PELVIENNE ANATOMIE

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Chez les Vertébrés supérieurs, la région pelvienne occupe la partie caudale du tronc. Elle comprend un ensemble d'éléments viscéraux, vasculaires, nerveux, musculaires et aponévrotiques contenus dans une loge osseuse, le bassin. La station érigée, associée à la locomotion bipède, modifie considérablement la forme, l'orientation et le volume du bassin humain. Son développement transversal, sa forme cylindrique sont bien différents de l'aspect allongé, rétréci en entonnoir du bassin des animaux, y compris les singes anthropoïdes. Divers accidents de l'os iliaque, très apparents, sont des caractéristiques humaines : l'épine sciatique, l'aspect coudé de la grande échancrure sciatique, la largeur de la crête iliaque, l'hypertrophie de l'épine iliaque antéro-inférieure, etc.

La partie inférieure du bassin humain a une capacité suffisante pour loger aisément de nombreux viscères : la vessie, le rectum, l'utérus non gravide, etc., éléments qui sont partiellement en situation abdominale chez les autres Mammifères.

Les éléments ostéomusculaires

Le bassin osseux, paroi de la cavité pelvienne

Le bassin humain dessine un anneau irrégulier, formé de quatre pièces osseuses : les deux os iliaques, volumineux et symétriques, constituent la paroi antérieure et latérale du bassin tandis que la paroi postérieure est formée par le sacrum et un petit élément atrophique sous-jacent, le coccyx. D'aspect massif, robuste, le bassin assure par des articulations peu mobiles l'étroite solidarité de ses trois pièces majeures : les os iliaques s'unissent en avant par la symphyse du pubis ; le sacrum s'encastre en arrière dans les os iliaques par les deux articulations sacro-iliaques.

Bassin osseux

Diaporama : Bassin osseux

Le bassin. Vue antérieure et vue postérieure. 

Crédits : Encyclopædia Universalis France

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Une ligne circulaire échancrée en arrière, la crête du détroit supérieur, subdivise le bassin en deux étages. Elle longe le bord supérieur de la symphyse pubienne, croise en diagonale la face interne de l'os iliaque, suit le bord antérieur de l'aileron sacré et se confond avec la forte saillie du disque lombo-sacré, appelée promontoire. La partie supérieure, ou grand bassin, comprend l'aile iliaque et l'aileron du sacrum. Elle forme la fosse iliaque interne, partie intégrante de la cavité abdominale. La partie inférieure, ou petit bassin, constitue la paroi osseuse de la cavité pelvienne. Cette paroi est très étroite en avant, où elle correspond à la face postérieure, convexe, de la symphyse pubienne et des pubis ; ceux-ci divergent fortement en bas, en profonde échancrure pubienne. Latéralement, la paroi est formée par la face interne des branches ischio-pubiennes formant le cadre osseux qui entoure un très vaste orifice ovalaire, le trou ischio-pubien, dit obturateur ; en arrière de cet orifice, la paroi s'élargit en une surface quadrilatère correspondant au fond de la cavité cotyloïde. Du côté dorsal, la paroi, triangulaire, est constituée par la face antérieure, concave, du sacrum et du coccyx. Une vaste échancrure, dite sciatique, sépare le bord postérieur de l'os iliaque et le bord latéral du sacrum. Une forte saillie, l'épine sciatique, la partage en grande échancrure sciatique, supérieure, et petite échancrure sciatique, inférieure. Le bassin humain joue un important rôle à la fois statique et dynamique. Il est le support de la colonne vertébrale qui lui transmet le poids de la tête, des membres supérieurs et de la partie sus-jacente du tronc. L'élément clef de cette fonction est l'articulation sacro-lombaire ; elle unit la cinquième vertèbre lombaire (L5) à la base du sacrum par des apophyses articulaires bien emboîtées et un volumineux disque lombo-sacré. Cette articulation est disposée en plan incliné, ce qui peut amener dans certains cas (spondylolisthésis) le glissement en avant du corps vertébral L5. Le bassin donne attache aux membres inférieurs, par des énarthroses, les articulations coxofémorales, qui permettent différents mouvements de bascule du bassin autour des membres inférieurs supposés fixes : en avant, l'antéversion ; en arrière, la rétroversion ; enfin, des mouvements latéraux. Un des traits les plus marquants du bassin humain est son orientation autour d'un axe passant par les deux hanches : c'est l'antéversion, dont l'importance est liée au degré de la lordose lombaire ; elle s'atténue en station assise et s'exagère en position debout.

Le petit bassin montre enfin une différenciation sexuelle très accusée : il est plus grand et plus incurvé chez la femme, et l'antéversion est souvent plus marquée. Il s'agit d'une adaptation à la fonction de gestation. Les obstétriciens ont étudié en détail les deux orifices, supérieur et inférieur, du petit bassin, appelés détroits. Ils conditionnent en effet la plus ou moins grande facilité du passage de l'enfant à l'accouchement.

L'orifice supérieur, qui correspond au détroit supérieur, s'ouvre largement dans la cavité abdominale ; il regarde franchement en avant. Le diamètre sagittal atteint 11 cm. La diamètre transverse maximal est de 13,5 cm. Le détroit inférieur est plus petit ; il figure un losange très incomplet, délimité en avant par le bord inférieur des branches ischio-pubiennes, et en arrière par la pointe du coccyx. Le plus grand diamètre, transversal, atteint 12,5 cm ; il traduit l'important écartement, chez la femme, des tubérosités ischiatiques. Le détroit inférieur est obturé par les éléments du périnée.

On peut mesurer les diamètres du détroit supérieur par un technique radiographique, la radiopelvimétrie ; on peut l'utiliser en fin de gestation lorsqu'on suspecte un bassin rétréci, rendant l'accouchement difficile.

Éléments fibreux et musculaires tapissant le petit bassin

Un système fibreux très développé oblitère en grande partie les orifices. La membrane obturatrice s'insère au pourtour du trou ischio-pubien ; elle ne laisse libre que la partie supérieure de l'orifice et délimite ainsi une fente, le canal sous-pubien, qui livre passage au pédicule vasculo-nerveux obturateur. Les ligaments sacro-sciatiques cloisonnent l'échancrure sciatique ; ils unissent le bord latéral du sacrum et du coccyx au bord postérieur de l'os iliaque. Le grand ligament, très épais, presque vertical, se fixe en bas sur la tubérosité de l'ischion. Le petit ligament, transversal, croise en dedans la direction du grand ligament, auquel il adhère ; il s'insère sur l'épine sciatique. Ces éléments fibreux délimitent deux orifices inégaux.

Bassin osseux

Diaporama : Bassin osseux

Le bassin. Vue antérieure et vue postérieure. 

Crédits : Encyclopædia Universalis France

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Deux muscles épais matelassent la paroi latérale du petit bassin. Le muscle obturateur interne tapisse en presque totalité la face interne des branches ischio-pubiennes et la membrane obturatrice ; ses fibres radiées convergent vers la petite échancrure sciatique, où le muscle se réfléchit. Le muscle pyramidal du bassin, plus postérieur, s'attache sur le sacrum entre les trous sacrés antérieurs ; cette lame charnue épaisse se dirige en dehors, [...]

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Bassin osseux

Bassin osseux
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Diaphragme pelvien de l'homme

Diaphragme pelvien de l'homme
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Loge périnéale

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Petit bassin féminin

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Claude GILLOT, « PELVIENNE ANATOMIE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 01 décembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/anatomie-pelvienne/