BROGLIE ALBERT duc de (1821-1901)

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Fils de Victor de Broglie, qui fut président du Conseil sous Louis-Philippe, Albert de Broglie est monarchiste par tradition ; son action politique répond parfaitement à cette définition : « L'orléanisme, ce n'est pas un parti, c'est un état d'esprit. » Il entre dans la diplomatie, puis démissionne en 1848 et vit retiré sur ses terres sous le second Empire. Il est, de 1871 à 1876, représentant de l'Eure à l'Assemblée nationale. Ambassadeur à Londres de 1871 à 1872, il doit abandonner le poste à la suite de critiques relatives à la négociation d'un traité de commerce avec l'Angleterre ; il devient alors le chef de la majorité opposée à Thiers. Il est l'instigateur de la loi du 13 mars 1873, appelée « Constitution de Broglie » (la monarchie sans le roi), instituée contre les interventions personnelles de Thiers ; son art et sa faiblesse seront de conduire une coalition qui élit, en mai 1874, le maréchal Mac-Mahon à la présidence de la République. La restauration monarchique se révélant impossible après le refus du comte de Chambord d'adopter le drapeau tricolore, la loi du 20 novembre 1873 fixe la durée du mandat présidentiel à sept ans. Depuis le 25 mai, il assumait la direction du cabinet en plus du portefeuille des Affaires étrangères. Jusqu'au 18 mai 1874, il est le chef d'un gouvernement « d'ordre moral ». Il doit faire face à l'opposition des légitimistes et des bonapartistes. Son projet de grand conseil provoque la coalition de l'extrême droite et de la gauche. En 1876, le duc de Broglie est élu sénateur de l'Eure. Le 16 mai 1877, la crise éclate et Broglie se fait, au Sénat, le défenseur de l'équilibre des pouvoirs entre exécutif et législatif, contre la tendance républicaine qui fait du gouvernement l'émanation de la Chambre et concrétise l'effacement du président de la République. Après la démission de Jules Simon, il accepte de former un nouveau cabinet dans lequel il prend le portefeuille de la Justice. Trois cent soixante-trois députés républicains votent à la Chambre contre ce « ministère du 16-Mai » présenté par un message présidentiel dans lequel Mac Mahon revendiquait le droit de choisir ses ministres. Après avis conforme du Sénat, Mac-Mahon prononce la dissolution de la Chambre le 25 juin. Celle qui est élue en novembre garde une majorité républicaine et Broglie doit démissionner le 19. Il demeure sénateur jusqu'en 1885 avant de se retirer de la vie politique. Il a publié des ouvrages historiques (Frédéric II et Marie-Thérèse, 1882 ; Maurice de Saxe, 1891 ; Mémoires de Talleyrand, 1891) et des Mémoires.

—  Armel MARIN

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  • : metteur en scène, conseiller en éducation populaire et techniques d'expression

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Pour citer l’article

Armel MARIN, « BROGLIE ALBERT duc de (1821-1901) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 18 février 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/albert-broglie/