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ARBRE

Écologie

Arbre-bouteille - crédits : P. Jaccod/ De Agostini/ Getty Images

Arbre-bouteille

La répartition des arbres en altitude et en latitude est étroitement liée au climat. Dans les régions chaudes tropicales et subtropicales, les arbres poussent partout où la sécheresse de l'air et du sol ne les en empêche pas (bordures des déserts chauds). Les arbres des savanes et des caatingas se sont adaptés à ce milieu relativement sec ; ils possèdent un rhytidome très épais, des feuilles épaisses souvent recouvertes de cire, ou charnues, et leur tronc tortueux contraste avec le port élancé des arbres de la forêt dense. D'autres possèdent de véritables réserves d'eau dans leur tronc (arbres-bouteilles). Sur les montagnes et dans les régions froides du globe, c'est la température qui limite l'aire des arbres. De taille généralement faible, ils ont souvent de petites feuilles enroulées sur elles-mêmes (Éricacées). Une corrélation nette existe entre les limites altitudinales et latitudinales des arbres. Dans les régions tropicales, la forêt peut atteindre 4 000 m (Ruwenzori, Himalaya) ; dans les Alpes, elle ne dépasse guère 2 200 m ; dans les Carpates du Nord, 1 550 m ; et dans le centre de la Suède, 1 000 m. On sait que tout au Nord (Labrador, Laponie), même au niveau de la mer, elle cède la place à la toundra arctique. L'influence de la taille des massifs est également certaine ; plus la montagne est haute, plus la limite supérieure des arbres l'est. Ce phénomène se voit bien en Suisse : la forêt des Préalpes (Santis, Pilate) hautes de 2 000 à 2 500 m ne dépasse pas 1 650 m ; celle des Alpes (Valais, Bernina), qui culminent à plus de 4 000 m, atteint 2 500 m.

Toutes les familles ou espèces ligneuses ne sont pas également adaptées aux mêmes climats. Les aires des Palmiers (tropicaux), de Fagus et de Nothofagus (tempérés) et d'Alnus viridis (boréal) le montrent bien.

On remarquera que l'aulne vert se situe dans les Alpes à une altitude plus élevée que le hêtre, de même son aire générale est plus nordique.

D'autre part, les forêts se comportent tout autrement que de simples juxtapositions d'arbres. Leur feuillage crée un microclimat à périodicité régulière, tant par leur ombre que par l'intense évaporation due à sa formidable surface. Quand il tombe, formant la litière, il restitue au sol une quantité importante des éléments qu'y avait puisés l'arbre pour assurer sa croissance et il apporte des ions nouveaux grâce à l'assimilation chlorophyllienne.

Les arbres isolés, cependant, constituent une micro-formation qui n'est pas sans importance pour leurs voisins. Qu'un arbre vienne à s'installer dans un défrichement, il ne tarde pas à être entouré de tout un cortège de plantes de sous-bois, croissant grâce à son microclimat. C'est à un phénomène de cet ordre qu'est due la savane « à boqueteaux » de certaines régions tropicales, chaque bosquet ayant un arbre comme origine.

Les ensembles qui accompagnent les arbres comprennent aussi de nombreuses espèces épiphytes, parasites ou saprophytes. Les épiphytes y sont beaucoup plus rares que dans la forêt, à moins qu'ils ne soient aptes à supporter une sécheresse relative et une luminosité plus forte (Broméliacées). Les Cryptogames ne sont pas les mêmes. Dans une hêtraie humide de nos régions, on rencontrera sur le tronc des arbres peu de lichens (Sticta, Nephromium) et de nombreuses mousses et hépatiques (Isothecium, Orthotrichum, Tetraphis, Phagiochila, Radula, Metzgeria) ; des hêtres isolés porteront d'autres genres (Evernia, Xanthoria, Ramalina, Thuidium, Neckera, Barbula, Amblystegium, Lophocolea, Madotheca).

Signalons également que les arbres abritent toute une faune qui leur est propre. Sans parler des oiseaux, des adaptations précises permettent cet habitat à des mammifères (le rongeur Anomalurus à queue prenante ; l'écureuil volant,[...]

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Écrit par

  • : maître assistant à la faculté des sciences de Paris, secrétaire de la Société botanique de France

Classification

Pour citer cet article

Gérard CUSSET. ARBRE [en ligne]. In Encyclopædia Universalis. Disponible sur : (consulté le )

Médias

Formes arborescentes - crédits : Encyclopædia Universalis France

Formes arborescentes

Baobab - crédits : vil.sandi/ flickr ; CC-BY-ND

Baobab

Coupe d’un dicotylédone - crédits : magicinfoto/ Shutterstock

Coupe d’un dicotylédone

Autres références

  • AULNAIES

    • Écrit par Marcel BOURNÉRIAS
    • 2 226 mots
    • 1 média

    Il existe une quinzaine d'espèces d'aulnes. Ce sont des arbres ou arbustes des régions froides de l'Ancien et du Nouveau Monde, surtout de l'hémisphère Nord. Les peuplements denses de ces végétaux, ou aulnaies, occupent les sols humides ou frais, calcaires ou non. Les aulnaies forment des forêts...

  • BOIS

    • Écrit par Marie Elisabeth BORREDON, Édouard BOUREAU, Xavier DÉGLISE, Carlos VACA-GARCIA
    • 9 105 mots
    • 8 médias

    Le bois est un tissu végétal –  xylème – dont le rôle a toujours été capital dans l'histoire de l'humanité. C'est, dans la plante vivante, un tissu conducteur de sève brute, dont les membranes incrustées de lignine jouent un rôle de soutien. La lignine est, de toutes les substances que crée la vie,...

  • BOULEAU

    • Écrit par Pierre LIEUTAGHI
    • 459 mots

    Réunis autrefois sous le nom de « bouleau blanc » (Betula alba), le bouleau verruqueux (B. verrucosa Ehrh.) et le bouleau pubescent (B. pubescens Ehrh.), deux bétulacées, ont les mêmes emplois médicinaux : feuilles, jeunes pousses, jeune écorce et sève sont utilisées. Une résine, la bétuline...

  • BROUILLARDS

    • Écrit par Jean-Pierre CHALON
    • 4 273 mots
    • 3 médias
    ...brouillards représentent le principal apport d’humidité. Les textes du xvie siècle comme celui de Bartolomé de Las Casas font ainsi mention du Garoé, un arbre des îles Canaries exposé aux vents marins, encore appelé « arbre saint » ou « arbre fontaine », qui aurait été capable de capter un nombre suffisant...
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Voir aussi