Le traitement automatique des langues (T.A.L.) est un domaine de recherches pluridisciplinaire, qui fait collaborer linguistes, informaticiens, logiciens, psychologues, documentalistes, lexicographes ou traducteurs, et qui appartient au domaine de l'Intelligence artificielle (I.A.). On dispose d'automates qui jouent aux échecs, ou conduisent des véhicules, aussi bien, voire mieux, que l'homme. Mais l'automatisation des activités langagières « intelligentes » n'est pas effective aujourd'hui – et sans doute pas réalisable – à 100 p. 100. Certaines tâches bien délimitées mettant en jeu le langage peuvent donner lieu à des programmes satisfaisants, mais dans la plupart des cas l'obtention d'une qualité identique à celle de l'humain nécessite une intervention humaine en amont (préédition, simplification, etc.) ou en aval (postcorrection).
Le T.A.L. est aussi une réalité socio-économique, avec des entreprises et des produits spécialisés : correcteurs d'orthographe, logiciels de traduction, de dictée vocale... pour ne citer que les produits « grand public ». On estimait en 1994 le chiffre d'affaires en produits et services T.A.L. (au sens strict) à 75 millions de dollars aux États-Unis et 100 millions de francs en France, ce qui est encore peu, comparé au marché de la traduction humaine par exemple (1,2 milliard de francs pour la France à la même époque). Avec l'informatisation croissante des activités, les domaines d'applications du T.A.L. ne cessent de croître, même si sa part est variable selon les activités : faible pour les voitures « parlantes » ou les renseignements à voix synthétique, moyenne pour les programmes de traitement de textes à correcteur incorporé, importante pour les applications plus « intelligentes » comme la traduction ou le résumé automatiques.
1. Un domaine de recherches pluridisciplinaire
• Bref historique
Le T.A.L. au sens strict est récent, et contemporain de l'avènement des ordinateurs. Entendu au sens large comme simulation des activités langagières (parler, comprendre, l […]
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