un lopin de terre. Officiellement, l'Institut national de colonisation et réforme agraire se charge de l'installation des paysans dans de nouveaux lotissements ruraux. Cependant, les opérations de cadastre s'éternisent et l'accession à la propriété fait l'objet de conflits permanents alors que beaucoup de terres restent inexploitées. Les incitations à l'agrobusiness et l'encadrement de l'agriculture familiale dépendent de deux ministères différents dont les pratiques s'opposent.

Les progrès les plus impressionnants ont été réalisés dans l'industrie, qui fournit le quart du produit intérieur brut (P.I.B.) et les deux tiers des exportations (acier, automobiles, avions, armes, etc.) depuis les années 1980. Un tiers des capitaux investis sont d'origine étrangère. Les industries traditionnelles subissent des crises, mais l'ampleur du marché intérieur permet de belles percées dans des domaines tels que la chaussure, la confection ou les industries alimentaires, tandis que de larges secteurs d'industries modernes se structurent, opérant des entrées remarquées sur le marché mondial : construction mécanique et navale, matériel électrique, chimie, pharmacie générique. Dans le domaine énergétique, le Brésil profite de ses ressources renouvelables : 78 p. 100 de l'électricité est d'origine hydraulique, 20 p. 100, végétale (bois, bagasse) et les programmes biocarburants sont encouragés, car si l'autosuffisance pétrolière est quasi assurée grâce aux gisements sous-marins, elle ne l'est que jusqu'en 2040. Une puissante industrie automobile, implantée dès la fin des années 1950 à São Paulo, a vu sa géographie largement modifiée par l'ouverture des marchés et la présence de multiples constructeurs qui font du Brésil le premier producteur de véhicules des pays émergents, avec une capacité de 3 millions d'unités par an, Volkswagen restant la plus grande entreprise privée. La palette des partenariats commerciaux change et s'élargit : au traditionnel duo de tête, Union européenne et États-Unis, qui représentent plus de 35 p. 100 des échanges, se substituent les marchés émergents de Chine, Inde, Égypte, Iran, ainsi que les pays du Mercosur – avec ces derniers, les relations commerciales ont doublé, notamment avec l'Argentine (passant de 4 à 8 p. 100, entre 1990 et 2009).

Plusieurs Brésils

À l'organisation territoriale en archipel, héritée du passé agro-exportateur, a succédé un système spatial de type centre-périphérie dans lequel la concentration des activités économiques dans le Sudeste s'est accentuée, tandis que les régions périphériques du Nordeste et de l'Amazonie nourrissaient le processus d'industrialisation avec la forte migration d'une main-d'œuvre peu qualifiée. La réorganisation territoriale de l'économie brésilienne se place aussi dans le mouvement d'expansion du capitalisme mondial d'après-guerre qui exporte capitaux et technologie. La bourgeoisie industrielle nationale, surtout pauliste, s'implique dans ce mouvement et, avec le soutien de l'appareil d'État, puise dans les réserves de main-d'œuvre de la périphérie, fait éclater les blocs régionaux et s'assure le contrôle du marché national. Ainsi, en interaction avec le cœur économique, fonctionnent des régions périphériques qui ont pu être qualifiées de « déprimées » dans le cas du Nordeste, ou de « ressources » dans le cas de l'Amazonie. Ces différences régionales perdurent même si l'urbanisation généralisée a tendance à homogénéiser les comportements entre les différentes parties du Brésil.

Le découpage du territoire peut donc s'appréhender par les cinq macrorégions (Nord, Nordeste, Sudeste, Sud et Centre-Ouest) ou par les vingt-sept États de la Fédération, eux-mêmes fort hétérogènes, allant du plus peuplé, São Paulo, avec 41,3millions d'habitants en 2009, au Roraima cent fois moins peuplé ; ou du plus vaste, l'Amazonas, qui couvre 1,5 million de kilomètres carrés, au plus petit, le district fédéral avec 5 800 kilomètres carrés, ou le Sergipe avec 21 000 kilomètres carrés. Les densités de peuplement restent faibles (de l'ordre de 20 hab./km2) et surtout très irrégulières : on ne compte que 1 habitant pour 2 kilomètres carrés en Haute Amazonie, contre 366 au kilomètre carré dans l'État de Rio de Janeiro et 166 dans celui de São Paulo, où les incroyables étalements urbains deviennent ingérables.

À des fins cartographiques et statistiques, on utilise le découpage plus fin des 558 microrégions ou encore celui des 5 560 municipes, la plus petite division administrative du pays, dont la taille varie entre quelques dizaines de kilomètres carrés pour les plus exigus et quelques centaines de milliers de kilomètres carrés pour les grands municipes amazoniens. Le maire le plus important du pays est celui de São Paulo, dont le municipe concentre 11 millions d'habitants (sur 1 500 km2), avec une croissance de 300 000 habitants par an, et un P.I.B. mille fois plus élevé que celui des municipes les plus pauvres du Nordeste. C'est la division régionale en ensembles plus géographiques que statistiques (Sudeste, Sud, Amazonie, Nord moyen, Nordeste) qui est adoptée ici.

Le Sudeste, cœur du pays

Composé des États de Rio de Janeiro, de São Paulo, du Minas Gerais et de l'Espírito Santo, le Sudeste, qui s'étend sur un peu plus de 900 000 kilomètres carrés, se caractérise par une exceptionnelle concentration d'hommes et d'activités faisant de la région le cœur économique du pays. Elle réalise les trois quarts de la production brésilienne des industries de transformation et sa population atteint 80,9 millions d'habitants, avec un P.I.B. par tête bien supérieur à la moyenne nationale, 18 100 reals contre 14 465 (2007).

L'essor économique depuis les années 1960 a entraîné un fort courant de migration interne de Nordestins employés dans le bâtiment ou l'industrie qui ont contribué à la création de villes plurimillionnaires étalées indéfiniment. En effet, avec les deux plus grandes agglomérations urbaines du pays, São Paulo (20,6 millions d'habitants) et Rio de Janeiro (12,2 millions d'habitants), le Sudeste détient les pouvoirs de commandement économique du Brésil, bien que la fonction de capitale politique ait été transférée à Brasília en 1960. L'autre grande agglomération du Sudeste est aussi la troisième du pays : Belo Horizonte, capitale du Minas Gerais, compte 6,2 millions d'habitants.

Cette région, où le vieux socle granitique est accidenté par des cassures dues à l'ouverture de l'Atlantique, est divisé en quatre ensembles : la première ligne d'escarpement dite Serra do Mar, couverte de forêts tropicales, au littoral découpé où alternent des « pains de sucre », des lagunes et des plages ; la vallée industrielle du fleuve Paraíba do Sul, qui constitue la grande voie de circulation entre Rio de Janeiro et São Paulo ; et, la Serra da Mantiqueira s'élève à plus de 2 800 mètres, avec des sommets situés dans le parc national du massif des Agulhas Negras. Les altitudes valent à ces « hautes terres atlantiques » une originalité climatique : pluies abondantes, en particulier sur les versants exposés aux alizés humides de l'océan, et modération des températures ayant donné naissance à cette fameuse forêt atlantique d'où était extrait le bois de braise (pau brasil). Elle est maintenant fragmentée en de multiples lambeaux qu'une politique environnementale s'efforce, depuis les années 1990, de protéger. Des coups de froid, bulles d'air venant de l'Antarctique, sont cependant à craindre, freinant l'expansion des cultures du café vers le sud. Enfin, le quatrième ensemble géographique correspondant à la retombée de la serra da Mantiqueira qui forme, d'un côté, le plateau du Sud-Minas, région de petits producteurs d'un café de qualité ; de l'autre, les « terres violettes » (sols basaltiques) de l'État de São Paulo, propices à une agriculture riche et mécanisée d'où est parti le boom du café qui déclencha l'industrialisation du pays. À partir de 1880, la marche caféière ouvre un front pionnier qui attire une partie du trop-plein des campagnes européennes et japonaises. Le café reste emblématique de la modernisation du Brésil, le pays en est le premier exportateur mondial depuis les années 1980. Les zones de production changent, les plantations ont beaucoup diminué dans l'État de São Paulo où elles sont remplacées par les prairies, les champs de canne à sucre, de soja, les plantations d'orangers. C'est maintenant le Minas Gerais qui fournit 50 p. 100 de la production brésilienne de café. Dans la vallée du Paraíba subsistent les anciennes demeures patriciennes des planteurs de café, qui font l'objet de parcours touristiques.

Pain de Sucre, Rio de Janeiro

Pain de Sucre, Rio de Janeiro

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Le Pain de Sucre de Rio de Janeiro (Brésil), d'une altitude de 390 mètres, résulte d'une érosion différentielle déterminée par une intrusion granitique dégagée des roches encaissantes plus tendres. D'une manière générale, l'aspect morphostructural d'un pain de sucre équivaut à... 

Crédits : Istituto Geografico De Agostini

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Brésil : dynamiques territoriales

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Brésil. Grandes dynamiques territoriales. 

Crédits : Encyclopædia Universalis France

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São Paulo, une région façonnée par l'industrie

L'industrialisation de la région doit son essor à une grande capacité d'adaptation économique et à la mixité féconde des activités. São Paulo a effectué le passage d'une tradition agro-exportatrice à une économie industrielle tournée vers le marché intérieur. La ville a d'abord concentré l'essentiel du dynamisme industriel avec des industries alimentaires, textiles, industrie du bois puis, au cours des années 1930 et 1940, un premier processus de substitution des importations a porté sur le développement des industries de base, raffineries, chimie lourde, sidérurgie (Compagnie nationale sidérurgique à Volta Redonda). Dans les années 1960-1970, le processus de substitution s'étend à toutes les filières métallurgiques, mécaniques, chimiques, d'outillages..., et le parc industriel se complexifie, les installations industrialo-portuaires s'étendent. Santos, le port traditionnel du café, est devenu le premier port du Brésil pour les marchandises générales (76 millions de tonnes en 2006) et les conteneurs (1,6 million) ; la sidérurgie et de nombreuses industries chimiques se localisent dans la commune voisine de Cubatão, configurant une métropole littorale de plus de 1 million d'habitants. Dans la banlieue sud-est de São Paulo se regroupent les usines des firmes multinationales, les constructeurs automobiles et leurs équipementiers formant la grande concentration ouvrière de l'A.B.C., c'est-à-dire les trois communes de Santo André, São Bernardo do Campo, São Caetano. Dans la phase de diversification industrielle et de décentralisation des années 1980, l'essor des industries de pointe permet la consolidation de véritables technopoles dans un rayon d'une centaine de kilomètres autour de São Paulo, puis au-delà : à São José dos Campos s'est développé un secteur aéronautique (firme Embraer) et aérospatial (fabrication de satellites d'observation) de tout premier plan ; à Campinas, l'université d'excellence a attiré des centres de recherche en informatique et télécommunications ; São Carlos se spécialise en optique et nouveaux matériaux ; Ribeirão Preto en biologie et pharmacie. L'agglomération de São Paulo et ses environs forment une gigantesque région urbaine, comptant parmi les grandes concentrations industrielles mondiales.

La ville centre de São Paulo ajoute des fonctions bancaires et de services dont l'explosion s'accompagne d'un boom immobilier et de la construction d'un nouveau centre d'affaires qui souligne le déplacement des activités de direction des entreprises vers le sud-ouest de la ville. Le congestionnement grandissant de São Paulo semble sans solution. Malgré les millions de passagers quotidiens sur les quatre lignes de métro, les transports en commun restent insuffisants et, même si de grands investissements sont consentis pour la construction d'un superpériphérique à 60 kilomètres du centre, les hommes d'affaires se déplacent en hélicoptère pour éviter les embouteillages des millions de véhicules qui circulent dans l'agglomération.

L'agro-industrie est toujours un fleuron des activités régionales. Outre le soja, deux produits agricoles ont pris une importance considérable : la canne à sucre transformée en alcool et les oranges alimentant une puissante industrie de jus concentré. La première a d'abord été favorisée par les mesures de soutien à la production d'alcool-carburant dès la fin des années 1970, puis par le boom de l'éthanol lié au succès des moteurs automobiles « flex-fuel », pouvant utiliser alternativement essence et éthanol, ainsi qu'à l'obligation d'introduire 25 p. 100 d'alcool dans l'essence comme mesure antipollution. Les moteurs des petits avions s'adaptent également à ce carburant. Dans le pays, plus de trois cents distilleries tournent à plein régime, en totale autonomie énergétique grâce à la bagasse. Cette modernisation et l'arrivée des grandes firmes dans le secteur agricole entraînent d'importants changements dans les relations de travail et une professionnalisation croissante des travailleurs ruraux, ce qui a pour résultat de réactiver les conflits agraires autour de l'accès à la terre par ceux qui sont exclus de cette évolution. Le dynamisme du réseau urbain et de l'agrobusiness de l'État de São Paulo déborde sur ses marges – Minas Gerais, Goiás, Mato Grosso do Sul –, qui s'intègrent alors dans le modèle agro-industriel.

Rio de Janeiro et ses nouvelles richesses

La situation de l'État de Rio de Janeiro (16 millions d'habitants en 2009) est différente. Mal remis de la perte de son rôle de capitale politique, cet État traverse un processus de désindustrialisation et connaît une grave crise sociale, dont la violence dans les favelas constitue l'expression la plus visible. L'économie locale profite cependant du boom de l'industrie pétrolière et de celui de la télévision autour des studios de la Globo. Dès 1980, la mise en exploitation des gisements pétroliers en eaux profondes de l'immense bassin de Campos, à l'est de Rio de Janeiro, à une centaine de kilomètres du liseré côtier avec des puits de plus en plus profonds, jusqu'à 2 000 mètres (champs de Enchova, Albacora, Marlim), ont permis de rendre le Brésil autosuffisant depuis 2004, avec une production dépassant 1,9 million de barils par jour. La grande compagnie nationale Petrobras établit des records mondiaux de forage en eaux ultraprofondes et développe des technologies pour y implanter des systèmes d'exploitation. Les villes de Campos dos Goytacazes et Macaé, qui reçoivent d'importantes royalties pétrolières, forment les centres de cette nouvelle économie des hydrocarbures. Des périmètres de concessions pétrolières sont mis sur le marché pour l'exploration de nouvelles zones, et des gisements importants, notamment de gaz naturel, sont identifiés. Parallèlement, des programmes de gestion côtière assortis de mesures de protection sont implantés. Malgré cela, ces milieux naturels fragiles continuent à se dégrader : fuites de pétrole, d'effluents domestiques et industriels, érosion côtière, destruction des écosystèmes marins...

Favelas de Rio

Favelas de Rio

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Les constructions anarchiques des favelas (bidonvilles), à Rio de Janeiro, Brésil. 

Crédits : David Frazier/ Getty Images

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L'État charnière du Minas Gerais

Le Minas Gerais, fort de ses 20 millions d'habitants et de sa position centrale lui permettant de jouer un rôle d'intermédiaire entre le Nordeste et le Sud, entre les Cariocas (habitants de Rio de Janeiro) et les Paulistes (São Paulo), offre une synthèse des régions brésiliennes. Dans la partie méridionale, la mata mineira, autrefois forestière, très largement défrichée aujourd'hui, avec une densité élevée de bourgs, se spécialise dans les produits de terroirs (café de qualité, fromages, cachaça). La plus grande ville, Juiz de Fora, de tradition textile, diversifie ses activités – le constructeur automobile Mercedes s'y est implanté. Les régions nord, plus faiblement peuplées, ne parviennent pas à retenir leurs jeunes et présentent de bas indicateurs socio-économiques annonçant la pauvreté du Nordeste, particulièrement dans la vallée de Jequitinhonha. À l'ouest, le triangle commandé par les villes d'Uberlândia et d'Uberaba fait le lien entre São Paulo et Brasília et jouit de bonnes infrastructures et d'une économie agro-industrielle prospère.

Le Minas Gerais, avec une base industrielle puissante, un bon équipement hydroélectrique et un réseau d'infrastructures assez dense, se trouve au premier rang des États brésiliens pour la production d'acier, de ciment, de café, de lait, de pomme de terre, les plantations d'eucalyptus et une large gamme de minerais (fer, zinc, niobium). Il développe également des activités de pointe en matière industrielle, disposant du deuxième pôle automobile du pays. Le cycle industriel et la fabrication de charbon de bois ont conduit à un large déboisement de ses moyennes montagnes où les « villes historiques » au riche patrimoine baroque du xviiie siècle (Ouro Prêto, São Jõao del-Rei, Diamantina, Congonhas do Campo) rappellent l'époque dorée des « mines générales » (Minas Gerais en portugais) et ponctuent de nouveaux circuits touristiques. Autour des mines de fer et des hauts fourneaux sont nées les « villes de l'acier », Itabira et Ipatinga, qui vivent au rythme du marché national et mondial. Le minerai de fer et les produits sidérurgiques empruntent la voie ferrée jusqu'au port de Vitória-Tubarão (Espírito Santo), où se situe le premier port brésilien pour les pondéreux. Belo Horizonte, la capitale de l'État, créée en 1894, atteint en 2009 6,2 millions d'habitants, étant devenu un centre industriel et tertiaire important, mais où plus de 10 p. 100 des familles vivent au-dessous du seuil de pauvreté et où les favelas s'étendent en périphérie.

Au contact des hautes terres atlantiques, des plateaux intérieurs et de la zone semi-aride du Nordeste, le Minas Gerais est également une jonction entre le « Brésil riche », le « Brésil pionnier » et le « Brésil pauvre ».

Originalité de la région méridionale

La région sud du Brésil, constituée de trois États : Paraná, Santa Catarina et du Rio Grande do Sul, regroupe 27,7 millions d'habitants, fournit environ un cinquième de la richesse nationale et présente des caractères originaux qui la rendent plus proche des pays de La Plata (Argentine, Uruguay, Paraguay) que du nord du Brésil, tant pour les indicateurs économiques que sociaux, ce qui, dans la conjoncture du rapprochement avec les pays du Cône sud, dans le cadre du Mercosur, lui confère un rôle particulier d'espace d'échanges et d'intégration.

La singularité du Sud vient à la fois de l'origine du peuplement et de la spécificité du climat nettement subtropical. Le littoral est toujours celui de la Serra do Mar, ciselé par l'érosion, ponctué de sommets cristallins culminant à 1 900 mètres d'altitude et accidenté par des baies, comme celle de Paranaguá où se situe le port exportateur du Paraná (soja, voitures), ou des îles comme celle de Florianópolis. À l'ouest, l'étagement des plateaux sédimentaires a permis le développement d'une agriculture prospère ; des chutes d'eau et des vallées profondes constituent un énorme potentiel d'énergie électrique exploitable. Le climat est de type « chinois », avec des coups de froid toujours possibles en hiver lorsqu'une remontée d'air froid polaire provoque des chutes de neige sur le plateau du Rio Grande do Sul et des gelées jusqu'au Paraná. De cette originalité climatique résulte une forêt subtropicale caractérisée par la présence du pin Araucaria, utilisé pour le bois d'œuvre et, à ce titre, surexploitée. Le campo, savane herbeuse, occupe la moitié sud du Rio Grande do Sul et, par son paysage comme par son économie d'élevage bovin et ovin, ressemble à l'Uruguay et à la Pampa argentine.

La région a été façonnée par les vagues d'immigration allemande et italienne, spécialement fournies entre 1880 et 1930, accompagnées d'immigrants polonais, ukrainiens et hollandais, qui ont longtemps gardé leurs traits particuliers et se sont sentis différents. Les petits paysans ont défriché les espaces forestiers pour les mettre en culture et transformer les produits. Cultivant des produits spécifiques – pomme de terre pour les Allemands et vigne pour les Italiens – qui sont devenus ensuite des produits de consommation nationale, ils se sont peu à peu intégrés à la communauté brésilienne, notamment par l'école, mais aussi par la volonté des élites locales de proclamer leur attachement à la république, principalement dans les années 1930 où le sentiment national a été fortement inculqué sous le gouvernement de Getúlio Vargas, précisément originaire du Rio Grande do Sul.

Dans le Sud, l'agriculture s'est rapidement modernisée avec des cultures favorisées tant par des politiques agricoles gouvernementales que par le développement de puissantes filières agroalimentaires : viande de poulet, produits laitiers, vins. La motorisation qui caractérise ces transformations agricoles accélère l'exode rural vers les nouvelles terres agricoles du Centre-Ouest et l'Amazonie où des centaines de centres de culture gaucha (caractéristique des habitants des pampas) témoignent de cette migration d'agriculteurs entreprenants.

La région du Sud compte deux métropoles. Curitiba (3,6 millions d'habitants en 2009), outre son rôle de capitale de l'État du Paraná, est devenue une ville internationalement connue pour l'organisation efficace et économe des transports publics et du ramassage des ordures, ainsi que pour le dynamisme de son pôle industriel qui accueille de grands constructeurs automobiles (Volvo, Renault, Audi) et des activités de pointe. Porto Alegre (4,2 millions d'habitants en 2009), capitale du Rio Grande do Sul, est un port et un centre industriel qui a réussi, à partir de 1988, avec des équipes municipales menées par le Parti des travailleurs, à construire l'image territoriale d'un gouvernement urbain participatif, à travers lequel la population, par l'intermédiaire de ses délégués de quartiers, établit les priorités d'investissement des propositions budgétaires. Cette procédure de participation réussie renvoie à la spécificité sociale et culturelle de cet extrême sud brésilien, davantage marqué par l'immigration européenne et qui présente des indicateurs sociaux meilleurs que dans le reste du pays : un niveau exceptionnel d'éducation, un taux d'évasion scolaire faible, le plus bas niveau de mortalité infantile. La pauvreté touche une famille sur six, contre une famille sur deux dans les métropoles nordestines de Recife et de Fortaleza. Au deuxième niveau de la hiérarchie urbaine, on trouve la capitale de l'État de Santa Catarina, Florianópolis, ville écologiste, ou des villes spécialisées qui se distinguent par des fabrications de qualité : textile à Blumenau et Criciúma, mécanique à Joinville, industries de la viande à Chapecó-Concórdia, du vin à Bento Gonçalves.

L'intérêt économique de la région s'est trouvé renforcé par la construction, achevée en 1982, du barrage d'Itaipu sur le rio Paraná, à la frontière entre le Brésil et le Paraguay, un des plus grands barrages du monde, avec dix-huit turbines qui alimentent en énergie le Sudeste et le Paraguay. Cet important équipement a transformé la région. Une agglomération transfrontalière se forme entre Foz do Iguazu au Brésil, Cidade del Este au Paraguay et Iguazu, la plus petite, en Argentine. Ainsi, le Sud se trouve en interaction tant avec le Sudeste qu'avec les pays du Cône sud. D'un côté, il consolide sa puissance économique régionale par des activités régulièrement modernisées : le complexe pétrochimique de Porto Alegre, le district industriel de Caxias do Sul, les pôles technologiques de Florianópolis et de Curitiba, les fonctions portuaires de Rio Grande, d'Itajaí et de Paranaguá ; de l'autre, il modernise ses infrastructures routières, ferroviaires et énergétiques pour accroître les échanges avec les pays du bassin de La Plata, le Rio Grande do Sul cherchant à jouer son rôle de plaque tournante à mi-chemin entre Buenos Aires et São Paulo.

L'Amazonie entre développement et préservation

L'Amazonie occupe près de 50 p. 100 du territoire brésilien et connaît depuis les années 1970 d'importantes transformations dues à l'ouverture de routes, de mines, de zones de colonisation agricole. Son P.I.B. représente à peine 6 p. 100 du P.I.B. brésilien et sa population, passée de 5 à environ 20 millions d'habitants entre 1960 et 2007, est devenue majoritairement urbaine, comptant les deux métropoles millionnaires de Manaus et Belém et dix villes de plus de 100 000 habitants. L'analyse spatiale d'une telle évolution conduit à distinguer trois grands types d'espaces amazoniens ayant chacun leur problématique de développement : la haute Amazonie, dont la préoccupation majeure est la préservation du massif forestier et des populations sylvicoles ; la vallée centrale, plus peuplée et confrontée aux problèmes de l'aménagement des berges et de la navigation ; l'arc de la déforestation où les conflits d'usage entre orpailleurs, éleveurs, paysans ou Amérindiens témoignent d'une forte pression anthropique sur l'espace et de la nécessaire conjugaison entre développement et préservation, alors que 25 p. 100 de la population active tire ses revenus de l'agriculture et autant de l'orpaillage.

La haute Amazonie

Cet espace, situé au nord des fleuves Amazone et Purus, correspond au domaine presque intact de la forêt équatoriale à très basse densité de peuplement et où sont expérimentés différents modes de gestion de conservation forestière par les populations traditionnelles amérindiennes ou cabocles. Les terres indigènes, officiellement délimitées en 2000, totalisent un million de kilomètres carrés, soit plus de 20 p. 100 de la région amazonienne pour une population d’environ 200 000 Indiens sylvicoles. Les deux plus grands groupes humains de ces terres indigènes se situent aux confins du nord-ouest du Brésil, où les Yanomami ont obtenu la délimitation d'un territoire de 96 000 kilomètres carrés d'un seul tenant ; et les Tukanos-Manu, avec dix autres groupes indigènes, 110 000 kilomètres carrés bordant la frontière avec la Colombie. Dans l'État de Roraima, la proportion des terres indigènes représente la moitié du territoire, au grand dam des propriétaires fonciers qui s'y trouvent à l'étroit et luttent pour empêcher les terres de savane d'être homologuées en terres indigènes, à la frontière avec le Venezuela. Depuis la Constitution de 1988, la plupart des groupes amérindiens ont reçu des assurances pour la sauvegarde et l'usage des terres de leurs ancêtres. Ces dernières deviennent alors des zones forestières protégées à l'égal des réserves et des parcs naturels. Ceux-ci constituent également des lieux de préservation des écosystèmes amazoniens, dans lesquels différentes formes de gestion sont expérimentées. En ce sens, le Brésil joue un rôle de laboratoire social où les organisations non gouvernementales deviennent des outils d'exécution, voire de contrôle des politiques environnementales. Diverses expériences d'inventaires et de nouvelles pratiques forestières sont menées en collaboration avec la population locale qui apprend à replanter différentes espèces d'arbres et à les couper sans nuire à l'environnement.

La vallée centrale de l'Amazone

La grande vallée du fleuve Amazone se caractérise par une population traditionnelle de riverains (pêcheurs et agriculteurs) et un chapelet de villes, Parintins, Santarém, Gurupá, relié par un trafic fluvial non négligeable. La plus grande voie navigable relie l'agglomération de Belém, qui commande l'embouchure, à la ville intérieure de Manaus. Les transatlantiques, en toute saison, remontent le fleuve sur ses 1 700 kilomètres, et Manaus renforce son rôle de plaque tournante d'un trafic fluvial centre-amazonien fortement dynamisé depuis l'implantation d'une raffinerie (années 1970), et surtout du district industriel de la zone franche devenu un pôle mécanique, électronique et biotechnologique. Les marchandises provenant du sud peuvent arriver par cabotage ou encore emprunter la route jusqu'à Porto Velho, puis la voie navigable du Madeira où circulent d'ailleurs des convois de grandes barges de soja jusqu'au port fluvial d'Itacoatiara, dont le terminal céréalier reçoit plus d'un million de tonnes de soja par an. Des minéraliers transportent la bauxite de Trombetas vers les nouveaux ports industriels (usines d'aluminium) de Belém et de São Luis do Maranhão qui font transiter les produits de l'Amazonie orientale et commandent le développement de la région. La route transamazonienne, 200 kilomètres plus au sud, constitue une ligne parallèle de fixation de la population, principalement entre Altamira et l'embranchement vers Santarém, où des colonies agricoles assez prospères ont pu s'établir.

Route transamazonienne

Route transamazonienne

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Une route transamazonienne, au Brésil. 

Crédits : Donald Nausbaum, Getty Images

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L'avancée du front pionnier

L'arc de la déforestation correspond à la région marquée par l'avancée du front de défrichement et qui prend en écharpe, sur une bande de plusieurs centaines de kilomètres de large, la partie méridionale de l'Amazonie depuis l'Acre, à la frontière péruvienne, jusqu'à l'État du Maranhão. Le mouvement général de déboisement, très actif, qui s'établit en moyenne à 20 000 km2/an depuis les années 1970, ne ralentit pas, au contraire. Plusieurs milliers de foyers d'incendies de nettoyage et de défrichement sont visibles sur les images satellites durant les mois secs, signalant l'avancée des bûcherons, des scieries, des éleveurs et des pâturages. En effet, malgré l'obligation de procédures de certification et de contrôle, le marché du bois tropical, dont le bon prix attire tous les prédateurs des richesses forestières, incite au pillage des ressources. Ce cycle d'exploitation du bois de la forêt amazonienne précède puis favorise l'arrivée des migrants, défricheurs-agriculteurs, à qui il fournit d'emblée un premier revenu. Cependant, les stocks de bois d'œuvre s'amenuisent rapidement et les scieries se déplacent en fonction de l'épuisement des forêts primaires, laissant derrière elles des paysages dégradés de pâturages rustiques, des installations urbaines précaires et des hommes sans travail. On peut même observer la constitution d'embryon de réseaux urbains, comme dans le Rondônia et le sud-est du Pará, où des semis de villes accompagnent la progression du front pionnier. L'option de l'élevage bovin se révèle la plus rentable et, à raison de trois bœufs par habitant en moyenne, elle est devenue la principale activité économique de l'arc de la déforestation, d'autant qu'une filière viande très compétitive s'est mise en place, avec des abattoirs modernes. L'entretien d'un troupeau est d'un meilleur rapport que celui d'une culture, à la seule exception de l'agriculture mécanisée du soja, qui est devenue la première production du Mato Grosso.

Les programmes nationaux des années 1970 ont promu la réalisation d'infrastructures et de pôles de développement pour valoriser des produits régionaux, en vue de rattraper le retard économique de cette région qui, avec 11 p. 100 de la population brésilienne, participe pour seulement 6 p. 100 au P.I.B. national, malgré l'existence d'enclaves de haute productivité issues d'une vigoureuse politique d'aménagement du territoire. Autour des lieux de haute technicité, barrages hydroélectriques, mines, districts industriels (sidérurgie, aluminium), quelques cités planifiées (Carajas, Monte Alegre), modernes, reliées aux marchés mondiaux sont entourées de secteurs où règnent l'économie informelle, le travail esclave, l'utilisation prédatrice des ressources et des ensembles urbains précaires, sous-équipés, où les migrants en quête d'emploi, de lopin de terre ou de concession d'orpaillage s'entassent. L'observation des projets pilotes qui visent à stabiliser la population et à empêcher la destruction totale des écosystèmes amazoniens indique quelques expériences réussies de reboisement, agroforesterie ou pisciculture.

La région de transition du Nord moyen

Cette région intermédiaire entre l'Amazonie et le Nordeste (composée des États de Pará, Maranhão et Piauí), peu peuplée, totalise tout de même 17 millions d'habitants (2009) sur près de 600 000 kilomètres carrés, et coïncide avec le bassin sédimentaire du rio Parnaíba. À l'approche de l'océan Atlantique, des dunes immaculées constituent une attraction touristique de premier plan. La partie occidentale, chaude et humide, était couverte d'une forêt amazonienne, aujourd'hui largement défrichée, tandis que dans la zone orientale les pluies diminuent, la saison sèche s'allonge, les cours d'eau s'assèchent et la végétation s'éclaircit en forêt blanche, la caatinga, annonçant l'aridité du sertão ; les précipitations passent de plus de 1,20 m au nord-ouest à moins de 500 mm au sud-est.

Dans cette région, la population rurale est encore majoritaire et l'agriculture familiale traditionnelle produit pour le marché national : riz, maïs, haricots, sauf le sud qui connaît des formes modernisées d'agriculture à base de soja (région de Balsas) et le centre-ouest où s'étend un élevage bovin productif. La récolte de la noix du palmier babaçu, revenu d'appoint pour les femmes, constitue une spécialité régionale ; en outre, ce palmier, résistant au feu, se maintient dans les zones défrichées pour les pâturages. Cependant, la tendance inéluctable à l'appropriation et à la clôture des terres conduit à des mouvements de résistance de la part des paysans pour tenter de conserver l'accès aux terres et aux palmiers.

Quant à l'industrialisation moderne, elle apparaît avec le développement des projets amazoniens ; ainsi, le minerai de fer de l'immense mine de Carajas (Pará) est évacué par une voie de chemin de fer de 900 kilomètres vers le port d'Itaqui (dans la ville de São Luis do Maranhão), d'où 60 millions de tonnes de fer sont exportées chaque année, ainsi que des produits sidérurgiques et agro-industriels, rattachant cette terre équinoxiale aux cours mondiaux de la métallurgie. À l'intérieur, Teresina, capitale commerciale et administrative du Piauí, amplifie son rôle régional dans la vallée du Parnaiba. Malgré ces aménagements urbano-industriels, la région reste typiquement sous-développée, attendant tout des investissements de l'État fédéral. L'organisation socio-économique demeure faible et les conditions misérables du travail rural perdurent. Les moyens de transports insuffisants restent des obstacles à la mise en valeur, malgré les projets comme celui de la voie ferrée transnordestine et le tourisme présenté comme une solution d'avenir.

Le Nordeste, matrice de la brésilianité

Le Nordeste est la deuxième macrorégion par son étendue (après l'Amazonie), 1,5 million de kilomètres carrés, et par sa population, 50 millions d'habitants, soit 29 p. 100 du total brésilien, mais dont le P.I.B. ne dépasse pas 13 p. 100 de la richesse nationale. Foyer traditionnel d'émigration, la région voit son importance décliner dans l'ensemble national, caractérisée par les plus bas indicateurs socio-économiques du pays, c'est-à-dire de forts taux d'analphabétisme, de mortalité infantile, d'emplois mal rémunérés, particulièrement dans l'intérieur. C'est aussi la région matrice du Brésil colonial, la plus métisse du pays, où la part des sangs mêlés dépasse les deux tiers de la population (et même les trois quarts dans la Bahia et le Maranhão) ; or les indices de pauvreté sont toujours plus élevés dans les familles de couleur. Deux sous-ensembles régionaux peuvent être distingués, fortement marqués par le poids de la tradition et les effets de la modernisation.

Le Nordeste péninsulaire

Le cœur du Nordeste (Ceará, Rio Grande do Norte, Paraíba, Pernambouc, Alagoas), qui regroupe 27,4 millions d'habitants, est quatre fois plus densément peuplé que le Nord moyen. Il est connu pour ses anomalies climatiques et sa légendaire richesse culturelle. Outre son liseré côtier d'immenses plages bordées de dunes, de cocotiers et de récifs littoraux formés de grès, qui ont donné leur nom à la ville principale, Recife, la renommée de celle-ci vient de la culture de la canne à sucre. Les régions intérieures fonctionnent en interaction avec ce littoral, d'abord par une série de gradins constitués de terrains cristallins décomposés, convenablement arrosés, formant le massif ancien de la Borborema, région de polyculture et d'élevage appelée Agreste, assurant l'approvisionnement alimentaire des zones peuplées du littoral. Enfin, la zone semi-aride du sertão présente à la fois des plaines sèches accidentées d'inselbergs aux fleuves à écoulement intermittent et des massifs isolés qui retiennent l'humidité. L'élevage extensif y est prédominant, les pluies ne sont pas absentes, mais huit mois par an la sécheresse est complète. Cette anomalie, généralement attribuée à la présence des masses d'air peu actives au niveau de l'équateur, génère une intense évapotranspiration faisant de cette zone la plus chaude de tout le Brésil. Le périmètre affecté par les sécheresses dépasse le million de kilomètres carrés, voué aux productions traditionnelles de bétail, cuirs et peaux, et de plantes textiles comme l'agave ou le sisal et surtout le cotonnier, arboré natif de la région ou herbacé à meilleurs rendements. De nouvelles productions proviennent des zones irriguées, spécialisées dans les cultures de fruits (mangues, melons, raisins...) et de légumes.

L'exploitation traditionnelle des marais salants sur le littoral, notamment dans le Rio Grande do Norte, qui fournit 80 p. 100 de la production brésilienne de sel, est dépassée en valeur par la vente de crevettes tropicales d'élevage, ainsi que par celle des noix de cajou, dont le Brésil est le troisième producteur mondial et qui assure un revenu minimum à 200 000 producteurs familiaux. État sertanejo par excellence, le Ceará présente, malgré d'immenses poches de pauvreté, un dynamisme de petites et moyennes entreprises remarquable, captant avec grande habileté des niches de marché, confection, chaussures, matériaux de construction. Son nouveau port de Pecém est devenu, au début du xxie siècle, le premier du Brésil pour l'exportation de fruits et de crustacés, tandis que la capitale Fortaleza connaît un important boom immobilier.

Néanmoins, la canne à sucre reste la première richesse de ce Nordeste péninsulaire, fournissant un tiers de la production nationale de sucre et d'alcool, surtout dans l'État de Pernambouc où les systèmes de culture deviennent très performants. Mais la modernisation des systèmes agricoles ainsi que l'attrait des villes ravivent les classiques mouvements de migration régionale. Pourtant, un organisme de planification pour le développement du Nordeste, la S.U.D.E.N.E. (Super-intendance pour le développement du Nord-Est), met en place depuis 1959 des politiques publiques de rattrapage des inégalités régionales, en lançant des plans de développement concernant les infrastructures, les secteurs industriels et agro-industriels, les zones irriguées. Actuellement, des mesures de développement local sont mises en œuvre pour empêcher le déclin qui menace les régions intérieures en-deçà d'un certain seuil de population. Malgré tout, la concentration de la population perdure sur la zone littorale où se multiplient les équipements balnéaires et portuaires, les lotissements de luxe fermés et les quartiers pauvres. Les trois grandes agglomérations nordestines, Fortaleza, Recife et Salvador, souvent qualifiées de métropoles de la pauvreté, dépassent les 3 millions d'habitants (2009), talonnées par les capitales millionnaires, également atlantiques, de Natal, João Pessoa, Maceió et Aracaju.

Recife (ou Pernambouc), capitale du Nordeste péninsulaire, centre de services et de culture de référence, est la sixième ville du Brésil. Fondée en 1630 par les Hollandais, face à l'implantation portugaise d'Olinda perchée sur une colline au nord, elle reste le grand port du sucre. L'urbanisation a progressé le long des bras du fleuve Capibaribe, alternant les quartiers de classe moyenne et les mocambos (favelas des bords de rivières). Au sud, la plage urbaine de Boa Viagem reste un lieu résidentiel de prédilection. L'étirement le long de l'Atlantique se poursuit encore plus au sud avec la création, dans les années 1980, du complexe industrialo-portuaire de Suape, spécialisé dans l'importation de produits pétroliers et l'exportation de sucre et d'alcool.

Bahia, la baie de tous les saints

La Bahia constitue l'autre noyau historique du Nordeste, né autour de la première capitale de la colonie portugaise à partir de l'excellent mouillage de la vaste baie de Tous-les-Saints (bahia de Todos os Santos). À l'entrée de celle-ci fut édifiée la ville de Salvador (ou Bahia), contrôlant la riche zone agricole du Reconcavo, où se déployaient les plantations de canne à sucre, de tabac (le cigare restant une spécialité régionale), l'élevage et la forêt. Cet État, qui regroupe 15 millions d'habitants, connaît un développement plus rapide que le reste du Nordeste et représente 40 p. 100 du P.I.B. régional.

Salvador de Bahia

Salvador de Bahia

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Le vieux quartier colonial de Pelourinho à Salvador, capitale de l'État de Bahia, au Brésil. 

Crédits : Will & Deni Mc Intyre/ The Image Bank/ Getty Images

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La découverte du pétrole dans la Bahia, à la fin des années 1950, avait permis l'implantation de la raffinerie de Mataripe, la deuxième du pays, et du port pétrolier de Madre de Deus ; mais c'est surtout la construction du grand complexe pétrochimique de Camaçari, dans les années 1970, qui change le profil économique régional, les produits chimiques formant le tiers de la valeur des exportations bahianaises. Le gaz naturel est également mis en exploitation au large des côtes du Sergipe et de l'Alagoas, où un pôle chimique a été implanté. Salvador est devenue la cinquième ville du Brésil, atteignant 3 millions d'habitants en 2009, et 3,6 millions dans son agglomération (estimations de 2009), soit un doublement depuis 1960. La ville coloniale haute et basse abrite églises, couvents baroques et activités commerciales le long de la baie où se situent le port, les entrepôts, les banques et des ateliers navals. Avec le boom pétrochimique et la croissance urbaine, les quartiers résidentiels se sont développés le long de l'Atlantique, mais aussi à l'intérieur de la presqu'île où la nouvelle cité administrative et l'aéroport ont été édifiés, dans les années 1980, à 35 kilomètres du vieux centre. La ville, tête de réseau économique et culturel de l'État de la Bahia, se distingue, au sein du Nordeste, par l'importance singulière de ses racines afro-brésiliennes et par une dynamique économique plus accentuée. Au sud, la région d'Ilhéus-Itabuna vit de l'exportation des fèves du cacao ; les cacaoyers constituent, avec les girofliers et les hévéas, d'immenses plantations faisant du Brésil un des premiers producteurs mondiaux de cacao. Encore plus au sud, la zone littorale est couverte de plantations d'eucalyptus servant à la fabrication de cellulose et pâte à papier. Le Brésil est devenu l’un des premiers producteurs mondiaux de pâte d'eucalyptus blanchie et le secteur cellulose et pâte à papier, qui représente 6 p. 100 de la valeur de ses exportations, est en expansion.

Vers l'intérieur, les hauteurs de la serra do Espinhaço s'élèvent en de vigoureuses crêtes de quartzite redressées, entaillées par des vallées en gorges, constituant le château d'eau de la région. Au nord, elle prend le nom de chapada Diamentina, qui fut le centre d'une importante exploitation diamantifère dès le xviiie siècle, avant de devenir un centre d'écotourisme. L'élevage reste la grande activité de ces intérieurs où les villes nées des foires au bétail, comme Feira de Santana ou Vitória da Conquista, sont devenues de véritables centres régionaux. Vers l'ouest, au fur et à mesure de l'allongement de la saison sèche, les zones irriguées se multiplient, annonçant la transition vers l'écosystème du cerrado, sorte de savane arborée, domaine traditionnel d'un élevage ultra-extensif qui connaît une véritable révolution avec l'arrivée d'agriculteurs-migrants et la mise en place de systèmes de culture plus productifs. Ces dispositifs propulsent le centre-ouest du Brésil dans le cycle de l'agrobusiness (soja, maïs, coton) très compétitif.

La vallée du São Francisco, orientée sud-nord, forme l'axe structurant d'une vigoureuse politique de grands aménagements publics. Un équipement hydroélectrique, commencé dès les années 1950 avec les barrages de Três Marias (Minas Gerais) et de Paulo Afonso (Bahia), poursuivi dans les années 1970-1980 avec les barrages de Sobradinho, Itaparica, Xingo, permet l'approvisionnement de tout le Nordeste. Les 3 000 m3/sec du São Francisco sont aussi très convoités pour l'irrigation, permettant à des dizaines de milliers d'agriculteurs installés sur ses rives de produire des fruits de qualité ; l'eau du São Francisco est également convoitée pour pérenniser les cours d'eau intermittents du Sertão nord autour d'un grand projet d'infrastructure, contesté par la population des rivages, mais fortement soutenu par le président Lula.

Río São Francisco

Río São Francisco

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Cataractes de Paulo Afonso du río São Francisco, dans le petit État d'Alagoas au Brésil. 

Crédits : A. Gusmao/ TYBA/ Agencia Fotografica Ltda

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Le Brésil, puissance industrielle et commerciale émergente, est également un pionnier en matière d'environnement et de sauvegarde de la biodiversité. Il spécialise ses institutions, et sa participation dans les organismes internationaux s'amplifie tandis que sa primauté en Amérique du Sud se confirme. Privilégiant la négociation, le pays tente de faire entendre la voix intermédiaire d'une puissance régionale qui peut encore innover dans l'aménagement de son territoire.

—  Martine DROULERS

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  • Pierre RIVAS
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La littérature brésilienne naît de sa matrice portugaise, et une des questions est de savoir si elle en constitue un rameau jusqu'à l'indépendance du pays en 1822, ou si elle prend son autonomie avec la « découverte » de celui-ci en 1500. Le problème de la périodisation est un enjeu décisif de son identité où s'affrontent lectures […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/bresil-la-litterature/

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Pour citer l’article

Martine DROULERS, « BRÉSIL - Géographie », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 21 septembre 2018. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/bresil-geographie/