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NUREMBERG

Deuxième ville de Bavière, avec 501 000 habitants en 2007, Nuremberg (en allemand Nürnberg) évoque tout à la fois la prospérité matérielle et culturelle des villes du Saint Empire romain germanique, la démesure du IIIe Reich ainsi que l'activité industrielle de l'Allemagne actuelle.

Une reconstruction intelligente a effacé les ravages de la Seconde Guerre mondiale, et le paysage urbain du centre rappelle le prestigieux développement de la ville au Moyen Âge et à l'époque moderne. Entourée de terroirs à faible valeur agricole, la ville doit son essor à sa position géographique, au cœur de la Franconie, vaste région sans obstacles de circulation. Dans la dépression de la Regnitz, un important carrefour réunissait les routes entre l'Italie et l'Allemagne du Nord d'une part, la Rhénanie et la Bohême d'autre part. Dotée d'un Burg par Frédéric Barberousse, Nuremberg connut très vite une grande activité commerciale : Frédéric II lui accorda le statut de ville libre impériale et elle devint l'un des grands foyers d'échange entre l'Orient et l'Occident. Dépassée dans ce domaine uniquement par Augsbourg, elle connut, par contre, une activité industrielle exceptionnelle : le travail du bronze et de l'or en fit aux xve et xvie siècles la ville la plus riche d'Allemagne. Cette prospérité explique la profusion de maisons aux pignons historiés et l'incomparable réunion d'artistes et de savants aux environs de l'an 1500 : le fondeur Peter Vischer, le sculpteur sur bois Veit Stoss, le géographe Martin Behaim, le peintre Wolgemuth et plus encore son élève Albrecht Dürer.

Par un curieux retour des choses, ce berceau de la cartographie devait particulièrement souffrir des grandes découvertes qui, modifiant totalement les routes des échanges avec l'Orient et l'Asie, provoquèrent le déclin de Nuremberg, accentué par les ravages de la guerre de Trente Ans. Nuremberg perdit enfin son autonomie de ville impériale en 1806 et fut incorporée au royaume de Bavière. L'activité économique restait vivace, puisque le premier chemin de fer allemand fut construit en 1835 de Nuremberg à Fürth, mais le centralisme bavarois la désavantagea au profit de Munich. Siège des grandes manifestations nazies, pareille fonction devait, en retour, fixer dans la ville ruinée par les bombardements le procès fait par les Alliés aux dirigeants de l'Allemagne hitlérienne.

Le développement économique a débordé les limites de la ville et a concerné tout autant les villes voisines de Fürth et, plus au nord, d'Erlangen, centre universitaire. Grande ville industrielle depuis le xixsiècle, Nuremberg se distingue notamment par son activité dans les secteurs de l'électronique (Siemens est le premier employeur de la région), de l'imprimerie, de l'automatique, des technologies médicales.

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