La question des relations Est-Ouest remonte à la révolution russe de 1917 ; elles se sont développées à partir d'une trame qui n'a pas beaucoup changé jusqu'à la disparition de l'U.R.S.S., en décembre 1991 ; elles reposaient sur l'existence de deux blocs cimentés par la dépendance, l'allégeance ou l'alliance ; elles ont connu des phases diverses, marquées tantôt par l'aiguisement des antagonismes (années vingt, ère de la guerre froide), tantôt par le relâchement des tensions et l'esprit de coopération (coalition antifasciste, période 1942-1945).
Il y eut une accalmie après la guerre froide et la crise de Berlin, puis à l'âge d'or de la détente (1969-1973) a succédé une période plus troublée, qu'on peut appeler l'ère de la guerre fraîche (1973-1980).
Les années 1979-1983 – à la suite des percées soviétiques en Asie et en Afrique, avec l'intervention en Afghanistan et la crise des euromissiles – marqueraient la fin de la détente, c'est-à-dire de la perspective – ou de l'illusion – d'interdépendances croissantes entre les deux blocs, transformant peu à peu l'Union soviétique en puissance de statu quo. Or, à partir de 1985, les rapports américano-soviétiques retrouvent certaines apparences du début des années 1970, l'âge d'or de la détente : tenue de sommets, accords sur les armements... Cependant, en deçà des deux superpuissances, les données du jeu international ainsi que les sociétés ont continué d'évoluer, soulignant l'omniprésence et les vulnérabilités du système Est-Ouest. Ce qui détermine en définitive les années 1980, ce sont des facteurs intérieurs, qu'il s'agisse des États-Unis, avec la remise en cause de la présidence impériale, qu'il s'agisse de l'Union soviétique, où l'on passe du crépuscule brejnévien au réformisme gorbatchévien.
Le 27 décembre 1979, l'intervention des forces soviétiques en Afghanistan porte, semble-t-il, le coup de grâce à la détente Est-Ouest. « J'en ai plus appris sur l'Union soviétique en une semaine que durant toute ma vie », déclare, non sans […]
… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 19 pages…



