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ARBRE

Développement et structure

Morphologie du développement

On connaît le mode de ramification des plantes herbacées dont les bourgeons axillaires se développent, assurant la ramification de l'herbe. Celle des végétaux ligneux est beaucoup plus complexe et aboutit à la création des silhouettes caractéristiques que nous avons décrites.

La forme « arbre »

Les arbres monocaules sont édifiés par le fonctionnement d'un méristème unique, généralement de grande taille (les bourgeons axillaires étant constamment inhibés), qui fonctionne régulièrement pendant la vie de l'arbre. Après une assez longue durée (plusieurs dizaines d'années parfois), il se transforme brusquement en une inflorescence terminale unique qui préludera généralement à la mort de l'arbre (Corypha par exemple). Parfois, cependant, cette transformation permettra le développement de bourgeons axillaires qui assureront la survie de l'arbre. Ce relais peut être pris par des bourgeons proches du sommet, comme chez Jatropha multifida (ramification sympodiale), ou par les bourgeons les plus basaux (cas des palmiers Raphia, Korthalsia, Plectocomia).

Les arbres monocaules à inflorescences latérales diffèrent des arbres ramifiés par la nature uniquement inflorescentielle des bourgeons axillaires.

Pour les arbres ramifiés, la morphogenèse suit des voies plus complexes. Pendant les premières années de son existence, la plante croît vigoureusement par son bourgeon apical, les bourgeons axillaires restant totalement inhibés. On a un état monocaule transitoire qui permet la formation d'un tronc, caractéristique de ce type biologique.

Dans un stade ultérieur, les derniers bourgeons axillaires parus prennent un faible développement. Cependant, ils n'ont pas une vigueur suffisante pour édifier de véritables rameaux latéraux et ne tardent pas à tomber. Entre la 5e et la 12e année, les bourgeons axillaires du scion terminal se développent vigoureusement, les plus près du sommet étant les plus longs. Ce phénomène se reproduira tous les ans sur l'axe principal de la plante et sur ses rameaux latéraux, construisant le système de branches d'ordre croissant.

Les branches latérales n'ont pas exactement la même structure que la pousse terminale. Cette dernière manifeste une symétrie radiale : elle est circulaire en section transversale, et ses appendices, feuilles et rameaux, sont de taille égale. Au contraire, les pousses latérales ont une symétrie bilatérale qui se traduit par la section transversale elliptique du rameau, et une différence de taille des feuilles, des bourgeons axillaires et des rameaux latéraux, selon que ces organes sont sur la face supérieure ou la face inférieure ; celle-ci étant toujours favorisée, il y a hypotonie. Cette hypotonie se montre nettement en période de repos végétatif, les bourgeons de la face regardant le sol sont les plus gros, et, au printemps, ce sont eux qui s'ouvriront les premiers.

En bref, la forme « arbre » (non monocaule) est caractérisée par son hypotonie et son acrotonie (dominance du bourgeon apical sur les bourgeons latéraux).

La forme « buisson »

Dès la première année, les bourgeons axillaires sont volumineux et fortement développés.

La deuxième année, tandis que le rameau terminal continue à s'allonger en formant sur ses côtés d'autres productions latérales, ces bourgeons se développent d'autant plus qu'ils sont plus loin du sommet du rameau principal. C'est donc à la base de la plante que la ramification est la plus active ; il y a basitonie. Ce processus se répétera chaque année sur chaque rameau.

En réalité, dans un assez grand nombre d'espèces, et notamment dans les « arbres » fruitiers européens, il y a une combinaison de basitonie et d'acrotonie. La jeune plante est basitone, mais rapidement la plupart de ses rameaux latéraux abandonnent leur port oblique et se[...]

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Écrit par

  • : maître assistant à la faculté des sciences de Paris, secrétaire de la Société botanique de France

Classification

Pour citer cet article

Gérard CUSSET. ARBRE [en ligne]. In Encyclopædia Universalis. Disponible sur : (consulté le )

Médias

Formes arborescentes - crédits : Encyclopædia Universalis France

Formes arborescentes

Baobab - crédits : vil.sandi/ flickr ; CC-BY-ND

Baobab

Coupe d’un dicotylédone - crédits : magicinfoto/ Shutterstock

Coupe d’un dicotylédone

Autres références

  • AULNAIES

    • Écrit par Marcel BOURNÉRIAS
    • 2 226 mots
    • 1 média

    Il existe une quinzaine d'espèces d'aulnes. Ce sont des arbres ou arbustes des régions froides de l'Ancien et du Nouveau Monde, surtout de l'hémisphère Nord. Les peuplements denses de ces végétaux, ou aulnaies, occupent les sols humides ou frais, calcaires ou non. Les aulnaies forment des forêts...

  • BOIS

    • Écrit par Marie Elisabeth BORREDON, Édouard BOUREAU, Xavier DÉGLISE, Carlos VACA-GARCIA
    • 9 105 mots
    • 8 médias

    Le bois est un tissu végétal –  xylème – dont le rôle a toujours été capital dans l'histoire de l'humanité. C'est, dans la plante vivante, un tissu conducteur de sève brute, dont les membranes incrustées de lignine jouent un rôle de soutien. La lignine est, de toutes les substances que crée la vie,...

  • BOULEAU

    • Écrit par Pierre LIEUTAGHI
    • 459 mots

    Réunis autrefois sous le nom de « bouleau blanc » (Betula alba), le bouleau verruqueux (B. verrucosa Ehrh.) et le bouleau pubescent (B. pubescens Ehrh.), deux bétulacées, ont les mêmes emplois médicinaux : feuilles, jeunes pousses, jeune écorce et sève sont utilisées. Une résine, la bétuline...

  • BROUILLARDS

    • Écrit par Jean-Pierre CHALON
    • 4 273 mots
    • 3 médias
    ...brouillards représentent le principal apport d’humidité. Les textes du xvie siècle comme celui de Bartolomé de Las Casas font ainsi mention du Garoé, un arbre des îles Canaries exposé aux vents marins, encore appelé « arbre saint » ou « arbre fontaine », qui aurait été capable de capter un nombre suffisant...
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Voir aussi