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BELGIQUE Histoire

Sous la domination espagnole

Peu avant sa mort (1594), Philippe II concéda la souveraineté sur les Pays-Bas (tant du Nord que du Sud) à sa fille Isabelle, qui épousa Albert d'Autriche. La soumission du Nord était évidemment une chimère et les archiducs régnèrent exclusivement sur le Sud. Toutefois, après un siège de quatre ans, le général Ambrogio Spinola reprit Ostende à la République. À l'initiative d'Albert, on engagea des pourparlers avec les Provinces-Unies, lesquels débouchèrent en 1609 sur la Trêve de douze ans qui reconnaissait de facto l'indépendance des Provinces-Unies. L'archiduc étant mort sans enfant en 1621, les Pays-Bas méridionaux tombèrent sous l'autorité directe de Madrid. En dépit des efforts de l'ambassadeur et peintre P. P. Rubens, la guerre reprit avec le Nord : elle devait durer jusqu'au traité de Westphalie (ou de Münster : 1648) qui scella l'abandon par l'Espagne de la Flandre zélandaise, du Brabant septentrional et de la majeure partie des pays d'outre-Meuse. À partir de 1635, gouvernés par de faibles favoris de Philippe III, les Pays-Bas du Sud furent impliqués quasiment en permanence dans des guerres avec la France dont ils constituaient le plus souvent le théâtre et au terme desquelles ils perdirent une part notable de leur territoire (quelque deux cinquièmes), surtout en Flandre et au Hainaut. Ils ne furent sauvés de l'annexion totale à la France que par les Provinces-Unies et l'Angleterre, qui ruinèrent le rêve de Louis XIV d'une frontière « naturelle » sur le Rhin. Les menaces françaises atteignirent leur paroxysme pendant la guerre de Succession d'Espagne (1702-1714). Le pays fut alors divisé en deux secteurs : le Nord et le Centre étaient sous gouvernement anglo-batave dont le siège était à Bruxelles ; à Namur régnait le gouverneur Maximilien-Emmanuel II de Bavière, simple pion entre les mains de Philippe V d'Espagne et de son grand-père Louis XIV. L'économie des Pays-Bas du Sud, qui avait connu un essor sans précédent au cours du xvie siècle, se retrouvait presque ruinée par des hostilités interminables. Du fait de la fermeture de l'Escaut au trafic maritime (1585), Anvers, qui s'était hissée au rang de centre du commerce international, voyait disparaître à la fois sa fonction portuaire et son hégémonie financière en Europe. Toutefois, la ville demeurait le principal centre de commerce des Pays-Bas méridionaux. La ville avait conservé de nombreuses relations familiales avec les Provinces-Unies. Elle disposait toujours d'un sérieux savoir-faire technique ; surtout, ses relations avec la péninsule Ibérique constituaient maintenant l'intermédiaire commercial entre les Hollandais d'une part, l'Espagne et le Portugal de l'autre. Anvers entretenait en même temps pour son propre compte avec l'Espagne un intense commerce de produits de luxe : tapisseries, diamants et pierres précieuses. Toutefois l'industrie y disparut, hormis la dentelle, en pleine expansion grâce à la mode et fabriquée par une main-d'œuvre féminine et rurale. Les campagnes eurent davantage à souffrir que les villes des mouvements de troupes et des pillages. La famine et la peste venaient ajouter encore à la détresse. Sous le gouvernement des archiducs, l'économie s'était quelque peu rétablie. Derrière les digues réparées, la plupart des fermes abandonnées avaient été à nouveau exploitées et l'industrie rurale s'était relevée (notamment l'industrie linière et la toilerie – linge fin – de Flandre). Mais le redressement ne fut pas durable, et la tendance à la baisse des prix agricoles dans la seconde moitié du xviie siècle entraîna de nouvelles difficultés. À la fin du xviie siècle, les hostilités ininterrompues provoquèrent un nouvel effondrement.[...]

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Écrit par

  • : docteur en droit, licencié en sciences politiques et diplomatiques

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

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Belgique, Antiquité

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Belgique, vers 1300

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La Flandre au XVI<sup>e</sup> siècle

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