4. Mission sacrée du poète
Ces images sont loin d'être de purs ornements poétiques. Elles nous donnent la clef de la poésie pindarique.
• Les thèmes poétiques et l'archéologie
Un rapprochement s'impose entre les principaux thèmes relevés et ceux de l'iconographie funéraire. Dans ce dernier cas, la finalité suggérée tant par les scènes que par l'ornementation est évidente : c'est la vie bienheureuse dans l'au-delà. À l'époque classique, citons surtout les vases peints (lécythes funéraires, amphores, coupes, etc.), dont le symbolisme peut être rapproché de celui des fresques des tombes étrusques : justement, on connaît mieux, depuis les découvertes du professeur Napoli à Paestum, la valeur du rapprochement avec la grande peinture grecque des temps classiques (cf. Bibliographie). Plus tard, ce seront les sculptures des sarcophages romains de haute et basse époque qui éveilleront des résonances du même ordre. Le poète est parfaitement conscient de tout cela. Mieux, interprète et héraut des dieux, lors de l'exécution d'une ode, il prépare les voies à l'immortalité du vainqueur. Le poème joue dans cette destinée un rôle actif ; il en est l'instrument : « L'ombre épaisse ensevelit les grandes valeurs si les hymnes font défaut », dit la VIIe Néméenne, et, selon la Xe Olympique, le triomphateur arrivé chez Hadès sans un chant triomphal n'a connu qu'une joie sans lendemain, alors que les Piérides peuvent, elles, perpétuer sa gloire par la musique et la poésie. Justement l'archéologie nous apprend l'importance de la musique figurée sur les monuments funéraires (cf. A. Delatte et E. Pottier, in Bibliographie). Quant aux Muses immortalisant n'importe quel mort, ou presque, figurées sur les sarcophages de l'Empire romain, elles descendent en droite ligne des déesses de vie, Muses comme Charites, qui furent les inspiratrices de Pindare.
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