Né à Cartignies (Nord), Pierre Mauroy est le fils d'un instituteur laïc. Après des études à l'École normale nationale d'apprentissage de Cachan, il devient professeur de l'enseignement technique à Colombes, dans la banlieue parisienne, en 1952. Mais ses engagements sociaux et politiques l'éloignent vite de l'enseignement actif. Pierre Mauroy avait en effet adhéré à la S.F.I.O. dès l'âge de dix-huit ans. Secrétaire national des Jeunesses socialistes en 1950 (il restera à ce poste jusqu'en 1958), il devient secrétaire général du syndicat des collèges de l'enseignement technique de la Fédération de l'Éducation nationale en 1955. Permanent syndical mais aussi permanent politique, sa carrière au sein de la S.F.I.O. ne cesse de s'affirmer dans le bastion socialiste du Nord. Pierre Mauroy devient secrétaire fédéral du Nord en 1961, entre au bureau du parti en 1963, est élu secrétaire général adjoint du parti en 1966. Pendant les trois ans d'existence de celle-ci, il est membre du comité exécutif de la Fédération de la gauche démocratique et socialiste (1965-1968).
Son opposition à Guy Mollet au congrès d'unité des socialistes à Épinay en 1971 le rapproche de François Mitterrand. L'alliance des nouveaux arrivés et des gros bataillons de la S.F.I.O. traditionnelle du Nord (Pierre Mauroy est premier secrétaire de la fédération du Nord de 1971 à 1979) et des Bouches-du-Rhône de Gaston Defferre assure les fondations du nouveau Parti socialiste. Pierre Mauroy, qui œuvrera de façon déterminante en faveur du Programme commun, accède au titre de secrétaire général à la coordination. En même temps, il succède progressivement dans le Nord à Augustin Laurent. Conseiller général depuis 1967, il renforce son implantation locale en devenant, en 1971, conseiller municipal de Lille. Deux ans plus tard, en 1973, il remplace son maître comme maire de Lille (constamment réélu jusqu'en 1995, il laissera la place en 2001 à Martine Aubry) et est élu député de la 2e circonscription du Nord. À partir de 1974, il parfait son imag […]
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