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SORCELLERIE

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2.  La sorcellerie en Europe

  La peur brûlée

La constatation d'un fait majeur s'impose d'emblée : l'étude, l'interprétation, la compréhension de la sorcellerie européenne ont été profondément marquées par la répression dont celle-ci a été l'objet, du début du xvie siècle jusqu'à la seconde moitié du xviie siècle. La chasse aux sorcières constitue, en effet, pour la pensée rationaliste, un problème que Lucien Febvre, dans un article important pour l'historiographie du sujet, a posé en ces termes : « Sorcellerie, sottise ou révolution mentale ? » Recourant massivement aux archives judiciaires, Robert Mandrou, puis Robert Muchembled, le premier pour la France, le second pour les Pays-Bas et d'autres pays d'Europe, ont apporté à cette question une réponse globale. Selon eux, les épidémies de sorcellerie sont l'indice d'une mutation sociale, les procès de sorcellerie un moyen de dérivation, la chasse aux sorcières une parade ; dans la société des xvie et xviie siècles, ébranlée par les révoltes du quatrième état et travaillée par les ambitions de la bourgeoisie enrichie, le sorcier est devenu un bouc émissaire.

Comme tel, il a d'abord été désigné par l'Église, avant même que n'éclate la Réforme, mais c'est bien sur un fond de troubles, de désordres, de mouvements hétérodoxes que paraît en 1486, directement inspiré par la bulle Summis desiderantes affectibus d'Innocent VIII, le Malleus maleficarum. Ses auteurs, les inquisiteurs Henry Institoris et Jacques Sprenger, ont le sentiment de vivre la désintégration d'un monde. Dans l'étude qui précède sa traduction du Marteau des sorcières, Amand Danet a bien montré comment la lecture cosmologique, attentive aux désordre et au mal du monde, fait progressivement place, chez les inquisiteurs, à une lecture démonologique centrée sur le maléfice, puis anthropologique et sexologique, accablant la femme, accusée d'être la complice de Satan. La théologie s'est muée en une idéologie amalgamant hérésie et folie, délire de l'esprit et frénésie sexuelle. La femme-au-diable est née, le modèle démonologique inventé, aussitôt pris en charge par l'imprimerie […]

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Dans le chapitre "Maladie et sorcellerie"  : …  contre toutes ces actions magiques, les Indiens utilisent les services de différentes sortes de *sorciers, de guérisseurs ou de prêtres. Le sorcier appelé auprès d'un malade procède d'abord au « lavage pour les mauvais airs », souvent avec un œuf ou une poule noire. Si le sorcier déclare qu'une substance étrangère a été introduite dans le corps… Lire la suite
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CERTEAU MICHEL DE (1925-1986)

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CHAMANISME

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CORPS - Données anthropologiques

Écrit par :  Nicole SINDZINGRE

Dans le chapitre "Corps et maladie"  : …  cadres sociaux traditionnels auraient pu canaliser, notamment par des interprétations en termes de *sorcellerie ou d'agression magique de la part d'autrui. Lorsque se sont désagrégés ou ont disparu ces cadres, qui n'étaient pas médiatisés seulement par la parole, il semble qu'il n'y ait plus place que pour un langage « anarchique » du corps, jusqu'… Lire la suite
DOBU

Écrit par :  Joël DUSUZEAU

… *Peuple mélanésien habitant quelques îles volcaniques de l'archipel d'Entrecasteaux, situé au large de la pointe sud-est de la Nouvelle-Guinée et au sud de la région connue sous le nom de Massim. Les familles conjugales, appartenant à des unités villageoises exogames et pratiquant la culture des ignames sur brûlis forestier, résident habituellement… Lire la suite
ETHNOLOGIE - Ethnologie religieuse

Écrit par :  Roger BASTIDE

Dans le chapitre "La recherche des informateurs"  : …  il inclure dans l'enquête religieuse le domaine de la magie, et plus particulièrement celui de la *sorcellerie ? En général, les indigènes distinguent bien le religieux du magique. Il n'en reste pas moins que ces deux phénomènes constituent les deux pôles, sinistres et lumineux, du sacré, et que la distinction entre eux est plus de tendance que… Lire la suite
HYSTÉRIE

Écrit par :  Thérèse LEMPÉRIÈRE

Dans le chapitre "Diversité des symptômes"  : …  qui sévit en Allemagne à la fin du Moyen Âge, les sabbats de sorcières relatés dans les procès de *sorcellerie, les scènes d'hystérie convulsive autour du baquet de Mesmer ou sur la tombe du diacre Pâris au cloître Saint-Médard, les conversions épidémiques du revivalisme sont autant d'exemples de cette hystérie convulsionnaire épidémique dont la… Lire la suite
INITIATION

Écrit par :  Roger BASTIDE

Dans le chapitre "Les initiations magiques"  : …  L'initiation magique vise à compléter (au cas où le futur *sorcier aurait déjà manifesté au préalable ses aptitudes par des névroses ou des comportements bizarres) ou bien à provoquer (s'il s'agit d'un individu apparemment normal) une personnalité aberrante, non point soumise à la condition humaine, mais au contraire s'en échappant pour obtenir des… Lire la suite
MAGIE

Écrit par :  René ALLEAURoger BASTIDE

Dans le chapitre "Le fonctionnalisme et le structuralisme"  : …  ou pratiques magiques, en particulier de la jalousie, de la vengeance, du désir du pouvoir. La *sorcellerie est la projection ou l'expression dans l'imaginaire de désirs défendus par les coutumes traditionnelles ; et ce n'est pas impunément que, pour les primitifs, on peut être sorcier sans le savoir, tout simplement parce que chacun a des… Lire la suite
MANDRAGORE

Écrit par :  Pierre LIEUTAGHI

… *Les constituants de la mandragore (Mandragora officinarum L. ; solanacées) la rapprochent beaucoup des solanacées dites vireuses (belladone, jusquiame, stramoine). Comme ces dernières, la mandragore renferme le trio d'alcaloïdes, atropine, hyoscyamine, hyoscine, auxquels s'adjoignent diverses autres substances, surtout dans la racine.… Lire la suite
MANDROU ROBERT (1921-1984)

Écrit par :  Hervé KEMPF

…  des sociétés. Cette recherche de « psychologie historique », Robert Mandrou va la continuer dans *Magistrats et sorciers, sa thèse publiée en 1968. Le livre analyse avec précision comment les magistrats français du xviie siècle sont passés à l'égard de la sorcellerie d'une attitude très répressive à un refus de… Lire la suite
MANUS

Écrit par :  Joël DUSUZEAU

… *L'un des trois groupes ethniques habitant les îles de l'Amirauté, situées au nord-est de la Nouvelle-Guinée, en Mélanésie, et faisant partie de la Papouasie - Nouvelle-Guinée. Parmi ces trois groupes, seuls les Manus forment un groupe linguistique homogène. Ils habitent une dizaine de villages construits sur pilotis dans des lagons avoisinant la… Lire la suite
MASQUES - Le masque en Amérique

Écrit par :  Christian DUVERGER

Dans le chapitre "Ethnologie du masque en Amérique"  : …  qui sculptera le masque de l'esprit en question et le portera pour accomplir la cure chamanique.* Le sorcier, « l'homme-médecine », choisit un arbre – un peuplier, un érable ou un tilleul – et, sans l'abattre, taille le masque à même le bois vif. Au cours de l'ébauche, il adresse au masque des prières et des offrandes de tabac ; lorsque les… Lire la suite
MICHELET JULES (1798-1874)

Écrit par :  Paul VIALLANEIX

Dans le chapitre "La prédication républicaine"  : …  dans La Sorcière (1862). Avec une audace qui fit scandale, il analysa la fonction salutaire que la *sorcellerie avait exercée dans la culture médiévale. Il loua la « belle dame » d'avoir servi la nature sous le nom de Satan, d'avoir préféré l'élan dionysiaque du sabbat aux cérémonies de l'Église, l'école buissonnière au savoir officiel… Lire la suite
OSTRACISME

Écrit par :  Pierre BOUDOT

Dans le chapitre "Le rôle de la raison"  : …  échappe à la décision fixiste, est dès lors lui-même ostracisé au même titre que le réel-autre dans lequel il vit. C'est de cette manière que s'est le plus souvent posé le problème de l'alchimie et de la *sorcellerie, et il est important de remarquer que, de nos jours, pas une seule des étapes historiques de l'ostracisme n'a perdu de son actualité… Lire la suite
PERSONNE

Écrit par :  Henry DUMÉRYNicole SINDZINGRE

Dans le chapitre "Personne et structure sociale"  : …  physiologiquement et localisable, par exemple dans un organe du corps humain, le pouvoir de *sorcellerie peut en cela constituer un élément de la personne, mais à la différence des composantes et attributs qu'on vient d'évoquer, il n'est évidemment pas partagé par tous et constitue un facteur de différenciation des personnes. Ce pouvoir peut… Lire la suite
POSSESSION

Écrit par :  Michel de CERTEAUAndré PAULNicole SINDZINGRE

Dans le chapitre "L'Occident moderne"  : …  moderne et se relaient, alors même que bien des traités anciens les associent, voire les confondent.* La sorcellerie (les épidémies de sorciers et de sorcières) vient d'abord. Elle s'étend du dernier quart du xvie siècle (1570, Danemark ; 1575-1590, Lorraine ; etc.) au premier tiers du xviie (1625 en… Lire la suite
RAIS, RAYS ou RETZ GILLES DE (1404-1440)

Écrit par :  Pierre-Robert LECLERCQ

… *Arrière-petit-neveu de Du Guesclin, fils de Marie de Craon et de Guy de Laval de Blaison, Gilles de Rais appartient à l'une des plus hautes et des plus influentes familles du début du xve siècle. Orphelin à onze ans, il est élevé par son grand-père Jean de Craon, qui ne réfrène aucune des passions de l'enfant et lui enseigne au… Lire la suite
RITES

Écrit par :  Jean CAZENEUVE

Dans le chapitre "La magie"  : …  comportements, ses vêtements, ses agissements font aussi de lui un individu à part. La magie et la *sorcellerie utilisent toutes sortes d'objets impurs et répugnants, tels que les ossements des cadavres, le sang menstruel. Le rituel magique est fait d'une accumulation de recettes bizarres. Le symbolisme permet d'aiguiller la puissance numineuse… Lire la suite
SATAN

Écrit par :  Hervé ROUSSEAU

Dans le chapitre "Fluctuations d'une croyance"  : …  un phénomène collectif où la croyance en Satan atteignit des proportions fantastiques : la *sorcellerie fut prise au sérieux ; on admit ses pouvoirs comme étant réels (envoûtements, capacités physiques supranormales, sabbats) et comme provenant de Satan. On crut à une sorte de Contre-Église des sorciers, fondée sur un pacte avec Satan à un… Lire la suite
LA SORCIÈRE, livre de Jules Michelet

Écrit par :  Guy BELZANE

Dans le chapitre "Le grand roman de la sorcellerie"  : …  *L'ouvrage se compose de deux parties comprenant chacune douze chapitres. Adoptant une approche et un style plus littéraires que véritablement historiques, Michelet retrace, à la manière d'un roman ou d'une tragédie, l'histoire d'une sorcière imaginaire, victime des pouvoirs qui asservissent le peuple (dont elle apparaît à la fois comme le porte-… Lire la suite

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Médias de cet article dans l'Encyclopædia Universalis :

Sorcellerie Le Sabbat des sorcières, F. Goya

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