BEY

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Titre turc, signifiant seigneur, qui apparaît déjà, joint à divers noms, dans les inscriptions de l'Orkhon (viiie siècle) ; « bey » a un sens honorifique qu'il a d'ailleurs retrouvé à la fin de l'Empire ottoman comme équivalent de « monsieur ». Entre-temps, après l'entrée des Turcs dans le monde musulman, le mot beg est apparu chez les Seldjoukides comme équivalent de l'arabe amîr (émir, c'est-à-dire chef militaire) ; chez les Ottomans, il a été utilisé pour désigner des fonctions militaires ou civiles de différents niveaux (beylerbeyi, sandjak beyi) et a connu une certaine fortune en Afrique du Nord ottomane où le titre de bey fut porté par les chefs de l'armée ; en Tunisie, lorsque ces chefs de l'armée se sont emparés du pouvoir, ils ont conservé ce titre de bey comme équivalent du mot souverain. Au xixe siècle, il a été employé en Turquie, ajouté au prénom, pour qualifier des personnes d'un rang social ou politique élevé, puis a perdu cette utilisation privilégiée pour être appliqué à tous les individus, avec un sens voisin de « monsieur ». Interdit officiellement en 1934, bey a été remplacé par le mot bay, placé devant le nom de famille, mais l'emploi de bey n'a pas disparu de la langue parlée.

—  Robert MANTRAN

Écrit par :

  • : membre de l'Institut, professeur émérite à l'université de Provence-Aix-Marseille-I

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Pour citer l’article

Robert MANTRAN, « BEY », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 22 novembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/bey/