ANGLAIS (ART ET CULTURE)Peinture

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Tendances récentes de l'historiographie

On constate, depuis la fin des années 1960, un développement de plus en plus accru des études consacrées à l'art britannique et particulièrement à la peinture et aux arts graphiques anglais. Les travaux universitaires, les expositions accompagnées de catalogues érudits, mais plus généralement les publications destinées à un lectorat élargi se sont, en trente ans, multipliés, pour faire de ce domaine un champ historiographique particulièrement riche et divers, beaucoup moins uniforme, en tout cas, que son équivalent français.

Un cadre institutionnel original

Une première cause est à rechercher dans la création ou le renforcement d'institutions spécifiquement orientées vers ce type d'études. L'existence de riches collections en Grande-Bretagne et aux États-Unis présentait, en elle-même, un terrain favorable. Il a fallu, pour le faire fructifier au-delà des simples travaux de routine, l'impulsion représentée par l'ouverture de nouvelles galeries, l'arrivée d'une jeune génération de conservateurs et le renforcement des liens traditionnellement étroits dans les pays anglo-saxons entre l'Université, le commerce et les musées.

C'est la Tate Gallery, à Londres, (musée consacré à l'art britannique et l'art du xxe siècle) que le mouvement s'est fait le plus sentir, notamment après l'ouverture, en 1987, de la Clore Gallery, nouvelle aile entièrement dévolue à la présentation du legs du peintre Turner, que ce soit dans des salles permanentes ou par le biais d'expositions temporaires. La création de bourses d'études « en résidence » pour des personnalités extérieures au musée, chargées d'étudier tel ou tel aspect des collections et de présenter ensuite leurs recherches, a évité à l'institution de s'enfermer dans une perspective trop muséale. Les grandes rétrospectives, monographiques ou non, organisées par le même musée ont joué dans un sens identique, mais en s'ouvrant aux quatre derniers siècles, des Tudor à l'époque contemporaine, s'appuyant parfois sur la publication des catalogues raisonnés des collections, sources fondamentales pour l'histoire de la peinture anglaise (Manners and Morals. Hogarth and British Painting 1700-1760, 1987). Notons à ce sujet que d'autres musées se sont lancés dans un travail de fond analogue, comme le Victoria and Albert Museum ou la Lady Lever Art Gallery de Port Sunlight (qui possèdent des collections essentielles de la peinture victorienne) ou, aux États-Unis, la National Gallery of Art de Washington et le Philadelphia Museum of Art. Le dédoublement de la Tate Gallery sur deux emplacements en 2000 augmente cette volonté de mettre l'art anglais en valeur. Le site traditionnel du musée, celui de Millbank, renommé Tate Britain est en effet totalement dévolu aux artistes britanniques, peintres et sculpteurs. La création, en 1998, de postes de conservateurs spécialisés dans la peinture anglaise va dans une direction analogue.

Une seconde institution a joué un rôle également capital, le Yale Centre for British Art et son équivalent londonien, le Paul Mellon Centre for Studies in British Art. Tous deux, créés autour de 1970, sont la conséquence de la générosité du célèbre amateur Paul Mellon, ardent défenseur de l'art britannique, qui a donné une partie de ses collections à la Yale University, permettant ainsi la création, en terre américaine, d'un superbe musée uniquement consacré à la peinture anglaise, et évidemment très lié à la communauté universitaire environnante. Le volontarisme du centre ainsi créé, utilement relayé par des presses universitaires fort actives, a fédéré les énergies. Un programme fut alors établi, à peu près mené à bien, qui se donnait comme priorité la publication des catalogues raisonnés de l'œuvre de Blake, de Constable et de Turner, ainsi que celle du journal manuscrit de Joseph Farington, paysagiste qui joua un rôle important au sein de la Royal Academy, source capitale pour la connaissance des artistes britanniques entre 1790 et 1820.

Livres et idées

On a souligné plus haut l'importance de la publication de catalogues raisonnés consacrés soit à des collections particulièrement représentatives, soit à des artistes majeurs. Petit à petit, les vides les plus apparents ont été comblés, y compris par le biais de rétrospectives monographiques, souvent fort minutieuses, qui suppléent l'absence d'ouvrages de référence récents ou plus complets (par exemple dans le cas de [...]

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Le «Téméraire» remorqué à son dernier mouillage, J. M. W. Turner

Le «Téméraire» remorqué à son dernier mouillage, J. M. W. Turner
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La Marche sur Finchley, W. Hogarth

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Le Bois de Cornard, T. Gainsborough

Le Bois de Cornard, T. Gainsborough
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Marie II Stuart, P. Lely

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Écrit par :

  • : professeur à l'université de Clermont-Ferrand-II-Blaise-Pascal
  • : ancien élève de l'École normale supérieure, professeur à l'université de Paris-IV-Sorbonne

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Pour citer l’article

Jacques CARRÉ, Barthélémy JOBERT, « ANGLAIS (ART ET CULTURE) - Peinture », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 13 août 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/anglais-art-et-culture-peinture/