GAZ ANALYSE DES

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Étant donné les propriétés spécifiques des gaz, les techniques mises au point pour les analyser se différencient nettement des méthodes de la chimie analytique classique.

De très nombreuses fabrications chimiques, et notamment les grandes synthèses industrielles, font intervenir des gaz dont il est nécessaire de connaître la composition par analyse ; celle-ci permettra de suivre l'évolution des réactions et d'en déterminer les rendements, puis d'examiner le degré de pureté des gaz préparés.

En outre, toute usine comporte une centrale de vapeur dont la conduite, étant donné le souci d'économiser le combustible (charbon, fuel ou gaz naturel), a soulevé depuis longtemps le problème du contrôle de la combustion : d'où un grand nombre de méthodes et d'appareils dont l'évolution est parallèle à celle de l'analyse des gaz ; les techniques, d'abord manuelles et discontinues, sont devenues plus tard semi-continues (ou séquentielles) et automatiques, puis, de plus en plus, continues et automatiques ; les méthodes automatiques, dont les résultats peuvent être enregistrés continûment, ont alors permis le réglage, puis l'automatisation des procédés qu'elles sont destinées à contrôler. Le développement considérable de l'analyse instrumentale qui en a résulté n'a pas éliminé complètement l'emploi d'appareils manuels, notamment pour les contrôles volants et pour l'étalonnage des appareils automatiques.

À côté des analyses courantes, d'autres, plus délicates, sont apparues nécessaires. L'emploi des catalyseurs exige l'élimination de composés, qui, même à l'état de traces, jouent le rôle de « poisons » ; il s'agit alors de doser de très faibles teneurs en un composé nocif. Un problème analogue résulte du développement de l'hygiène industrielle, où l'on tente d'améliorer les conditions de travail et de lutter contre les nuisances, donc contre la pollution.

L'accroissement de la sensibilité de très nombreuses techniques permet souvent d'étendre les méthodes classiques à des dosages de traces dans des gaz dont on peut prélever des volumes suffisants ; par contre, les microdosages, portant sur de très faibles échantillons de gaz, mettront en œuvre, en général, des procédés particuliers.

Ajoutons que l'analyse des gaz, qui joue donc un rôle essentiel en chimie industrielle, intervient également en métallurgie (pour le dosage des gaz dans les métaux), en toxicologie, en physiologie, en biologie, en géochimie, en volcanologie et même en cosmochimie, pour la détermination de la composition des atmosphères planétaires.

Historique et évolution de la gazométrie

Jusqu'à la fin du xviie siècle, on ne se préoccupait pas de recueillir les gaz qui se produisaient au cours des réactions chimiques. Tous les gaz étaient alors confondus avec l'air, l'un des quatre éléments des alchimistes. Ceux-ci imaginaient-ils qu'il puisse exister d'autres fluides aériformes que l'air ? L'Anglais Robert Boyle (1627-1691), qui, indépendamment de Edme Mariotte (1620 env.-1684), a découvert la loi de compression isotherme des gaz et a effectué certains de ses essais sur de l'hydrogène préparé en tant que fluide aériforme, ne semble nullement s'être soucié de sa nature ni avoir cherché à le comparer à l'air.

Pourtant, en 1674, l'Anglais John Mayow (1641-1679), qui étudia la respiration, avait peine à croire que le gaz obtenu par action de l'huile de vitriol sur des globules de fer soit de l'air véritable. Mais Mayow mourut quelques années plus tard, et certains auteurs estiment que cette mort prématurée a retardé de cent ans l'avènement de la chimie moderne.

Les difficultés inhérentes à la manipulation des gaz, et notamment à leur récolte, expliquent ce retard.

C'est apparemment le dioxyde de carbone que l'on considéra en premier comme un fluide distinct de l'air, et ce serait pour le désigner que Johannes Baptista van Helmont (1579-1644) aurait utilisé le mot « gaz », dérivant du mot flamand gest, qui signifie esprit. Après van Helmont, qui recueillait le gaz dans une vessie adaptée au col du matras dans lequel se produisait le dégagement gazeux, divers expérimentateurs perfectionnent cette façon d'opérer, mais c'est l'Anglais [...]

1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 11 pages

La suite de cet article est accessible aux abonnés

  • Des contenus variés, complets et fiables
  • Accessible sur tous les écrans
  • Pas de publicité

Découvrez nos offres

Déjà abonné ? Se connecter

Médias

Stephen Hales

Stephen Hales
Crédits : Science & Society Picture Library/ Getty Images

photographie

John Dalton

John Dalton
Crédits : Rischgitz/ Hulton Archive/ Getty Images

photographie

Robert Bunsen

Robert Bunsen
Crédits : SSPL/ Getty Images

photographie

Identification

Identification
Crédits : Encyclopædia Universalis France

tableau

Afficher les 9 médias de l'article

Écrit par :

  • : ingénieur de l'École supérieure de physique et chimie industrielles, professeur honoraire de l'université de Paris-XI

Classification

Autres références

«  GAZ ANALYSE DES  » est également traité dans :

CHROMATOGRAPHIE

  • Écrit par 
  • Robert ROSSET, 
  • Louis SAVIDAN, 
  • Alain TCHAPLA
  •  • 16 961 mots
  •  • 8 médias

Dans le chapitre « Appareillage de chromatographie gazeuse utilisé pour la C.G.S.-C.G.L.-chromatographie capillaire à fluide supercritique »  : […] Dans la technique la plus ancienne, les colonnes analytiques remplies sont des tubes en métal (acier le plus souvent) ou en verre de quelques millimètres de diamètre (de 2 à 6 mm) pour une longueur de 0,5 à 5 m, enroulés en spires, afin de limiter l'encombrement. La capacité d'une telle colonne, c'est-à-dire la quantité de substance qu'elle peut traiter, avec un bon facteur de séparation, est de l […] Lire la suite

PNEUMATIQUE CHIMIE

  • Écrit par 
  • Pierre LASZLO
  •  • 1 052 mots

L'expression chimie pneumatique, loin de désigner une doctrine établie, se rapporte à une période de l'histoire de la chimie, qui prend place dans la seconde moitié du xviii e  siècle. L'étude de divers gaz obligea de renoncer à l'ancienne doctrine, héritée de la scolastique, des quatre éléments, terre, air, eau et feu. La chimie pneumatique – celle des transformations chimiques au sein de mélang […] Lire la suite

PRIESTLEY JOSEPH (1733-1804)

  • Écrit par 
  • Pierre MOYEN
  •  • 908 mots

Chimiste anglais, théologien, chef principal (avec Theophilus Lindsey), du mouvement des unitariens ou antitrinitaires, pédagogue et théoricien politique, né à Birstall Fieldhead (près de Leeds) et mort à Northumberland en Pennsylvanie Joseph Priestley était le fils d'un tailleur calviniste qui, d'esprit ouvert, le laissa se préparer au pastorat chez les dissidents. Priestley apprit alors l'hébreu […] Lire la suite

Voir aussi

Les derniers événements

2-18 juin 2013 Syrie. Chute de Qoussair et confirmation de l'utilisation d'armes chimiques par le régime

Le 4, sur la foi des résultats de l'analyse des échantillons rapportés de Syrie, en mai, par des journalistes du Monde, le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius déclare que « la France a désormais la certitude que le gaz sarin a été utilisé en Syrie à plusieurs reprises et de façon localisée ». Londres affirme être parvenu à la même conclusion. […] Lire la suite

Pour citer l’article

Henri GUÉRIN, « GAZ ANALYSE DES », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 02 février 2023. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/analyse-des-gaz/