6. Les postérités de Nuremberg
Le procès de Nuremberg ne met pas fin aux jugements d'anciens nazis. Douze procès, dits procès successeurs ou procès des professionnels, sont conduits à Nuremberg, jugeant notamment les médecins, les juristes, les chefs des Einsatzgruppen, ces commandos qui assassinèrent par balles des centaines de milliers de Juifs. En 1961, Adolf Eichmann, l'un des responsables de la « solution finale de la question juive » était jugé à Jérusalem dans ce que Ben Gourion nomma « un Nuremberg du peuple juif ». Dans un grand nombre de pays, dont la France en 1964, les crimes contre l'humanité furent déclarés imprescriptibles, ce qui permit des inculpations comme celles de Jean Leguay (1979), Klaus Barbie (1987), René Bousquet (1991), Paul Touvier (1994) ou Maurice Papon (1997).
Surtout, Nuremberg avait été possible parce que le monde n'était pas encore coupé en deux par la guerre froide qui rendit inconcevable toute justice internationale. Après la chute du communisme, la création de tribunaux internationaux par l'O.N.U. fut de nouveau possible, avec celle de deux tribunaux ad hoc, celui de La Haye, chargé de juger les crimes commis dans l'ex-Yougoslavie, et celui d'Arusha pour juger les crimes commis au Rwanda, puis celle de la Cour pénale internationale.
[…]… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 4 pages…



