3. De l'Allemagne aux États-Unis
En 1928, Gropius s'installe à Berlin pour se consacrer à son étude des méthodes de rationalisation de l'industrie de la construction. Inspiré par les édifices en hauteur qu'il étudie au cours d'un voyage aux États-Unis, il accorde une importance grandissante à l'immeuble d'appartements. Cette nouvelle approche prend forme dans la conception des projets d'habitation de Spandau-Haselhorst (1929) et de Siemensstadt (1929-1930), pour lesquels il intervient à la fois comme urbaniste et comme architecte. Ces recherches font l'objet de réflexions théoriques et programmatiques présentées au deuxième Congrès international d'architecture moderne (C.I.A.M.) en 1930 : des « immeubles lamelliformes », constructions étroites de huit à dix étages orientées en fonction du soleil. Gropius participe sans succès à de nombreux concours d'édifices publics en Allemagne et à l'étranger, parmi lesquels les concours pour le palais des Soviets (1931) et pour la Reichsbank (1933). Mais la détérioration de la situation économique et politique, le pousse à quitter l'Allemagne. Il s'établit en Angleterre en 1934, où il publie The New Architecture and the Bauhaus (1935). S'associant à l'architecte Maxwell Fry, il conçoit plusieurs projets, dont seul le centre communautaire pour Impington sera réalisé (1936).
Sollicité pour occuper un poste de professeur à la Graduate School of Design de Harvard, Gropius choisit, en 1937, de poursuivre sa carrière aux États-Unis. Devenu directeur de l'école d'architecture en 1938, il y enseigne jusqu'en 1952, mettant l'accent sur la « conception collective » et la recherche d'un « langage visuel » commun. Mais la migration de l'Europe vers l'Amérique ne se fait pas sans heurt. Sa défense de la révolution architecturale apportée par le Bauhaus, que l'on commence alors à appeler le Style international, ne sera pas toujours bien reçue par les architectes américains. Rejetant cette architecture qu'il juge contraire aux aspirations de l'homme, Frank Lloyd Wright lui oppos […]
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