Accueil - Boutique - Contact - Assistance
Zone de recherche

Altas Auteurs Recherche thématique Dictionnaire
 

SORCELLERIE

Page précédente Page suivante
Sorcellerie

Fait de civilisation trop souvent dissocié de ce qui le sous-tend, la sorcellerie est mise en œuvre de croyances, de techniques et d'arts magiques, dont la faible plasticité et la reproduction inchangée depuis des siècles attestent la permanence de certaines modalités du fonctionnement de l'esprit humain. Européenne ou exotique, elle se laisse analyser, à partir de situations assez bien typées et facilement répertoriées, en des termes qui permettent de l'identifier, au niveau de ses implications sociales comme à celui de ses manifestations mentales, à un système où les silences et les sorts, la parole et le pouvoir, la force et la mort entretiennent d'étroits rapports. Les nombreux travaux d'ethnologie et d'histoire que le phénomène de sorcellerie a suscités n'ont cependant pas levé toutes les difficultés qui s'attachent aussi bien à sa définition qu'à son explication.

1.  Les sociétés traditionnelles

Il est courant en Afrique d'acheter à un envoûteur une protection magique, par exemple pour éloigner les voleurs de son champ. Quand on a dérobé un bien à quelqu'un, celui-ci va trouver le jeteur de sorts : le voleur inconnu sera gravement frappé s'il ne restitue pas le bien au plus vite. Dans les îles Trobriand (Mélanésie), les chefs de tribus ont fréquemment recours aux envoûteurs contre les sujets rebelles à leur autorité. Ces pratiques sont légitimes. La sorcellerie, en revanche, fait essentiellement appel au mal. Par principe, dès qu'il s'agit de sorcellerie, le malheur est tenu pour injuste. La distance qui sépare les sorciers des magiciens est souvent difficile à fixer ; une différence fondamentale les distingue néanmoins : les seconds pourraient avoir une certaine justification ; les autres n'en ont pas.

  La croyance aux sorciers

Les Zandé du sud-ouest du Soudan, étudiés par sir E. E. Evans-Pritchard, croient que la sorcellerie, entendue comme pouvoir de nuire aux autres sans support matériel, est en quelque sorte une substance que recèle le corps de certains individus. […]

… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 7 pages… Offre essai 7 jours

Thématique

Classification thématique de cet article :

Retour en haut

Autres références

« SORCELLERIE » est également traité dans :

AMÉRINDIENS - Amérique centrale

Écrit par :  Georgette SOUSTELLE Universalis

Dans le chapitre "Maladie et sorcellerie"  : …  contre toutes ces actions magiques, les Indiens utilisent les services de différentes sortes de *sorciers, de guérisseurs ou de prêtres. Le sorcier appelé auprès d'un malade procède d'abord au « lavage pour les mauvais airs », souvent avec un œuf ou une poule noire. Si le sorcier déclare qu'une substance étrangère a été introduite dans le corps… Lire la suite
AMÉRIQUE LATINE - Les religions afro-américaines

Écrit par :  Roger BASTIDE

Dans le chapitre "Variété des cultes"  : …  les mains des obiaman, qui peuvent faire le bien comme le mal (confection de charmes). *Les sorciers (wisiman) transforment les âmes des morts en esclaves soumis à leur volonté et les font travailler pour répandre la maladie et la mort. Mais, chez les Bosh, comme en Afrique, la religion colore toute l'activité humaine :… Lire la suite
BANTOU

Écrit par :  Luc de HEUSCH

Dans le chapitre "Systèmes magico-religieux"  : …  Une* racine bantoue commune (-dog) désigne le sorcier malfaisant ou son action nocive, socialement condamnée, qu'elle s'exerce inconsciemment ou consciemment, par envie ou par haine. Partout dans le monde bantou, un homme se dresse pour enrayer ces maléfices : le terme qui le désigne remonte à une autre racine bantoue commune : n-gangaLire la suite
CANNIBALISME

Écrit par :  Nicole SINDZINGREBernard THIS

Dans le chapitre "Le cannibalisme et l'imaginaire"  : …  ce mécanisme joue aussi à l'intérieur d'une même société. Ainsi, en Afrique, les accusations de *sorcellerie s'énoncent constamment en termes d'atteintes au corps humain : le sorcier « mange » la chair de ses victimes, « boit » leur sang ou les mutile en leur enlevant un membre ou un organe. C'est souvent par de telles imputations que l'on… Lire la suite
CERTEAU MICHEL DE (1925-1986)

Écrit par :  Dominique JULIAClaude RABANT

Dans le chapitre "Une pensée de la marge : possédés et mystiques"  : …  On ne s'étonnera pas, dès lors, que Michel de Certeau se soit particulièrement atta*ché aux aventures singulières –  sorcelleries, possessions, parcours mystiques – qui témoignent d'un tel surgissement et désignent, par une « émigration de l'intérieur », les glissements de faille par lesquels l'histoire est poussée en avant, mais aussi incarnent les… Lire la suite
CHAMANISME

Écrit par :  Roberte Nicole HAMAYON

Dans le chapitre "Principes similaires, expressions diverses"  : …  le retour de la contrepartie, elle est le plus souvent ambivalente (conjuguant cure et guerre ou *sorcellerie, bonne pour les uns, mauvaise pour les autres, ou bonne et mauvaise alternativement), elle peut aussi n'être que bienfaisante, mais elle est alors en opposition complémentaire avec une fonction malfaisante exercée par des spécialistes… Lire la suite
CORPS - Données anthropologiques

Écrit par :  Nicole SINDZINGRE

Dans le chapitre "Corps et maladie"  : …  cadres sociaux traditionnels auraient pu canaliser, notamment par des interprétations en termes de *sorcellerie ou d'agression magique de la part d'autrui. Lorsque se sont désagrégés ou ont disparu ces cadres, qui n'étaient pas médiatisés seulement par la parole, il semble qu'il n'y ait plus place que pour un langage « anarchique » du corps, jusqu'… Lire la suite
DOBU

Écrit par :  Joël DUSUZEAU

… *Peuple mélanésien habitant quelques îles volcaniques de l'archipel d'Entrecasteaux, situé au large de la pointe sud-est de la Nouvelle-Guinée et au sud de la région connue sous le nom de Massim. Les familles conjugales, appartenant à des unités villageoises exogames et pratiquant la culture des ignames sur brûlis forestier, résident habituellement… Lire la suite
ETHNOLOGIE - Ethnologie religieuse

Écrit par :  Roger BASTIDE

Dans le chapitre "La recherche des informateurs"  : …  il inclure dans l'enquête religieuse le domaine de la magie, et plus particulièrement celui de la *sorcellerie ? En général, les indigènes distinguent bien le religieux du magique. Il n'en reste pas moins que ces deux phénomènes constituent les deux pôles, sinistres et lumineux, du sacré, et que la distinction entre eux est plus de tendance que… Lire la suite
HYSTÉRIE

Écrit par :  Thérèse LEMPÉRIÈRE

Dans le chapitre "Diversité des symptômes"  : …  qui sévit en Allemagne à la fin du Moyen Âge, les sabbats de sorcières relatés dans les procès de *sorcellerie, les scènes d'hystérie convulsive autour du baquet de Mesmer ou sur la tombe du diacre Pâris au cloître Saint-Médard, les conversions épidémiques du revivalisme sont autant d'exemples de cette hystérie convulsionnaire épidémique dont la… Lire la suite
INITIATION

Écrit par :  Roger BASTIDE

Dans le chapitre "Les initiations magiques"  : …  L'initiation magique vise à compléter (au cas où le futur *sorcier aurait déjà manifesté au préalable ses aptitudes par des névroses ou des comportements bizarres) ou bien à provoquer (s'il s'agit d'un individu apparemment normal) une personnalité aberrante, non point soumise à la condition humaine, mais au contraire s'en échappant pour obtenir des… Lire la suite
MAGIE

Écrit par :  René ALLEAURoger BASTIDE

Dans le chapitre "Le fonctionnalisme et le structuralisme"  : …  ou pratiques magiques, en particulier de la jalousie, de la vengeance, du désir du pouvoir. La *sorcellerie est la projection ou l'expression dans l'imaginaire de désirs défendus par les coutumes traditionnelles ; et ce n'est pas impunément que, pour les primitifs, on peut être sorcier sans le savoir, tout simplement parce que chacun a des… Lire la suite
MANDRAGORE

Écrit par :  Pierre LIEUTAGHI

… *Les constituants de la mandragore (Mandragora officinarum L. ; solanacées) la rapprochent beaucoup des solanacées dites vireuses (belladone, jusquiame, stramoine). Comme ces dernières, la mandragore renferme le trio d'alcaloïdes, atropine, hyoscyamine, hyoscine, auxquels s'adjoignent diverses autres substances, surtout dans la racine.… Lire la suite
MANDROU ROBERT (1921-1984)

Écrit par :  Hervé KEMPF

…  des sociétés. Cette recherche de « psychologie historique », Robert Mandrou va la continuer dans *Magistrats et sorciers, sa thèse publiée en 1968. Le livre analyse avec précision comment les magistrats français du xviie siècle sont passés à l'égard de la sorcellerie d'une attitude très répressive à un refus de… Lire la suite
MANUS

Écrit par :  Joël DUSUZEAU

… *L'un des trois groupes ethniques habitant les îles de l'Amirauté, situées au nord-est de la Nouvelle-Guinée, en Mélanésie, et faisant partie de la Papouasie - Nouvelle-Guinée. Parmi ces trois groupes, seuls les Manus forment un groupe linguistique homogène. Ils habitent une dizaine de villages construits sur pilotis dans des lagons avoisinant la… Lire la suite
MASQUES - Le masque en Amérique

Écrit par :  Christian DUVERGER

Dans le chapitre "Ethnologie du masque en Amérique"  : …  qui sculptera le masque de l'esprit en question et le portera pour accomplir la cure chamanique.* Le sorcier, « l'homme-médecine », choisit un arbre – un peuplier, un érable ou un tilleul – et, sans l'abattre, taille le masque à même le bois vif. Au cours de l'ébauche, il adresse au masque des prières et des offrandes de tabac ; lorsque les… Lire la suite
MICHELET JULES (1798-1874)

Écrit par :  Paul VIALLANEIX

Dans le chapitre "La prédication républicaine"  : …  dans La Sorcière (1862). Avec une audace qui fit scandale, il analysa la fonction salutaire que la *sorcellerie avait exercée dans la culture médiévale. Il loua la « belle dame » d'avoir servi la nature sous le nom de Satan, d'avoir préféré l'élan dionysiaque du sabbat aux cérémonies de l'Église, l'école buissonnière au savoir officiel… Lire la suite
OSTRACISME

Écrit par :  Pierre BOUDOT

Dans le chapitre "Le rôle de la raison"  : …  échappe à la décision fixiste, est dès lors lui-même ostracisé au même titre que le réel-autre dans lequel il vit. C'est de cette manière que s'est le plus souvent posé le problème de l'alchimie et de la *sorcellerie, et il est important de remarquer que, de nos jours, pas une seule des étapes historiques de l'ostracisme n'a perdu de son actualité… Lire la suite
PERSONNE

Écrit par :  Henry DUMÉRYNicole SINDZINGRE

Dans le chapitre "Personne et structure sociale"  : …  physiologiquement et localisable, par exemple dans un organe du corps humain, le pouvoir de *sorcellerie peut en cela constituer un élément de la personne, mais à la différence des composantes et attributs qu'on vient d'évoquer, il n'est évidemment pas partagé par tous et constitue un facteur de différenciation des personnes. Ce pouvoir peut… Lire la suite
POSSESSION

Écrit par :  Michel de CERTEAUAndré PAULNicole SINDZINGRE

Dans le chapitre "L'Occident moderne"  : …  moderne et se relaient, alors même que bien des traités anciens les associent, voire les confondent.* La sorcellerie (les épidémies de sorciers et de sorcières) vient d'abord. Elle s'étend du dernier quart du xvie siècle (1570, Danemark ; 1575-1590, Lorraine ; etc.) au premier tiers du xviie (1625 en… Lire la suite
RAIS, RAYS ou RETZ GILLES DE (1404-1440)

Écrit par :  Pierre-Robert LECLERCQ

… *Arrière-petit-neveu de Du Guesclin, fils de Marie de Craon et de Guy de Laval de Blaison, Gilles de Rais appartient à l'une des plus hautes et des plus influentes familles du début du xve siècle. Orphelin à onze ans, il est élevé par son grand-père Jean de Craon, qui ne réfrène aucune des passions de l'enfant et lui enseigne au… Lire la suite
RITES

Écrit par :  Jean CAZENEUVE

Dans le chapitre "La magie"  : …  comportements, ses vêtements, ses agissements font aussi de lui un individu à part. La magie et la *sorcellerie utilisent toutes sortes d'objets impurs et répugnants, tels que les ossements des cadavres, le sang menstruel. Le rituel magique est fait d'une accumulation de recettes bizarres. Le symbolisme permet d'aiguiller la puissance numineuse… Lire la suite
SATAN

Écrit par :  Hervé ROUSSEAU

Dans le chapitre "Fluctuations d'une croyance"  : …  un phénomène collectif où la croyance en Satan atteignit des proportions fantastiques : la *sorcellerie fut prise au sérieux ; on admit ses pouvoirs comme étant réels (envoûtements, capacités physiques supranormales, sabbats) et comme provenant de Satan. On crut à une sorte de Contre-Église des sorciers, fondée sur un pacte avec Satan à un… Lire la suite
LA SORCIÈRE, livre de Jules Michelet

Écrit par :  Guy BELZANE

Dans le chapitre "Le grand roman de la sorcellerie"  : …  *L'ouvrage se compose de deux parties comprenant chacune douze chapitres. Adoptant une approche et un style plus littéraires que véritablement historiques, Michelet retrace, à la manière d'un roman ou d'une tragédie, l'histoire d'une sorcière imaginaire, victime des pouvoirs qui asservissent le peuple (dont elle apparaît à la fois comme le porte-… Lire la suite

Afficher la liste complète (24 références)

Retour en haut

Médias

Médias de cet article dans l'Encyclopædia Universalis :

Sorcellerie Le Sabbat des sorcières, F. Goya

Retour en haut

Voir aussi

Retour en haut

Accueil - Contact - À propos
Consulter les articles d'Encyclopædia Universalis : 0-9 A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z
Consulter les articles d'Encyclopædia Britannica.
© 2012, Encyclopædia Universalis France S.A. Tous droits de propriété industrielle et intellectuelle réservés.

chargement du média