ANNE STUART (1665-1714) reine de Grande-Bretagne (1702-1714)

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Reine de Grande-Bretagne et d'Irlande (1702-1714) née le 6 février 1665 à Londres, morte le 1er août 1714 à Londres. Dernier monarque de la dynastie des Stuart, elle aspire à régner de façon indépendante, mais ses limites intellectuelles et sa santé fragile la contraignent à s'appuyer sur ses ministres, qui dressent l'Angleterre contre la France et l'Espagne pendant la guerre de la Succession d'Espagne (1702-1714). Les vives rivalités entre whigs et tories qui marquent son règne sont intensifiées par l'incertitude qui prévaut autour de sa succession.

Anne Stuart est la deuxième fille de Jacques, duc d'York (Jacques II, 1685-1688), et d'Anne Hyde. Bien que son père soit catholique, elle reçoit une éducation protestante sur l'insistance de son oncle, le roi Charles II. En 1683, elle épouse le beau mais terne prince George de Danemark (1653-1708), qui devient son compagnon fidèle. La relation intime d'Anne Stuart et de son amie d'enfance Sarah Jennings Churchill, épouse de John Churchill (futur duc de Marlborough), a davantage de répercussions politiques. La belle et intelligente Sarah ne tarde pas à exercer une forte influence sur la reine.

Elle la convainc ainsi de s'allier au protestant Guillaume d'Orange, stathouder de Hollande, quand celui-ci renverse Jacques II en 1688. Par la Déclaration des droits (Bills of Rights, 1689), Guillaume III et son épouse Marie II, sœur aînée d'Anne, deviennent roi et reine d'Angleterre et Anne héritière potentielle du trône. Anne et Marie se brouillent et, si Guillaume cultive l'amitié d'Anne après la mort de la reine en 1694, il refuse de la nommer régente pendant ses absences d'Angleterre.

Malgré dix-huit grossesses de 1683 à 1700, Anne ne donne naissance qu'à cinq enfants vivants, dont un seul, un fils, survit à la petite enfance. La mort de ce dernier, en 1700, met un terme aux espoirs d'Anne d'avoir une descendance et d'offrir un successeur aux trois couronnes (Angleterre, Écosse et Irlande). Elle accepte donc l'Acte d'établissement de 1701, qui impose un souverain protestant et désigne à sa succession les descendants hanovriens du roi Jacques Ier d'Angleterre par la fille de ce dernier, Élisabeth.

Anne accède au trône à la mort de Guillaume en mars 1702. Elle est d'abord animée par une profonde dévotion à l'Église anglicane. Elle déteste les catholiques et les dissidents, et sympathise avec des tories de la haute Église. Dans le même temps, elle cherche à s'affranchir de la domination des partis politiques. Son premier gouvernement, bien qu'à prédominance tory, est dirigé par deux hommes neutres, Sidney Godolphin et le duc de Marlborough. L'influence de Sarah Churchill (à présent duchesse de Marlborough) sur Anne décline après 1703, mais le duc demeure commandant des forces britanniques.

Anne ne tarde pas à découvrir que sa vision de la stratégie militaire diffère de celle des tories. La reine, Marlborough et les whigs veulent engager l'armée anglaise dans des campagnes sur le continent, alors que les tories estiment que l'Angleterre doit se concentrer sur les batailles navales. Marlborough accumulant les victoires impressionnantes sur le continent, Anne subit des pressions pour nommer des whigs au sein de son gouvernement. Elle résiste avec obstination et en vient même à tourner le dos à la duchesse, qui épouse la cause des politiciens whigs. En 1707, celle-ci est supplantée dans les faveurs de la reine par Abigail Masham, instrument du leader des tories Robert Harley (futur comte d'Oxford). Mais les projets d'Harley et de Masham sont si gênants pour Anne qu'en 1708 elle est contrainte de renvoyer Harley et d'admettre les whigs les plus éminents dans son gouvernement. Alors que la guerre s'éternise, le pays se retourne contre les whigs. En 1710, Anne peut les renvoyer et nommer un gouvernement tory. Elle renvoie les deux Marlborough en 1711.

L'âge avancé de la reine et ses infirmités rendent la question de la succession pressante. Les tories sont en communication constante avec le demi-frère catholique d'Anne, Jacques, le vieux prétendant en exil, évincé de la succession. Mais la soudaineté de la maladie et de la mort d'Anne met à mal les projets des tories de placer Jacques sur le trône. Le dernier geste d'Anne est d'assurer la succession protestante en donnant la charge de lord trésorier à Charles Talbot, duc de Shrewsbury. Ce [...]

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Pour citer l’article

« ANNE STUART (1665-1714) - reine de Grande-Bretagne (1702-1714) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 21 mai 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/anne-stuart/