La découverte par René Joffroy de la tombe princière de Vix (Côte-d'Or), dans l'hiver 1952-1953, marque un tournant dans notre connaissance du premier Âge du fer dans l'Europe tempérée, la période qu'on appelle hallstattienne d'après le site de Hallstatt (Alpes du Salzkammergut autrichien). Elle reste une des deux seules tombes de ce type retrouvées intactes, qui permettent donc une approche des mentalités et des rites, tels que les révèle un mobilier funéraire particulièrement riche et complexe. C'est dans les années suivantes qu'ont été définis les caractères particuliers de cette période dans ce qu'on a appelé le « domaine hallstattien occidental », de l'Autriche de l'Ouest à la Bourgogne incluses, surtout du milieu du vie siècle au milieu du ve siècle avant J.-C. C'est à ce moment que les relations avec la Méditerranée, dont la tombe de Vix reste l'illustration la plus impressionnante, jouent un rôle essentiel dans l'évolution même du monde hallstattien.
1. La tombe et son mobilier
On savait que le mont Lassois, sur la commune de Vix, près de Châtillon-sur-Seine, avait été occupé et fortifié dans la dernière période du premier Âge du fer ; sous le second Empire, deux tombes, partiellement pillées, sur la commune voisine de Sainte-Colombe, avaient déjà livré des restes de chars et d'objets riches, bijoux d'or dans l'une, bassin de bronze à protomés de griffons sur trépied de fer et de bronze dans l'autre. Mais la tombe de Vix est d'une richesse beaucoup plus grande (voir plan). La défunte y était couchée dans la caisse d'un char, dont les roues, démontées, étaient appuyées contre une paroi. Du côté opposé, un grand cratère, le plus grand vase de bronze antique qui nous soit parvenu, était accompagné d'une cruche de bronze étrusque, de deux coupes en céramique attiques et d'une phiale en argent. S'y ajoutent trois bassins de bronze, reconnus dès le début, de même que la cruche, comme des produits étrusques. La parure de la morte comportait des fibules et un collier de fabrication locale, entrant bien dans […]
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