APANAGE

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Le déclin des apanages (XVIe-XIXe siècle)

Sous la monarchie dite absolue, des apanages continuèrent à être constitués en faveur des fils puînés des souverains, mais avec des pouvoirs sans cesse réduits. Avec des titres décoratifs, les princes apanagés recevaient des seigneuries rapportant de gros revenus, mais en général formées de terres dispersées, sur lesquelles le roi se réservait toutes les prérogatives essentielles de la souveraineté. Ainsi l'édit de mars 1661, constituant l'apanage d'Orléans pour Philippe, frère de Louis XIV, en fixait le statut par des clauses minutieuses et en référence à la « loi du royaume ». Au début de la Révolution, la Constituante et la Législative, par des lois de 1790 et 1791, réduisirent les apanages à des rentes ou pensions, selon le principe établi par la monarchie pour les princesses royales. La Convention les supprima avec la monarchie en 1792. Napoléon Ier, par le sénatus-consulte du 30 janvier 1810, à l'occasion de son mariage avec Marie-Louise, les rétablit selon les principes de 1790-1791. Sous la Restauration, des ordonnances de mai 1814 rendirent à la famille d'Orléans son ancien apanage, qui fut réuni à la Couronne le 2 mai 1832, à l'avènement de Louis-Philippe. Sous le règne de celui-ci, les apanages furent remplacés par des dotations attribuées aux fils du roi et constituées par les revenus de domaines considérables.

Les historiens discutent pour savoir si les apanages ont constitué, pour la monarchie française médiévale, un moyen de renforcer la Couronne en évitant les révoltes des fils puînés des monarques et en ménageant – comme le pensait déjà Mignet en 1839, dans son Essai sur la formation territoriale de la France – une transition entre les dominations féodales et l'administration royale dans une partie importante du royaume ; ou bien si, au contraire – comme l'estiment la plupart – ils n'ont pas été une survivance féodale qui a mis en péril l'intégrité du domaine royal et du royaume lui-même en minant la puissance de la monarchie.

Il semble qu'il faille distinguer une première période, jusqu'au début du xive sièc [...]

1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 6 pages

Écrit par :

Classification

Autres références

«  APANAGE  » est également traité dans :

ART DE COUR

  • Écrit par 
  • Philippe VERDIER
  •  • 4 811 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « L'art de cour en France à la fin du XIVe siècle et les grands apanages »  : […] Les inventaires de Charles V (3 900 objets), ainsi que le banquet de huit cents couverts offert en 1378 à Paris par Charles V à l'empereur Charles IV et que décrivent les Grandes Chroniques , donnent une image du luxe à la cour de France. Les seules épaves en sont la coupe d'or émaillée de la Vie de sainte Agnès au British Museum, le sceptre du sacre, qui illustre la légende de Charlemagne et dont […] Lire la suite

MONOPOLISATION PROCESSUS DE

  • Écrit par 
  • Christophe VOILLIOT
  •  • 981 mots

Dans son ouvrage Über den Prozess der Zivili s ation ( Sur le processus de civilisation ), paru initialement en 1939, le sociologue d’origine allemande Norbert Elias propose une analyse de la genèse de l’État à deux niveaux, sociogenèse et psychogenèse, mettant en évidence un processus de « conquête monopolistique » conduisant, dans une logique de concurrence pour les ressources, à la constitu […] Lire la suite

Pour citer l’article

Jacques LE GOFF, « APANAGE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 05 juillet 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/apanage/