2. Voie du Rhône ou voies des Alpes ?
Très vite présentée par le fouilleur dans un article assez bref où il insistait sur les objets les plus importants, la tombe a donné lieu à une immense littérature. Deux points ont été immédiatement discutés : l'origine du cratère et les voies d'acheminement des objets méditerranéens.
Sur le premier point, les trois hypothèses qui ont encore des partisans ont été vite définies : pour les uns, le cratère vient de Laconie, d'autres l'attribuent à Corinthe, d'autres encore pensent qu'il a été fait en Grande-Grèce ; dans ce cas, on a envisagé Reggio, Tarente, Paestum ou Sybaris. C'est en tout cas un objet grec, et non étrusque comme on l'avait envisagé un instant.
Sur la question des voies, les archéologues et historiens spécialistes de la Méditerranée ont dès le début insisté sur le rôle de Marseille, fondée vers 600 avant J.-C., et dont la première grande période de prospérité, de 540 au début du ve siècle, coïncide avec celle du mont Lassois ; ce point a été souligné en 1960 par François Villard. Mais, à cette date, on n'avait trouvé aucun objet grec entre Marseille et Châlon-sur-Saône, alors qu'on avait sur le Plateau suisse et dans le Jura des objets grecs et étrusques ; les protohistoriens privilégiaient donc les voies des Alpes et du Jura, en insistant sur les importations étrusques, négligées par les partisans de Marseille. Aujourd'hui, les trouvailles récentes permettent d'affirmer que la voie du Rhône et celles des Alpes ont fonctionné en même temps, à peu près du milieu du vie siècle au milieu du ve. Jérôme Carcopino puis François Villard soulignaient que la principale raison de cet intérêt des Grecs de Marseille pour la zone du mont Lassois devait être la recherche de l'étain, produit à peu près exclusivement de l'embouchure de la Loire aux îles Scilly (ex-Cassitérides), à la pointe de la Cornouailles. L'étain, absent en Méditerranée, est un composant du bronze, alliage nécessaire, dans les techniques grecques et étrusques, à la fabrication de to […]
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