ARNOULT DE NIMÈGUE (1470 env.-env. 1540)

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Le nom sous lequel est le mieux connu en France le peintre verrier flamand Arndt Ortkens (Arnould de la Pointe) est Arnoult de Nimègue. Il est né à Nimègue et mort à Anvers. On ne sait rien de sa formation. Dans les dernières années du xve siècle, il travaille à Tournai, avec d'autres peintres verriers, à une série de vingt-deux vitraux relatifs à l'histoire de l'évêché. L'une des scènes porte la signature Arnt Nimegen. Dans les premières années du xvie siècle, Arnoult est à Rouen ; son nom apparaît à plusieurs reprises dans les archives et figure encore sur deux verrières rouennaises : à Saint-Romain et sur le célèbre Arbre de Jessé de Saint-Godard (1506). Il travaille alors pour diverses églises de la ville, en particulier pour Saint-Ouen, dont l'abbé, Antoine Bohier, pourrait être à l'origine de sa venue en France, et pour d'autres édifices normands (Fécamp, Conches, Notre-Dame du Grand-Andely). En 1513, il s'inscrit à la Guilde Saint-Luc d'Anvers avec le titre de Meester. Sa renommée lui valut la visite de Dürer en 1521 pendant le voyage de ce dernier aux Pays-Bas. On suit l'activité de son atelier jusqu'en 1531. De cette période, il ne reste que les vitraux des Grands Carmes d'Anvers, actuellement remontés à St. George's Hanover Square à Londres (Arbre de Jessé) et à la cathédrale de Lichfield (Dormition de la Vierge et La Fontaine de Miséricorde). Son style se caractérise par des visages au modelé subtil, l'emploi de la sanguine pure et surtout par l'utilisation très étendue de la grammaire décorative de la première Renaissance, apprise sur le chantier de Gaillon : Guichardin voit en lui « le plus grand imitateur des dessins d'Italie ». Son influence dans la peinture sur verre normande, particulièrement forte, se fait sentir pendant un demi-siècle. L'imitation des maîtres romains conduit, dans ses dernières œuvres (cathédrale de Lichfield), à un certain dessèchement de la forme et à un assombrissement de la tonalité.

—  Françoise PERROT

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Dans le chapitre « La Renaissance »  : […] n'ont pas été profondément modifiées, le vitrail connaît une période faste. Avant 1530, en Normandie, des maîtres comme Arnoult de Nimègue, d'origine hollandaise, qui travaille vers 1500 à la cathédrale de Tournai, imposent le style italianisant. À Beauvais, Engrand Leprince est un magnifique virtuose qui a parfaitement assimilé, et […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/vitrail/#i_45811

Pour citer l’article

Françoise PERROT, « ARNOULT DE NIMÈGUE (1470 env.-env. 1540) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 21 novembre 2018. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/arnoult-de-nimegue/