Pour soigner les organes déficients, les médecins disposent de plusieurs méthodes : administrer des médicaments par différentes voies (orale, cutanée, musculaire, vasculaire, méningée, péritonéale) en essayant de rechercher une efficacité maximale au niveau de l'organe traité ; recourir à la chirurgie pour enlever les organes malades, les « restaurer » ou mettre à leur place un autre organe issu du malade lui-même ou d'une autre personne, ce qui constitue le vaste domaine des greffes et des transplantations ; se servir de différents types de rayonnements pour supprimer ou stimuler certaines cellules, ou bien encore utiliser des substitutions artificielles de fonctions ou d'organes – prothèses, pour remplacer un organe qui a disparu, et orthèses, pour assister un segment ayant perdu ses capacités de motorisation. Les problèmes techniques sont différents s'il s'agit de suppléances placées à l'extérieur du corps ou s'il s'agit d'organes artificiels implantés. Ces deux catégories ont fait d'énormes progrès, du fait de l'introduction de matériaux nouveaux, des progrès de l'électronique et de l'informatique et, avant tout, d'une meilleure connaissance du mode de fonctionnement du corps humain. Nous envisagerons successivement les problèmes techniques généraux posés par les organes artificiels, leur classification, les aspects économiques et les limites des progrès futurs.
1. Problèmes techniques généraux
D'une façon générale, remplacer un organe déficient ou disparu par un système artificiel impose de bien connaître le cahier des charges de la structure biologique qu'on souhaite remplacer. L'homme est une machine complexe, qu'il n'a ni conçue ni réalisée. Il lui a fallu décrypter les programmes et tenter d'en comprendre le fonctionnement. D'une façon didactique, on peut ranger toutes les fonctions de l'homme en quatre sous-programmes : la communication, la locomotion, la maintenance biologique et la reproduction.
La communication comporte des organes d'entrée, représentant les systèmes sensoriel […]
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