Aux dires de l'historien de l'art contemporain Hal Foster, « aucune notion dans la critique d'après guerre n'est aussi discutée que le terme „postmodernisme“ » (Art since 1900, 2004), les différentes ramifications et contextes auquel celui-ci a été assimilé témoignant effectivement d'innombrables réévaluations qui n'ont cessé d'en bouleverser la portée. La difficulté qui consiste à lui conférer une assise stable est d'autant plus prononcée que cette notion désintègre, reconfigure et met en perspective certaines données propres au modernisme. Le postmodernisme ne saurait toutefois se résumer à un état et encore moins à une période se substituant à ce dernier, ni à une attitude cherchant invariablement à le mettre en échec. Partir d'une telle conception déterministe reviendrait, comme l'a parfaitement souligné Jean-François Lyotard, à épouser un canevas non pas postmoderniste mais moderniste étant donné que nous en accepterions, implicitement, l'idée d'une progression et d'une évolution. Afin de mieux saisir ce phénomène et d'en accentuer les caractéristiques, il faut d'emblée accepter le postulat selon lequel, modernisme et postmodernisme sont deux notions complémentaires dont rien n'exclut par ailleurs les possibilités de convergences. Car bien qu'il soit régulièrement taxé de réactionnaire ou de nostalgique au sens le plus péjoratif du terme, le postmodernisme peut relever d'une attitude critique cherchant à interroger des données que le modernisme aurait refoulées ou ignorées. Son mode opératoire serait dès lors, comme l'écrit Lyotard à propos de certaines options architecturales, « analogue à l'utilisation de restes diurnes issus de la vie passée dans le travail du rêve tel que Freud le décrit dans la Traumdeutung. [...] Le „post-“ de „postmoderne“ ne signifie pas un mouvement de come back, de flash back, de feed back, c'est-à-dire de répétition, mais un procès en „ ana-“, un procès d'analyse, d'anamnèse, et d'anamorphose, qui élabore un „oubli initial“ ». (Jean-François L […]
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