5. La tombe de Vix et la fin des résidences princières
En 1960, François Villard pensait que l'abandon du mont Lassois coïncidait avec la fin de la première période de prospérité de Marseille, vers 500 ou peu après. Les choses semblent aujourd'hui plus complexes. Marseille continue à envoyer des amphores vers le Nord jusqu'après le milieu du ve siècle, alors que la fin du mont Lassois, au plus tard vers 480, est brutale et totale, la région active étant désormais, en France, la Champagne. Mais, à l'est du Rhin, au début du second Âge du fer (La Tène I A des spécialistes), aux tombes princières à char à quatre roues succèdent, sur les mêmes sites, des tombes à char à deux roues, très riches encore, et montrant la continuité des rapports avec l'Italie. La tombe de Vix est la tombe hallstattienne la plus récente à l'ouest du Rhin. On retrouve une parure très voisine dans une tombe des environs d'Auxerre, à Gurgy : certains objets sont si proches que les deux tombes sont certainement contemporaines. Mais la tombe de Gurgy est une incinération, dans un vase de métal. C'est un rite totalement différent, qui est attesté un certain temps ensuite, jusqu'à Bourges au moins, et dont les origines, comme celles des vases où sont déposées les cendres, renvoient à l'Italie du Nord.
Ce n'est pas le moindre des problèmes posés par la tombe de Vix ; il touche aux modalités mêmes de l'effondrement de la puissance des princes du mont Lassois, même si, comme il semble, la tombe est un peu antérieure à l'abandon du site lui-même. La plus riche des tombes du premier Âge du fer a été mise en place alors que, pas très loin de là, on adoptait un rite nouveau, entièrement différent.
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