5. La forme lyrique
La plupart des Odes triomphales sont composées de triades comprenant un groupe strophe-antistrophe exactement symétriques et suivies d'une épode unique au rythme voisin. Une ode de longueur moyenne comporte cinq ou six groupes ; certaines n'en ont qu'un ; la IVe Pythique, elle, en a treize, sur le rythme majestueux des structures dactylo-épitritiques chères à Pindare. Certains poèmes, notamment la IIe Olympique, présentent un rythme plus vif, dit péonique, où dominent des dipodies à base trochaïque, donc proches d'une danse joyeuse. D'autres variétés sont représentées ; mais on ne peut, en l'état des choses, préjuger de l'ensemble de l'œuvre.
On sait, par ailleurs, qu'une exécution de lyrique chorale associe à la danse (la strophe et l'antistrophe sont des évolutions inversées, et l'épode un chant sur place) le chant et la musique instrumentale. Pindare, à l'occasion, se vante d'avoir su « associer la phorminx aux doux sons et la flûte aux mille voix » (Olympiques, VII, v. 11-12). Ailleurs, il se félicite d'avoir inventé avec l'assistance de la Muse « une façon nouvelle d'harmoniser avec le rythme dorien l'éclat des timbres, lumière du banquet » (Olympiques, III, v. 4-5). Il pratique aussi, ajoute-t-il, une forme de dithyrambe bien différente des interminables chants d'autrefois (Dithyrambes, fragm. 79). Évidemment, si l'on possédait l'ensemble de l'œuvre, tous les poèmes et, plus encore, leur musique, il serait possible de saisir un aspect capital et inconnu du génie de Pindare.
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