Les sciences cognitives ont pour objet de décrire, d'expliquer et le cas échéant de simuler voire d'amplifier les principales dispositions et capacités de l'esprit humain – langage, raisonnement, perception, coordination motrice, planification, décision, émotion, conscience, culture... En un sens, les sciences cognitives ne sont rien d'autre que la psychologie scientifique. Mais c'est une psychologie immensément étendue, à la fois dans son objet et dans ses méthodes : d'une part, les facultés mentales de l'être humain adulte et normal ne sont désormais qu'un cas important dans une famille de cas dont on ne peut pas le dissocier, ceux des humains à la naissance et en développement, celui des humains affectés par un déficit, une lésion ou une maladie, celui des animaux ; d'autre part, la nouvelle psychologie fait appel aux sciences de l'information, aux neurosciences, à la théorie de l'évolution, à la linguistique, à la philosophie et à différents secteurs des sciences sociales.
Dès leur émergence, au cours des années 1950, les sciences cognitives se sont pensées comme un faisceau de programmes de recherche relevant de différentes disciplines. Nées dans un contexte scientifique fortement marqué par la naissance de l’i nformatique et le développement des notions et des techniques de traitement formel de l’information, elles sont désormais étroitement liées aux neurosciences. Ce qui assure, par-delà les différences d'époque et d'école, la cohérence du domaine, ce sont, à la fois, une pratique et des paradigmes (exemples caractéristiques), des références théoriques et méthodologiques partagées, et un petit nombre d’idées-forces ou d’hypothèses fondamentales concernant la nature profonde de leur objet d’étude et la manière de le mettre au jour.
Au sein des disciplines dont elles relèvent, ce sont ces paradigmes, concepts et hypothèses qui les distinguent d'autres traditions, et qui dans le même temps les rassemblent par-delà les divisions disciplinaires. Pourtant, elles posent dan […]
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