BAMOUM

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Les Bamoum, qui vivent dans la région de Foumban (à l'ouest du Cameroun), ont un passé prestigieux. En témoigne le musée de Foumban qui contient dix-sept masques représentant les dix-sept souverains qui se sont succédé depuis le fondateur, Nacharé, venu du pays Tikar. Au xviiie siècle, les Bamoum ont une histoire assez complexe. Ils ont dû subir la pression des Peuls du massif d'Adamaoua, et leur indépendance, à partir du début du xixe siècle, devient précaire.

Mais les Bamoum sont surtout célèbres par le système d'écriture inventé par un de leurs sultans, Njoya, qui exerce le pouvoir de 1894 à 1932. C'est au début de son règne, avant l'arrivée des Allemands (1902), qu'il conçoit un alphabet de 510 lettres qui est remanié sept fois et réduit à 83 signes, dont 10 chiffres. Il projette d'installer une imprimerie, fait ouvrir des écoles et y impose son écriture. Il recueille lui-même les récits des vieillards et en tire un livre, l'Histoire des lois et coutumes des Bamoum. Hésitant entre l'islam et le protestantisme, il opte pour une religion syncrétiste. Il fait aussi rédiger toutes les recettes médicales de son peuple. Il ordonne la construction d'un moulin mécanique et son frère, Nji-Mama, dresse la carte du royaume.

L'art bamoum est également de qualité exceptionnelle (fonte à la cire perdue, broderie et décoration d'objets en perles) ; l'architecture aussi est remarquable par l'usage qu'elle fait des colonnes de bois sculptées en forme de caryatides. Sous Njoya, la technique du dessin au fusain est utilisée pour reproduire l'épopée de la dynastie et pour orner les ouvrages écrits par le sultan.

—  Alfred FIERRO

Écrit par :

  • : archiviste-paléographe, conservateur à la Bibliothèque nationale

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Pour citer l’article

Alfred FIERRO, « BAMOUM », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 20 mars 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/bamoum/