ALEXANDRE IAROSLAVITCH NEVSKI (1220-1263)

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Fils de Iaroslav Vsevolodovitch, prince héréditaire de Pereïslav-Zalesski — au nord de Moscou —, le jeune Alexandre apparaît d'abord comme le brillant second de son père, devenu grand-prince de Vladimir. Il se voit confier notamment la fonction de prince de Novgorod au moment où les territoires russes occidentaux sont assaillis par leurs voisins : Suédois, chevaliers Teutoniques, tribus lituaniennes. Les premiers sont défaits, le 15 juillet 1240, sur les bords de la Neva (c'est lors de cette victoire que le prince reçoit son surnom : Alexandre de la Neva) ; les deuxièmes, le 5 avril 1242, sur les eaux glacées du lac Peïpous, enfin les Lituaniens, en 1245, près de Vitebsk. La victoire de 1242 sur les chevaliers Teutoniques est considérée comme décisive, car elle semble arrêter définitivement la poussée germanique vers l'est (Drang nach Osten) et décider ainsi de la suprématie russe sur les peuples slaves, suprématie qui va s'affirmer au siècle suivant, au détriment de l'Occident.

La mort de son père (1246) amène Alexandre à s'intéresser à l'ensemble de la Russie, tout en continuant d'ailleurs à veiller à la sécurité des frontières occidentales. Après plusieurs années d'intrigues à Saraï, auprès de la Horde d'Or, et même à Qaraqorum, la capitale de l'Empire mongol (Alexandre s'y est rendu en 1247), il obtient du khān d'être investi grand-prince de Vladimir (1252). La fidélité inconditionnelle envers les Tatars devient alors la ligne politique directrice d'Alexandre : il n'hésite pas à faire intervenir les troupes mongoles contre l'un de ses frères, André (1252), à réprimer des mouvements antitatars à Novgorod (1257, 1259), cherchant toujours avec les dirigeants de la Horde d'or la voie de la conciliation. C'est précisément peu après avoir su éviter une expédition punitive contre la Russie qu'Alexandre meurt en chemin, revenant de Saraï.

Ses victoires militaires valurent à Alexandre Nevski une certaine popularité qu'atteste sa première Vie, rédigée probablement par un témoin oculaire des combats. Cette popularité explique la canonisation du prince (1547). La translation de ses reliques à Saint-Pétersbourg (1723-1724) en fit l'un des héros nationaux de la Russie impériale. Sa mémoire fut de nouveau évoquée à la veille de la Seconde Guerre mondiale, comme en témoigne le film de S. M. Eisenstein, Alexandre Nevski (1938).

—  Wladimir VODOFF

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Wladimir VODOFF, « ALEXANDRE IAROSLAVITCH NEVSKI (1220-1263) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 19 avril 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/alexandre-iaroslavitch-nevski/