2. Religion et mythologie
Chaque Épinicie ('Επιν́ικιον, ou Ode triomphale), et probablement chaque poème ou à peu près, comporte un, voire des mythes insérés dans sa trame. Le poète y célèbre les dieux et y narre les exploits des héros, de ceux dont la vaillance et les vertus sont proposées en modèle au vainqueur du jour, à l'athlète qui vient de s'illustrer, comme à tous ceux qui écoutent chanter sa gloire. On sait que la mythologie grecque contient bien des détails inadmissibles en l'état de nos mœurs, et qui déjà choquaient les Anciens. Pindare refuse de les admettre : « Il m'est impossible de traiter de goinfre aucun des Bienheureux », déclare-t-il dans la Ire Olympique, à propos de Démèter affligée, dévorant sans s'en apercevoir un morceau du jeune Pélops servi par Tantale. D'autres fois, il passe sous silence ce qui lui semble inadmissible, le meurtre de Phôcos par ses frères Télamon et Pélée (Ire Néméenne) ou la triste fin de Bellérophon, haï des dieux pour son orgueil et ses blasphèmes (XIIIe Olympique). De même refuse-t-il, dans la IIIe Pythique, de reconnaître qu'Apollon ait appris par le corbeau, dont parle Hésiode, la trahison de Coronis, alors que le dieu de l'oracle de Delphes est forcément omniscient : « Toi qui n'as pas le droit de même effleurer l'inexact », lui dit le centaure Chiron (IXe Pythique). Pindare exalte, presque avant la bravoure, en tout cas avant la force brutale, les vertus morales, chasteté d'un Pélée (Ve Néméenne), volonté héroïque d'un Héraclès enfant (Ire Néméenne).
• Les dieux
Zeus est, bien entendu, le premier des dieux pour Pindare qui, de même que l'Eschyle des Suppliantes ou de l'Orestie, semblerait se rapprocher du dieu suprême d'une religion monothéiste. Certes, Zeus était, chez Homère, le vrai maître des dieux, mais un tel élan n'avait là rien de comparable à ce qu'il semble être chez le lyrique thébain, qui réserve également à Apollon une place de choix, surtout dans les Pythiques
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